Emy 13

Le monde est un déluge
Elle est mariée ensevelie
La victoire vient trop tard
Ses lèvres gèlent

La table est trop haute pour nous
Les cerises sont servies
Viens lentement mais viens
L’abeille bourdonne dans le calice

Tu te perds dans les délices
Jamais apprivoisées
Orgies de rosée
L’azur est fusion non confusion

L’abeille est saoule
Le papillon s’endort
J’oublie la goutte d’angoisse
Qui me brûle à présent

Emy 12

Les papillons sont des rêveurs de toutes les couleurs
Le soleil visite même les marais
Mes volcans sont impassibles
Ils éprouveraient des douleurs titanesques

Le rouge-gorge est orange
La joue rougit de la fièvre
La gaieté est l’armure contre l’angoisse
Contre la poisse

Le soleil se courbe très bas
Au coin de ma cheminée il n’y a personne
Les anges s’affairent dans le vestibule
Ils sont en nage Ils sont en rage

Je balbutie un poème enfantin
L’espoir est sûr si l’on n’y croit pas trop
Chaque matin est une révélation
Je caresse la mélodie

Emy 11

Les âges foutent le camp
Monsieur Calme n’est pas présent
Ton arrogance est odieuse et ridicule
Les cycles tournoient

Tu te bats faiblement
Cavalier du malheur
Tes yeux sont mourants
Ton cortège est tout emplumé

Le spectre erre sans mot dire sur la colline abandonnée
Je suis joyeux sur mon divan de fleurs
L’exultation d’une âme terrienne en mer
Est divine

Y aura-t-il un jour nouveau ?
Il est des pays fabuleux dont je n’ai jamais ouï parler
L’un de ces pays se nomme le matin
L’arc-en-ciel vint de la fête

Emy 10

L’extase se paie cher et comptant
Mes coffres sont remplis de maigres rations d’années
Le succès parait doux à qui ne réussit jamais
Ton nectar m’est plus doux que le miel

Le vaincu est à l’agonie
Dans un spasme il croit encore triompher
La brise rit légère
La voute est de satin

L’abeille babille
Les mésanges passent le matin
La sagacité est abolie
Nous sommes préservés du matin et du midi

A peine perdu je suis sauvé
La frontière dérobe les secrets
Mon souffle est revenu
Je suis un revenant

Emy 9

L’énigme est-elle une date ?
Tu explores les domaines
Je ne compte pas les graines
Qui donneront des fleurs

Nous nous couchons bas
Pour monter haut
Je me passe de l’été
Pour un instant et sans regret

La tristesse va bien avec l’éternité
Tu ressusciteras de ton repos
La dignité ! Je veux une dignité
L’énigme est muette
Elle est énigmatique

L’après-midi est mitée
Tu fuis quoi ?
Tu trahis ta solitude ?
Sous l’herbe les paresseux se tiennent droit
Pour l’éternité

Le printemps pensif et poussif chasse la neige
Il est ponctuel
Je me cache dans ma fleur
Que j’ai aimée et fait pousser
L’âme jouerait-elle à un jeu de hasard ?

La soif fait goûter l’eau fraiche
La terre donne du relief à la mer
L’extase fait plaisir aux affreux
Mon oiseau revient juste avant l’aube

JM 33

Ton plat peut brûler
Le désir est ta manière
Suis les façons du monde
On n’imagine pas le goût d’une pomme

Nous avons pas besoin d’écran pour voir
A quoi sert-il de maugréer contre le monde ?
Les pensées sont ton monde
On peut se noyer dans les pensées négatives

Une histoire sans queue ni tête a quelque chose à nous apprendre
Les loups mangent les moutons les moutons ne mangent pas les loups
L’esprit n’est pas tout
Les rêveurs changeront-ils le monde ?

Tout commence par un rêve
Le futur est déjà là
L’avenir fait souvent peur
Respire calmement

JM 32

Le passé obsède le futur inquiète
Le rire présent est un beau présent
Oblige-toi à rester sur le dos d’un cheval fougueux
Toutes les causes ne sont pas à juger

Les souffrances ont des causes mais aussi des significations
Nous sommes des fabriques à penser
La mer est faite de toutes ses vagues
Ne juge pas sur une seule vague

Regardons la vie avec gratitude
Respectons les petites créatures
N’engage le combat que s’il est nécessaire
La méditation n’est pas difficile

Beaucoup de choses ont lieu au niveau des pieds
Mon père prenait des bains de pieds
Nous critiquons plus que nous ne comprenons
Le moi est comme l’étincelle entre deux pierres

JM 31

Si tu attrapes un morceau de métal brûlant
Que tu le saches ou non tu te brûles
Tolérer Ne pas juger ne pas juger trop vite
Le jugement doit devenir le meilleur de toi même

Reste immobile comme un arbre
L’arbre est mobile
Ne contrôle pas trop ton temps
Rien de trop

Nos croyances n’ont pas de racines réelles
Les critiques sont à double tranchant
Les personnes immatures font ce qu’elles aiment
Les personnes matures aiment ce qu’elles font

Le désir nous tire
Nous avançons nous reculons comme une vague
Une rencontre est une luciole
Nous dessinons des paysages qui ne sont pas vrais

JM 30

Nous nous emprisonnons dans la crainte
Apprête-toi à supporter la vanité des autres
La vanité est impolie
Le reste serait-il inutile ?

La souffrance nous fait apprécier certaines choses
La souffrance est illusion
Les revenants vont-ils revenir ?
La mort n’est pas la fin pour tous ceux qui survivent

Si autrui est bon avec toi, sois bon avec lui
Si autrui est mauvais, sois juste avec lui
Ton énergie vitale est plus rapide que la lumière
La pensée peut se changer en énergie

Je m’aime bien, je ne peux pas haïr les autres
L’amour aboutit à la solidarité
Il est déconseillé de se faire des ennemis
Le mal, c’est d’abord l’ignorance et la stupidité

JM 29

Un petit oiseau chante devant moi
Il ne s’intéresse pas du tout à moi
Vous ne serez jamais limités à votre nom
C’est bête à dire, mais l’existence peut être parfaite

La danse ne suit pas le rythme de votre vanité
Les yeux d’un sage ne voient parfois que des sages, que la sagesse
Toutes les expériences peuvent se changer en fleurs
Ne demande pas à la souffrance de se calmer, aie le courage de la calmer

Tes pensées ne sont peut-être pas vraies
L’angoisse a beaucoup à nous apprendre
Le passé est une bulle de savon
Tourne-toi vers ta lumière intérieure

Je te le dis : tu es trop préoccupé ( e ) par tes défauts
Tu tournes en rond avec ton vague à l’âme
Le vide nous vide
Effaçons ce que nous pouvons effacer