Grand hurluberlu
Est l’Être qui fait tout et
Son contraire exact
Fatrasie 4 : Flashes
Poser la question est une réponse
Etre ou ne pas être un âne sur un arbre
La vraie question est-elle : qui ? quoi ?
Je suis l’époux de Régine et le père d’Anne
Laissons l’Etre à l’Etre
Que communiquons-nous ?
Le haïku est sinistre ou gai
Nous sommes responsables et irresponsables
Nous sommes non-responsables et responsables
Nous passons de l’unité à la dualité
Nous sommes physiques nous ne sommes pas métaphysiques
L’invisible est plus nocif que le visible
L’invisible cache les monstres
Avec mon contraire je peux partager l’essentiel
Je suis solitaire je ne suis pas isolé
Nous sommes tous des puritains
Vive l’amour conjugal !
J’adopte le loup phoque
Le pollen féconde le printemps
Poser la question de l’Être est Être
Transformer le bruit en musique
Soutenir le ciel
Je te soupçonne d’être impliqué dans l’affaire de la rue de Lourcine
Ne rien dire c’est déjà trop
Loin des abîmes de passion
L’enfant est sauvage
Si le temps le permet
Les corbeaux s’envolent
La vie mange la vie
Seul le tout est vrai
Nos vérités partielles sont des erreurs
Trous matière énergie noirs
L’archaïsme l’emporte si on lui laisse la durée
Le grave est léger dans la comédie
Comédie et tragédie ont le même sujet
L’existence au quotidien est comique
Vérités partielles tout inaccessible
Transformer le bruit en musique
Nous sommes à la fois responsables et non-responsables
Haïku proverbial
Dieu protégez-moi
De mes amis Je me charge
De mes ennemis
Haïku du doute
On ne peut douter
De tout tout le temps On ne
Peut douter de tout
Haïku de fond
Essentialiste
Fondamentaliste je cherche
Le fond des problèmes
N.B.1 : Il n’y a d’essence que des phénomènes
N.B.2: Il n’y a de phénomène que de problème
N.B.3: Problème en grec ancien signifie objet en latin
Double haïku de Charlie
Oncle Charlie que
Fais-tu si gris sous le ciel
De Californie ?
C’est que je suis mort
Mon bon ami sous le ciel
De Californie
Haïku
La faute avouée
Est à demi avouée
Seul le tout est vrai
N.B. : L’humain ne va pas au bout du vrai
Haïku
Elan et discipline
Sont les axes essentiels
De l’élan vital
N.B. : C’est l’élan vital lui-même, si cher à Bergson, qui est l’objet de la dualité élan-discipline.
ELAN ET DISCIPLINE : à propos du haïku
Le vénérable Stéphane Hessel, dans sa sympathique introduction à notre livre commun à Régine et à moi, « Le militant contradictoire », a mis en valeur ma proposition sur un fondement humain, l’opposition entre Elan et Discipline.
A première vue cette « contradiction » majeure ressemble fort à l’opposition bergsonienne entre élan vital et enlisement dans l’inerte. Comme souvent cette vue initiale est fausse. Contrairement à Bergson, ce que j’appelle discipline n’est pas du tout l’inerte, ni même le pratico-inerte cher à Sartre. La discipline pour moi est aussi vivante que l’élan, aussi vitale.
La comparaison qui m’est venue à l’esprit est que je suis un animal vertébré au niveau aussi de la pensée. Celle-ci peut être intuition comme le proposait Bergson, encore lui. Mais la pensée essentielle dans l’espèce humaine est construite, structurée, en quelque sorte VERTÉBRÉE. ELLE DISPOSE MÊME D’UNE SORTE DE COLONNE VERTÉBRALE. Le squelette chez les vertébrés est aussi vivant que les autres organes du corps.
On ne peut dans l’humain séparer l’élan et la discipline. L’un ne va pas sans l’autre. L’un est aussi nécessaire que l’autre.
Que vient faire le haïku dans cette histoire prodigieuse ? A son niveau, souvent petit, il pose le problème de la dualité entre inspiration, sensible, concrète, et la discipline, au départ extérieure, de la versification ( dix-sept pieds ! ).
Dans mes poèmes j’ai essayé d »échapper à cette contrainte extérieure : despotismes de la rime, du vers régulier, du genre fixe comme dans le sonnet… Je suivais le courant contemporain, de loin dominant, par exemple dans le surréalisme. Le haïku me ramène aux bienfaits d’une discipline très exigeante, créatrice en elle-même.
Je me sens, toutes proportions gardées, proche des rhétoriqueurs de la fin du XV° siècle, à un moment où la poésie française se cherchait d’un genre à l’autre, par exemple le rondeau !, avant de créer, en partie sous influences italiennes, le fameux sonnet !! J’en suis loin.
N.B. : le haïku français, chez moi en tout cas, s’éloigne de son modèle japonais. Il est clairement abstrait.
Haïku
Je suis fier de moi
Comme de l’univers et
L’univers s’en fiche