ÊÊ 83

Tu es là avec moi
Es-tu là avec moi ?
Tu rêves
Et tu ne rêves pas de moi

Quiconque sait
Ignore les limites de son savoir
A la science toujours imparfaite
Préfère une culture esthétique
Sans limites même littéraires
Mais vivent les sciences

Des limites il nous faut des limites
L’illimité n’est pas l’infini
Seules des limites nous donnent
Un territoire à cultiver

Sois mystique de ce qui est toi
Plus moi, plus nos entourages, plus le monde
Le monde contient plus de monde à la ronde
Que votre cerveau ne peut le supporter

ÊÊ 82

Sois respectueux ( se )
Respecte la nature, ta nature
En sachant qu’elle ne t’appartient pas
Respecte-toi toi-même

Je pense donc je ne suis pas
Il y mieux à faire que penser
Il faut vivre
Avec tes intuitions

Souvent nous avons de bonnes pensées
Que nous trahissons dans notre comportement
On ne meurt pas tout à fait
Si l’on a aimé

Je préfère aimer qu’être aimé
Je crois dominer ce processus
L’autre est inconséquent et vulgaire
Vous ne manquez pas d’air

ÊÊ 81

Naissance et disparition
Tout nait tout meurt
L’univers lui-même est né
Un jour il mourra

Tu ne peux rien acquérir
Rien de sérieux rien de durable
Ton moi lui-même est provisoire
Peux-tu te satisfaire de cette vérité éphémère ?

Vois la réalité conventionnelle
Comme un réseau de conventions
C’est difficile à faire je sais
Nous sommes nous mêmes des conventions

Les sentiments sont réels
Ils nous égarent le plus souvent
Sois plus vrai qu’eux
Illumine la beauté du ciel

ÊÊ 80

Il vaudrait mieux mourir dans d’autres temps
Lontains jusqu’à l’extinction du temps
On meurt quand on peut
Ne meurs pas avant le temps

Le travail qui reste à accomplir
Est dur exténuant
Du moins nous avons du travail
Pour nos mains et notre cerveau

Jette ton bouclier
La guerre est finie
Tu peux pavoiser
Tu ne l’as pas perdue

Nous naissons vides
On nous donne un nom
La vie nous remplit
Nous cherchons le vide

ÊÊ 79

La superstition du pouvoir te ferme les yeux
Quand l’esprit trouve la paix
C’est le bout du chemin
Le pouvoir de vivre t’est ouvert

La vision juste suppose que tu saches
Au bon moment lâcher prise
Tu ressens du plaisir
C’est juste une sensation

Vois ce qui est et ce qui n’est pas
Le bonheur lui-même ne peut te tromper
Utilise avec soin les choses de la vie
Allons dormir dormir

Si tu ne domines pas les choses
Elles te dominent
Sois leur supérieur
Par l’esprit et le coeur

ÊÊ 78

Pratiquons la vérité d’ici et maintenant
Dépassons définitivement l’avidité et l’avarice
Le mérite nécessite son intelligence propre
Sans sagesse la souffrance perdure

Notre monde ressemble à un citron
Son jus est acide
Vous le savez parce que vous y goûtez
Ne goûtez pas l’acidité du monde

C’est au comble de nos facultés
Que nous apercevons nos faiblesses
Notre esprit n’est pas en paix
Le combat continue

Soyez brave et résolu
Ne soyez pas sanguinaire
De votre stabilité personnelle
Dépend la stabilité du monde

ÊÊ 77

L’ordre du monde est la vérité
Nous ne connaissons pas cet ordre sacré
Nous faisons semblant
Nous approchons peut-être du vrai du vrai

Il nous faut de l’énergie
L’énergie est vitale
Crée par toutes les forces qui nous constituent
Observons-la au travail

Roi ton sceptre est stérile
Après tout tu es le roi de quoi ?
Ton esprit ressemble à un plat de scorpions
Méfie-toi de l’esprit pour faire régner l’esprit

Nous sommes voués à l’erreur
Derrière l’erreur le crime
Ce qui sait est
Je suis un ermite retiré

ÊÊ 76

Paix et détachement
Pas d’esclavage
Impliquons-nous dans l’essentiel
La richesse de l’âme

La pensée nous trompe
Elle nous éloigne de la vérité
Oui ses images sont trompeuses
Mais on ne lutte contre la pensée
Que par la pensée

Pensez aussi peu que possible
Aux choses répugnantes
L’esprit se laisse tromper
Nous cessons d’être vrais

Rien n’est absolu dans le réel
Dans les idées que nous fabriquons du réel
Ne soyons pas pour autant passifs et abattus
Le but est de réintégrer l’ordre du monde

Cin 17

Je ne prononce pas un mystère
La pitié est une jungle
Eviter les défauts des humains c’est éviter leurs vertus
Faisons attention à tout ce qui est secondaire

On aime donc on haït
La frivolité nous protège
Il faut être superficiel
Une raison de vivre n’est pas une raison de mourir

Le délire progresse
S’il n’est pas lié au sens commun, le bon sens mène à l’autarcie
Il ne faut pas croire à tout
L’objectivité est un élargissement de la subjectivité

J’aurais aimé me promener nu
Tout est musique
Tout est unique
Nous habitons le temps qui est inhabitable

Cin 16

Je suis un forcené du peut-être
Je n’ai pas allumé un seul mot
Savez-vous que je vais mourir un jour ?
Je préférerais disparaître de nuit

Il n’y a pas de vérités dignes d’être détruites
Mes terreurs sont devenues des ricanements
Mon programme est de respirer
Je haïs ceux qui se réjouissent de mes défaites comme moi je suis content des leurs

Les hyènes sont les seuls animaux à faire semblant de rire
Au mieux nous jargonnons les essences
Ne faisons pas de la timidité une technique
Les canailles sont fières d’avoir raison

Savons-nous véritablement douter ?
Nos doutes, sont-ils des doutes ?
Toute ascèse est destructrice
Le moi est une imposture

Ne réagissons pas en midinettes
Ou plutôt non, réagissons en midinettes
Là au moins il y a du coeur
A la férocité préférons l’indifférence