Le vivre juste

La musique est l’art du temps. A un extrême elle est proche des mathématiques, à un autre elle exprime mieux que tout autre art la sensibilité intime.
Fondée sur le rythme, elle développe la mélodie en l’associant à l’harmonie née de la diversité associative des sons. Une simple ligne devient un monde. Les durées peuvent alterner.
Dans son extraordinaire multiplicité, dans sa simple complexité, la musique respire l’esprit de justesse. Elle craint par dessus tout les fausses notes.
L’esprit de justice est fondamental dès le plus jeune âge. Il est souvent âpre et lointain. Il est bon de lui associer l’esprit de justesse qui combine finesse et géométrie, intuition et raisonnement, qui est concret et abstrait.
La justice peut être fixée une fois pour toutes, la justesse progresse avec l’expérience.
Souhaitons que notre avenir soit fait de justice et de justesse. Soyons tous et partout musiciens, chacun avec ses moyens. Soyons surtout musicaux.
Pratiquons le savoir-vivre juste.

Hobbes avait raison

Il ne s’agit pas de trancher l’épineuse question de savoir si l’homme, si l’être humain nait bon ou méchant. Le problème remonte aux origines de l’Histoire tellement ancienne qu’on l’appelle pré-histoire.
L’homme est capable du pire comme du meilleur. En plus il ne sait pas très bien qui il est.
Le fameux « connais-toi toi-même » signifie surtout que tu ne te connais pas.
L’homme est en tant qu’espèce à la fois bon et méchant. Tout dépend des circonstances.
Le raisonnement est le suivant, inspiré donc par Hobbes, penseur matérialiste anglais du XVII° : les hommes qui ont décidé d’être méchants s’entretuent après s’être fait la dent sur les faibles. Ils comprennent à temps qu’il faut arrêter la boucherie parce qu’ils sont un minimum intelligents. Ils créent des lois et des règles qui leur laissent à chacun un petit gain appelé à grossir grâce à la paix civile.
C’est le triomphe de la logique mafieuse. La paix dedans, la guerre dehors.

Profondeur superficielle

Il faut beaucoup de courage et de temps pour être superficiel.
Généralement on renonce pour une fausse profondeur qui s’enivre de ses jouets et de ses illusions.
Il faut surtout renoncer à la profondeur qui par définition est criminelle d’une façon ou une autre.
Au coeur de chaque homme est un magma comme au coeur de la terre.
Il faut en connaître l’existence, il ne faut surtout pas y plonger.
Hors du superficiel, pas de salut.
La profondeur ignore la modération, ses heureuses limites. Elle ignore la durée, les patiences du temps.
La profondeur n’est pas la folie, elle est le crime.
Ne ne te nettoie pas dans ta profondeur, ne te noie pas dans ta profondeur.
Tu ne me croies pas, mais ta profondeur est au mieux un leurre, au pire un crime. Que dis-je ? C’est le crime lui-même, en son essence telle que l’Histoire l’a façonnée depuis les origines.

Tout est complexe et contradictoire

Tout est complexe et contradictoire.
J’avais vingt ans quand cette phrase m’est tombée dessus un peu comme  » Responsable / non-responsable » ou « Je doute, dons je suis / je doute, donc je ne suis pas  »
J’ai cité et commenté ces formules peu avant dans ce blog.
Elles témoignent d’un sens héraclitéen et marxien de la contradiction, moteur de l’Histoire, de tout ce qui existe.
Si on réfléchit un peu, tout est bien complexe et pas seulement l’humain. Nos ancêtres de l’antiquité grecque séparaient l’eau, le feu, la terre, l’air. Peu à peu la science a divisé ces entités simples. D’autres sont apparues : l’oxygène, l’hydrogène, le carbone… Le tableau de Mendéleiev m’émerveille toujours.
Mais ces corps simples eux-mêmes sont apparus peu à peu divisés et complexes. Atomes et molécules, puis particules infra-atomiques ont nourri notre vision du monde. Nous sommes arrivés aux quarks…
Une jeune condisciple, une étudiante en histoire a éclaté de rire : « Pour lui tout est complexe et contradictoire… ah! ah !! ah !!! »…
Et pourtant…

Je doute, donc je suis

Descartes, après l’épreuve du doute méthodique, est arrivé à la célèbre formule : « je pense, donc je suis ».
Pour ma part je préfère garder au coeur de ma réflexion : « Je doute, donc je suis ».
Mais le doute a un aspect négatif et même destructeur. « Je doute, donc je ne suis pas »
J’en arrive à une dualité essentielle, comme pour la responsabilité. Je la résume : « Je doute, donc je suis. Je doute, donc je ne suis pas ».
Descartes aboutissait en latin à : »Cogito, ergo sum ».
je reste à « Dubito, ergo sum. Dubito, ergo non sum ».
Ou plutôt : »Dubito, ergo ( non ) sum »
J’ai mis cette formule en exergue de mon premier livre « Pour l’histoire » en 1971.
Dubito, ergo ( non ) sum.

Démocratie et socialisme

Montesquieu et Rousseau jugeaient que la démocratie exige la vertu, la vertu politique.
Rousseau pensait même qu’une régime aussi parfait ne convient pas aux hommes.
Le problème posé par la démocratie l’est aussi par le socialisme, entendu comme appropriation collective des moyens de production.
Sans démocratie le socialisme devient le pire des despotismes.
Il est possible que l’humanité soit vertueuse dans un avenir lointain.

Vérités partielles

On peut avoir raison d’avoir tort
Peu importe que la philosophie ait tort pourvu qu’elle donne à penser
La vérité est scientifique et partielle
La vérité est intuitive et personnelle, encore plus partielle
La vérité me détient, je ne détiens pas la vérité
La vérité est nôtre, la réalité, c’est l’autre
Je ne suis pas classable, c’est une grande force et une grande faiblesse
Ce qui est classable est secondaire, mais nécessaire

A propos des nombres

Deux et deux font quatre
Dom Juan chez Molière dit : « Deux et deux sont quatre »
Formule étonnante, étincelante, l’un des secrets de l’univers humain
L’historien respecte son objet d’étude. Les nombres sont si importants qu’ils en accompagnent la liturgie en particulier quand elle se fige en architecture.
Nous reviendrons sur la charme fou de la prosopopée qui commence par un, deux, trois…
Ce n’est pas de la haute arithmétique ? Voire. N’oublions jamais les fondements, les commencements…
Je me suis réveillé dans la nuit. Ma pendulette électrique marquait 3.H.33. J’en fus surpris d’abord, éberlué ensuite. 333, c’est la moitié de la bête de l’apocalypse…
D’abord hanté par le Un, l’unité universelle, la complexité des choses m’a fait évoluer vers le Neuf dont il reste à trouver l’unité. 333, c’est neuf.
Je regrette d’être resté imperméable à la pensée des pythagoriciens anciens, hantée par les NOMBRES…
Voir aussi la Bible…

La vérité du songe

Parfois la mer apporte des songes comme un sommeil profond
Il y a songe et songe
Parfois le songe est vérité
Nous sommes responsables de nos rêves comme de toute réalité
L’étoffe des songes est vraie
Notre interprétation peut être fausse
Le rêve illustre notre subconscient
L’interprétation est consciente soi-disant