TZSC 31

Si tu es avec moi, c’est pour manger ?
Qui possède peu est moins possédé
Méfie-toi des convictions fossiles
La colère n’est pas la cruauté

L’amour ne sait pas toujours se prouver
Il sait s’éprouver
Pardonne-toi à toi même
Tu seras jugé à ton aulne

Tu as le coeur brisé, le monde se porte comme un charme
Le temps ne retourne pas en arrière
Sacrifie-toi à la connaissance
Tu dois être le premier à te critiquer

Le vivant s’obéit à lui même
La peur est le plus universel des sentiments
L’élevage et l’éducation sont une longue patience
Le dégoût de la mort est dégoût de la vie

TZSC 30

Parler concerne aussi l’âme
Ta démarche devient originale, tu ne rencontres plus personne
Va vers la lumière, non pas pour briller, mais pour mieux y voir
Si tu brilles, tu attires

Dans un Etat on boit du poison
Paix sur la terre et plaisir aux humains
Les humains peuvent bien s’amuser entre eux
Nous sommes au temps des individus isolés

Les philosophes doivent être lents
Il faut savoir se trouver, il faut savoir se perdre
Il n’est pas si mauvais d’être plusieurs personnes à la fois
Tout peut s’envenimer

La contemplation est complexe
Il ne suffit pas d’être terreau, il faut encore cultiver
Tu dois t’éloigner pour mieux voir
Si tu tues, même en esprit, tu éternises en toi même

TZSC 29

Pourquoi irais-tu cueillir des fleurs rares dans les plus piquants des fourrés ?
La personne dont tu te méfies sera peut-être une amie
La maturité se construit au fil des expériences, non des années
Tu tiendras toujours beaucoup de tes parents

Les rêves des enfants ne sont pas des bêtises
La colère n’excuse aucune cruauté
L’amour de la vie a ses sommets dans l’espoir de pensée
Une bonne idée : tenir plus qu’on ne promet

Les moutons et le berger se suivent les uns les autres
Le vrai maître ne se prend pas au sérieux
Un vrai penseur se réfute lui-même
Le vrai est une comédie pour ceux qui ne sont pas comédiens

On ne mord pas la main qui vous nourrit
Sois paisible avec les interruptions de ta propre pensée
Les corbeaux n’en pensent pas moins
Une vérité sans sourire, est-ce encore une vérité ?

TZSC 28

La majorité des philosophes ne savent pas rire
Au sommet de tout on place dit-on le rire d’or
Un sage pensait qu’il convient de s’admirer constamment
Un fou ajoutait qu’il faut aussi vivre dans la rue

Entre la faim et la soif la satiété sans dégoût
Les aphorismes permettent de relever la tête
La mélodie a un but, sa fin
Parabole que tout cela !

Nos mains sont naturellement assassines
Notre salaire, c’est d’abord de l’ennui et du chagrin
La connaissance vaut d’abord par les obstacles qu’elle a renversés
Il ne serait pas mauvais que les sages mettent en garde contre eux-mêmes

La vie est trop brève pour la rareté insolite
Il y a au moins deux façons d’aborder les choses
Héroïque est celui qui assume les conséquences de ses actes
La patience est une pratique

TZSC 27

Une âme qui se retire disparait
Un bon auteur est inopiné
Le diable fait tout tomber
Il s’appelle pesanteur

Le mépris permet de se mépriser
Il est humain de ne pas juger autrui
La tâche des philosophes devrait être de réconcilier l’adulte et l’enfant
En fait c’est le devoir des poètes

La sexualité sombre retentit dans les zones les plus élevées de l’esprit
Le style c’est de la pensée pure
Atteindre son idéal c’est le dépasser
Il faut guetter le bonheur si furtif

L’éducation est une deuxième nature
C’est tellement bon de s’en dépouiller un instant
Quitte à mal faire tue par le rire
Non, ça t’amuse de jouer la comédie de ton passé !?

Emy 8

Les brisants se sont tus
Je te mène à l’éternité terrestre
Le crocus est vassal de la neige
Les bateliers marchent en chantant

La nuit tisse le canevas à venir
Le legs est un larcin
C’est bizarre notre fascination de l’immortalité
La ténèbre ne prépare aucune résurrection

La prairie fantôme bruit des ruisseaux
Les chambres sont pleines de petites cervelles
Le temps gargouille encore
Les oiseaux nichent tôt cette année

Les royaumes ont disparu
Les courtisans sont désuets
Les affaires vont bon train
Il faut du toupet pour mourir

Emy 7 Mot à mot ( la traduction )

Sur cette mer admirable
Faisant voile avec silence
Oh ! Pilote ! Oh !
Connais-tu la rive
Où aucun brisant ne gronde
Où la tempête a cessé

Dans l’Ouest silencieux
Beaucoup – les voiles au repos –
Les ancres rapides
C’est là que je te pilote-
Terre ! Oh ! Eternité
La côte enfin !

Les pieds des gens marchant vers leur maison
Vont avec des sandales plus joyeuses
Le crocus- avant qu’il ne pousse-
Le vassal de la neige –
Les lèvres à l’alléluia
Portaient de longues années de pratique-
Jusqu’à ce que de temps à autre ces Bateliers
Ne marchassent – en chantant – sur le rivage

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Emy 6

Les orages sont intérieurs
La lave se fige
Les minéraux sont fragmentaires
Tout est élémentaire
Les orages sont antérieurs

La vie est rythme la poésie aussi
Le quatrain est un genre très souple
La pensée fait des bonds
Adieu le mur du son

La spontanéité est rhétorique
Les mots forment une couverture
Je n’ai pas la passion des lettres
La poésie est incertaine

La tombe est un salon de thé
Le tombeau est vivant
Sa résidence est dans le ciel
Mon thé a un goût de miel

Emy 5

La fascinante nuit lance le matin
Qui est legs et larcin
Notre fascination va à la mort
L’absence au monde me terrorise

Accompagnée de ton seul chien
Tu rends visite à la mer
Aujourd’hui elle est bleue et verte
Elle reste le symbole de l’inconnu
Que l’on croit connaître

La vie est un combat
Nous livrons la campagne inscrutable de l’intérieur
Nos guerres sont couchées dans les livres
Servons-nous des mots cachés dans un coin

Le langage tue ou sauve
Serais-tu fille du feu ?
Pourpre foudre volcan feu
Un parcours poétique est erratique

Emy 4

Il y plus d’un poisson dans l’océan
Les poissons moyens mangent les petits poissons
La faim justifie les moyens
Nulle trace de l’éblouissement

L’absence et la fadeur sont le centre du monde
La poésie saute au dessus du gouffre
Je me suis limité sur tous les points
Afin d’avoir peut-être accès au centre

Notre pensée est d’abord remémoration
Près de la cascade la vapeur est impalpable
Je ne peux m’arrêter pour la mort
Aimable elle s’arrêtera pour moi

Le bleu bourdonnement de la mouche
Couronne la lente désaffection
L’atrocement proche mort ne me dit rien qui vaille
Je ne suis pas morbide