Les fables de Fabre 88

Un chapon pensait à son triste sort
Il devait être mangé le lendemain
Un faucon apprivoisé lui demanda :
« Pourquoi ne fais-tu pas comme moi ?
Je vole et je reviens quand on m’appelle »
« Ne sais-tu pas qu’on m’a rogné les ailes ? »
Répondit le chapon
« Vois-tu mettre les faucons à la broche ? »

Les fables de Fabre 87

La démocratie des dieux
Reprocha à l’orage
De toujours rater son objectif
Il frappe le désert et oublie le crime
En plus il fait du bruit
Furieux le tonnerre résilia ses fonctions
Les éclairs ne manquèrent à personne
Par contre la pluie était bienvenue
A condition qu’il n’y ait pas d’inondation
Le lien entre le tonnerre et la pluie
Est imprécis mais sûr
Les dieux les moins fous se dirent :
« La démocratie a un prix »
Ils se répétèrent aussi :
« Quand on touche à un phénomène naturel
Les conséquences sont en partie imprévues »

Les fables de Fabre 86

Un riche sot disait à un sage pauvre :
« Que c’est laid et idiot
De rien avoir à consacrer
Aux plaisirs de la table
Et à celui des dames
Vous ne sauriez imaginer
Le bien que je fais à vivre dans le luxe
Le nombre d’artisans
Qui me doivent quelque chose »
Le sage ne dit rien
N’en pensant pas moins
Le savoir a son prix
Mais ce n’est pas le même

Les fables de Fabre 85

Contre son mâtin on promit
A un berger trois chiens
« Tope là » dit-il
Il reçut trois mâtineaux
Trois chiots je veux dire
Le troupeau s’en trouva mal
Mais dès l’année suivante
Le berger apprécia le travail de ses Pyrénéens
Il n’est pas mauvais parfois
De parier sur l’avenir

Les fables de Fabre 84

Un âne et un chien voyageaient
Avec un charretier
Qui constamment les insultait
Ils n’en avaient cure
Car c’était par ailleurs un bon maître
Sauf qu’il lui arrivait de dormir longtemps
Le baudet pouvait gambader dans les champs
Le chien crevait la dalle
Il pria l’âne de l’accepter sur son dos
Afin qu’il atteigne la boustifaille
Le baudet ne voulut rien entendre
Un loup survint sur ces entrefaites
Le baudet supplia le chien de l’aider
Le brave chien répondit :
« Que dis-tu ? Répète, je n’entends rien »
L’entraide, oui, l’entraide !

Les fables de Fabre 83

Un roi désireux de protéger son fils
Lui interdisait de sortir du palais
Le fiston arrivé à vingt ans
Ne supportait plus
De n’être qu’un prisonnier
Un lion partageait son infortune
Le prince attribua à ses pareils
Son triste sort
Il voulut lutter ave le lion
Qui lui enleva le bras
Les pires dangers sont à l’intérieur des palais
Nul ne peut prévoir le sort qui vous sera fait
Il dépend de trop de causes
Et de trop d’effets

Les fables de Fabre 82

Un rat regardant un éléphant disait :
« Comment peut-on être aussi gros ?
On dirait une montagne
A quatre pattes
Lui du moins ne peut
Se faufiler dans un trou
Je plains sa mère qui l’a enfanté »
Sur ce l’éléphant
Qui n’avait rien entendu
Ecrasa le rat volubile
Sans s’en apercevor

Quizz 2 ( bis )

Comme d’habitude personne ne veut donner le nom du fabuliste qui se cache derrière Fabre
Ce nom peut être déposé dans un message adressé à Guy Dhoquois sur Facebook ou encore il peut faire l’objet d’un tweet

Les fables de Fabre 81

La femme du lion mourut
Les courtisans accoururent
Pour montrer un surcroit d’affliction
Le souverain aux rugissements plaintifs
S’abandonna
Tout son antre en résonna
Seul le cerf dans son coin
Resta coi
La lionne avait sévi dans sa famille
On le traina devant le roi
Il prit fièrement la parole :
« Si je suis tranquille
C’est que j’ai vu sa majesté la lionne
Elle vous félicite pour tout cet apparat
Vous demande cependant
De vous méfier de certains pleurs hypocrites
La cour est pour elle faite de caméléons
Et de singes qui ne chantent d’une seule voix
Que pour vous plaire
Elle me fait dire enfin qu’elle vous aime, sire »
Embarrassé le prince fit du cerf
Un ministre

Les fables de Fabre 80

Une colombe était triste et surtout indolente
Un mâle bien fait s’en inquiéta pour elle
Elle lui répondit que depuis quelques temps
Elle se sentait bizarre
Quand elle se regardait dans une glace
Ce n’est pas elle qu’elle voyait
Mais un étranger
« Que voyez-vous donc ? »
Dit le mâle plein d’espoir
« Le voisin jeune et beau » dit-elle
Le mâle se retira
Se sentant étrange