MARILYN MONROE
AVAIT LE Q.I. LE PLUS HAUT
LE CUL LE PLUS BEAU
Le fabuliste méconnu ( 46 )
Un lunetier forain
Fit une blague
Un jour de marché
Les braves gens surtout des commères
Aperçurent soudain dans le ciel
Entre deux nuages
Un objet inconnu
Le marchand leur proposa ses lunettes
L’un s’écrie : « C’est un lièvre ! »
Un deuxième : « C’est une souris »
Une dame : « C’est une tourterelle !! »
Chacun voyait un autre animal
Un vieillard crut apercevoir un éléphant !
L’émotion se tarit d’abord parce que sa source
Un cerf-volant s’abattit sur le clocher
Ensuite parce que ce petit monde
Découvrit que les lunettes avaient été coloriées
Par le lunetier lequel fut pris à partie
Puis fit rire l’assistance
En lui racontant la scène
A laquelle elle avait assisté
Nous regardons le monde
A travers nos lunettes
Fabriquées par un lunetier
Le fabuliste méconnu ( 45 )
Issus de bonne famille
Des enfants jouaient ensemble
Dans le parc détrempé
Ils se couvrirent de boue
Chaque tache excitait le rire
Une mère moderne
Plutôt que se fâcher leur dit :
» Vous êtes des anarchistes
Vous montrez ce que nous cachons
Aucun jeu n’est plus charmant que le vôtre
Maintenant allez vous laver
Et nettoyer votre linge »
Haïku
Sexe n’est qu’un bout
De chair Sentiment transporte
Tout sur son passage
Le fabuliste méconnu ( 44 )
Un vieux singe
Bon homme dans le fond
Mais malicieux en diable
Vivait avec un chat et un écureuil
A ce dernier il disait :
« Ton port est charmant ton air est gentil
Ce vieux matou qui se lèche là-bas
N’est même pas bon pour les souris »
Devant le félin c’était autre son de cloche :
« L’écureuil est un benêt un freluquet
Tandis que sa majesté fourrée
Est la finesse incarnée »
Mais un jour qu’il parlait mal du chat
Celui-ci le surprit grâce à ses pattes de velours
Qui ont l’air de se poser sur un tapis de soie
Le singe sauta en l’air et s’enfuit
En faisant la nique à tous les deux
Il ne revint pas à la maison
Quand un moqueur est surpris
C’est à son tour d’être moqué
Haïku
L’améthyste au doigt
N’est pas un diamant mais elle
Plait infiniment
Le fabuliste méconnu ( 43 )
Un peintre animalier
Se mit en tête d’affubler ses bêtes
De faces humaines
Personne n’y voyait malice
Quand un bouffon
Chaque pays a les siens
S’avisa de reconnaitre
Dans l’une de ces têtes
Un notable du pays
« C’est une pie », s’esclaffa-t-il
L’épidémie se répandit
Pire certains se reconnurent
Dans une linotte ou une marmotte
Et en furent vexés
L’affaire risquait de s’aggraver
Quand le notable que l’on croyait moqué
Brave homme muni d’un gros bon sens
Se retourna vers le peuple et déclara :
« Allez en paix, cet homme
Ne peint que des animaux
Quelle sotte idée de s’y reconnaitre ! »
Ainsi des fables le plus simple
Est de ne rien en dire
Le meilleur est de se corriger
Le fabuliste méconnu ( 42 )
Dans une belle maison deux épagneuls
Se partageaient les faveurs d’une jolie dame
Quand l’un plus alerte s’était posé
Sur les genoux de leur maîtresse
L’autre se hérissait grondait aboyait
Le vainqueur du moment
Ne restait pas en reste
Il se dressait grognait
Il défendait sa place des griffes et des dents
La dame excédée le jetait-elle à terre
Que le second prenait la place vide
Elle décida enfin de leur refuser
L’asile de son giron
Chez les hommes aussi
On trouve de pareilles scènes
C’est la faveur ou la disgrâce
Aboyés quand ils sont en place
Aboyeurs quand il n’y sont plus
Le fabuliste méconnu ( 41 )
A une époque pas si lointaine
Un petit étudiant
Pauvre au point d’en faire une vocation
Vivait dans une mansarde
Petitement meublée
Il fêla son pot à eau
En fausse faïence
L’eau ne s’échappait pas
L’écolier redoutait un nouveau choc
Il ménageait à l’extrême le broc
A peine osait-il s’en servir
Si le jeune avait eu plus de prévoyance
Il n’aurait pas fêlé son pot