Hasards et hypothèses ( 2 )

Nous avons tourné autour du pot. Les hypothèses conceptuelles sont bien intéressantes, elles risquent fort d’être stériles. Si nous retournions aux faits, si nous remontions vers le concret ?
Nous pouvons désormais parler par exemples :
Imaginons un roi LOUIS XVI, plus intelligent, plus informé, plus soucieux de comprendre l’histoire du Royaume-Uni : Devant l’état de ses finances, les revendications populaires, le mouvement des Lumières, il aurait peut-être pris la tête d’un mouvement historique qui lui aurait sauvé la vie, aurait établi une nouvelle monarchie qui durerait peut-être encore…
L’intéressant dans cette hypothèse est que, sous les oripeaux, les apparences, les rites, les protocoles, l’essentiel serait le même aujourd’hui au beau pays de France…
Imaginons un XERXÈS, roi des rois perse, au début du V° siècle avant le Christ, plus intelligent, plus formé, davantage sous influence grecque, ayant tiré davantage de conclusions de l’échec de son prédécesseur Darius : avec ses énormes moyens il aurait mis la Grèce sous tutelle sans lui enlever son identité à la façon dont les Perses géraient leur empire.
Quelles auraient été les conséquences ? Pas de Périclès, peut-être un Socrate ?… Davantage de pénétration des Grecs, de leur art, de leurs techniques dans l’empire ?
A l’époque Rome tenait le Latium, était déjà une république… Deux siècles plus tard, maîtresse d’un empire, elle aurait affronté sans doute victorieusement celui des Perses, aurait placé les Grecs sous sa tutelle…
Ce que tendent à montrer ces deux exemples, c’est que sous la diversité des circonstances, le résultat final est à peu près le même…
Il y a des mouvements très apparents, du genre de l’histoire-batailles, très spectaculaires, mais plus importantes sont sûrement les tendances de fond…
On ne peut pas multiplier les hypothèses. Comme dit le proverbe : « Avec des « si » on mettrait Paris dans une bouteille ».
Ce sont des millions de gens qui agissent, pour le meilleur et pour le pire. Pas seulement quelques leaders…

Hasards et hypothèses

On croit volontiers que l’Histoire s’est déroulée comme elle le pouvait, comme elle le devait, qu’il n’y avait pas d’autre solution. Il s’agit d’une erreur rétrospective, d’une erreur fataliste.
Nous observons certes beaucoup de contraintes historiques à commencer par les géographiques, mers, continents, climats, reliefs, sols, rivières … Ensuite nous avons des déterminations structurales, du genre modes de production, formes politiques, idéologies, formes de parenté, modes de communication…
C’est dans l’agencement de ces diverses instances sociales que le problème se pose, du hasard et de l’hypothèse. Il s’accentue au fur et à mesure qu’on se rapproche du concret, du détail qui SEUL IMPORTE DANS L’HISTOIRE HISTORISANTE, la seule qui compte.
Même si nous avons affaire, comme d’habitude, à un déterminisme parfait, il y a tellement de déterminations, de causalités, que nous sommes contraints en fin de compte de constater simplement ce qui existe, ce QUI S’EST RÉELLEMENT PASSÉ.
AJOUTONS QUE LES CONCEPTS DE BASE en histoire sont loin d’être aussi élaborés que dans d’autres sciences. La confusion règne. De plus notre conceptualisation a jusqu’à présent ignoré le psychologique et le biologique pour nous contenter du social, certes aussi fondamental que les autres.
Rappelons que toutes ces dimensions se mêlent et s’entremêlent historiquement. Au bout de nos analyses tout reste à prouver. Nous avons la chance que l’être humain soit dans une mesure croissante un animal artificiel. Contrairement à ce qu’on pouvait espérer, nous avons du mal à nous retrouver entre tous ses artifices.

HAÏKU

TOUT VA MAL MAIS ÇA
POURRAIT ÊTRE PIRE MOINS
MAUVAIS’ SOLUTION ?

VERSION LONGUE ( HORS HAÏKU ) : TOUT VA MAL MAIS ÇA POURRAIT ÊTRE TELLEMENT PIRE CHERCHONS LA MOINS MAUVAISE SOLUTION