VERT VENT DU PRINTEMPS
DÉRACINE EMPORTE TOUT
TOUT SERA VERDURE
Haïku
LE CHAT EST TOUT MIEL
MAIS PAS LA CHAUVE-SOURIS
AUTOUR DU CLOCHER
L’association d’idées
Nos idées, au sens le plus général, le plus vague, sont liées entre elles par un réseau continu et discontinu. Il n’y a pas là d’irrationalisme. Bien au contraire, ces idées sont raisons, causes, reflets de réalité…
Quand on s’efforce à la pensée, on essaye de construire des raisonnements dans des termes bien pesés… L’association d’idées, c’est autre chose. Elle est souterraine, inattendue ou trop entendue. Elle innove ou conserve pieusement des éléments du passé. Elle vient de soi ou disparait sans avertir… Elle est spontanée.
Prenons des exemples récents qui me concernent directement : l’idée du « fil ténu », chère à mon épouse Régine, vient d’elle pour se poser sur mes préoccupations concernant les rapports entre immanence et transcendance, la transcendance pouvant conserver de l’immanence, l’immanence pouvant conserver des traces de transcendance…
Je pense être cohérent dans ma tentative scientifique, théorique, je suis proche d’un système, mais celui-ci se dérobe pour laisser place à la diversité du monde et des pensées sur le monde…
J’avais abandonné le Yi King. celui-ci me fait un peu peur depuis qu’un oncle s’est dessiné l’hexagramme de la mesquinerie, ce qu’il a maintes fois confirmé par la suite. Mon hexagramme très récent me confirme dans l’idée de la contradiction motrice, matrice de l’histoire avec évidemment des mauvais côtés, une face d’ombre… Cette contradiction motrice, je l’ai appelée jadis « Duplicité de l’Histoire »…
Je suis très tenté par l’idée, volontiers platonicienne. J’aimerais la porter au front comme dans le poème de Laforgue. Mais elle s’efface immédiatement devant la diversité des idées, devant sa propre complexité, je suis obligé de renoncer à la simplicité même respectueuse de la complexité… Je reviendrai…
P.S. : Je voudrais associer à ce début d’enquête sur l’association d’idées comme réseau supportant les idées élaborées, mon travail sur Facebook : là aussi il y a une myriade d’idées qui se cherchent les unes les autres à partir de la peinture, du cinéma, mais aussi des gravures de mode, des images d’Epinal, des petits animaux, de beaux paysages… Là les idées sont plus simples, plus spontanées, parfois plus enfantines… La féminité que j’admire depuis l’enfance est au rendez-vous…
L’Idée
Heureux sont ceux qui vont l’idée au front, comme le suggérait le poète, Jules Laforgue.
Mais il y a idée et idée. Certaines idées sont criminelles et d’abord dans le refus de l’idée de l’autre, de l’idée autre.
Les idées valides ont des statuts très différents, de l’immanence à la transcendance.
Bergson suggérait que chaque philosophe a une idée qu’il passe sa vie à essayer d’exprimer, sans jamais y parvenir.
Quelle est mon idée alors même que je ne suis pas philosophe, au mieux un philosophe refoulé, en tout cas pas un philosophe professionnel ?
Certains l’ont deviné, mon idée c’est l’Histoire, toutes les histoires, de la plus immense à la plus minuscule… Sur un plan philosophique traditionnel l’inspiration première n’est pas Bergson avec le respect que je lui dois, l’ayant lu à dix-sept ans, mais Héraclite, tout est temps, donc histoire, Empédocle, tout est contradiction, la contradiction essentielle se situant entre la concorde et la discorde, pour ainsi dire entre l’amour et la haine…
Je suis parti de l’obsession de l’unité que je devais philosophiquement à Spinoza ( qui explose existentiellement et conceptuellement, au contact de l’Histoire, mon histoire personnelle, l’histoire humaine, l’histoire cosmique ) pour revenir philosophiquement aux fondateurs, aux fondements que j’ai trouvés chez les Pré-Socratiques, sans m’interdire de beaux voyages philosophiques…
Donnons un exemple d’un tel voyage : j’ai souvent avancé l’idée que l’être humain fabrique sa propre vie en étant un « homo faber », un homme forgeron, industrieux, travailleur, donc en partie artificiel. Ce côté artificiel se retrouve dans la conclusion donnée par Hobbes à sa pensée : « Let us make man », « Fabriquons l’homme ».
Guy et le Yi King
Depuis des années je n’avais pas consulté le Yi King qui pour moi n’est pas un livre de divination, mais d’analyses psychologiques, voire de caractérologie.
Je me suis donc dessiné un hexagramme et je l’ai analysé, ce qui demande une certaine faculté d’interprétation.
Voici mon dernier hexagramme :
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Cet hexagramme à sa façon est terrible car il signifie la corruption, et aussi bien sûr la lutte contre la corruption.
En quoi cela me concerne-t-il ?
Ma passion, mon engagement profond concernent l’Histoire jusque dans ses tréfonds. C’est là où réside la corruption.
L’Histoire humaine est d’abord un rapport conflictuel avec la nature. Pour lui commander on lui obéit, mais on lui commande. Ce qui crée un univers artificiel.
L’Histoire humaine est ensuite, au sortir de la sauvagerie, lutte de classes à travers plusieurs modes de production.
Que ce soit dans le rapport avec la nature ou dans le rapport de l’homme avec l’homme nous avons conflit inexpiable, corruption.
Le fil ténu
Le « fil ténu », concept que je dois à Régine Dhoquois, signifie le rapport entre les détails de nos vies et les phénomènes généraux de notre histoire. Rapport, on le devine, à la fois certain, il y a bien un tel rapport, et incertain, comment définir ce rapport, cette diversité de rapports ?
L’homme est un animal superstitieux et religieux, superstitieux parce que sa petite vie est tenue par une série illimitée de causes et d’effets, religieux parce qu’il essaie de trouver une transcendance au delà des détails que sont nos existences, elles-mêmes bourrées de détails.
Pour éviter superstition et religion, qui sont des facilités, des paresses de pensée, seul compte le cheminement de la raison, mais celui-ci, d’expérience en expérience, de vérification en vérification,
est lent, parfois très lent, et pendant ce temps l’histoire avance et bouleverse les lignes.
L’hypothèse du « fil ténu » subsiste.
L’erreur système
L’erreur système de Guy Dhoquois est qu’il n’a pas de système. Il n’y a chez lui rien de comparable
à un système philosophique ou théorique à l’ancienne. Or notre histoire de la pensée est faite de tels systèmes.
Le résidu actuel de ces recherches est fait d’une rhétorique bourrés de sophismes. Il y a là un cache-sexe même s’il est question de sexe, une métaphysique sournoise même si elle se prétend matérialiste.
Guy Dhoquois remplace l’esprit de système par un vide qu’il nomme histoire. A chacun de nous de le remplir. Dhoquois multiplie les hypothèses de travail sur l’histoire. Personne n’est tenu à ces hypothèses.
Les fables de Fabre : conclusion
Sous le nom de « Fables de Fabre » j’ai « translaté » des fables du grand Jean de la Fontaine. Parfois j’en reste proche, parfois je m’en éloigne beaucoup au point, rarement, de proposer une autre fin, une autre morale.
J’ai proposé 190 « fables de Fabre ». D’autres fables de La Fontaine m’ont paru d’une perfection telle que j’ai trouvé vain de les « translater », c’est à dire de les moderniser ( tout en restant relativement archaïque ), de les adapter…
Le choix fondamental que j’ai fait a été de réduire considérablement le texte, c’est-à-dire de faire le contraire de La Fontaine qui, faute de pouvoir faire aussi court que ses modèles, Esope et Phèdre, a décidé de faire long.
Je publie 190 fables, ce qui est beaucoup. Mais j’ai donc renoncé à « translater » des fables très connues dont voici la liste :
« Les animaux malades de la peste
La besace
Le chameau et les batons flottants
Le chat, la belette et le petit lapin
La chauve-souris, le buisson et le canard
Le chien qui lâche sa proie pour l’ombre
La cigale et la fourmi
Le coche et la mouche
Les deux mulets
Les deux pigeons
Le dragon à plusieurs têtes et le dragon à plusieurs queues
La génisse, la chèvre et la brebis ( et le lion )
La grenouille qui se veut aussi grosse que le boeuf
Les grenouilles qui demandent un roi
L’hirondelle et les petits oiseaux
L’huitre et les plaideurs
La jeune veuve
Le laboureur et ses enfants
La laitière et le pot au lait
Le lièvre et la perdrix
Le lièvre et la tortue
Le lion devenu vieux
Le lion et le moucheron
Le lion et le rat
Le loup et la cigogne
Le loup et l’agneau
Le loup et le chien
Le meunier, son fils et l’âne
La mort et le bûcheron
La mort et le malheureux
Le pot de terre et le pot de fer
La poule aux oeufs d’or
Le rat de ville et le rat des champs
Le renard et la cigogne
Le renard et les raisins
Le satyre et le passant
Le savetier et le financier
La tortue et les deux canards
Les voleurs et l’âne »
Soit 39 fables
Mon rêve est que grâce à moi la Fontaine trouve de nouveaux lecteurs
P.S. : Rappel : J’ai publié
1) Les fables de Florian du 25/12/2013 au 14/01/2014
2) Le fabuliste inconnu du 15/11/2014 au 16/12/2014
3) Esopiques du 15/02/2015 au 20/02/2015
4) Les « fables de Fabre » du 02/03/2015 au 16/03/2015
Les fables de Fabre 190
Les grenouilles ont le droit de coasser
Il ne faut pas qu’elles exagèrent
Car le soleil jusqu’ici magnanime
Alors qu’elles le critiquent
Pourrait poussant les feux
Abîmer leur république aquatique
Les corbeaux ont le droit de croasser
Les lions de rugir Les chats de moindre*
Il ne faut rien exagérer
Un vieux rat tout essoufflé
D’avoir trop couru
Ne put prévenir les ratons
Qu’un chat les guettait
Il faut pouvoir s’exprimer
* Les chats font : » moin… » « moin..hin »
Les fables de Fabre 189
Un homme du Moyen-Age
Etait d’âge moyen
De ses turpitudes de jeunesse
Il lui restait deux maîtresses
C’était une de trop
Il fallait prendre femme
Comment choisir ?
L’une était encore verte
Et se croyait jeune encore
L’autre était mûre
Mais réparait par son art
Ce qu’avait détruit la nature
Le plaisir du bonhomme
Etait de se faire coiffer
Par ces dames
Il n’y a pas de petite économie
La vieille arrachait
Le poil noir qui restait
La plus jeune enlevait
Le poil blanc qui poussait
Notre homme se retrouva chauve
Il répudia ses maîtresses