ÊÊ 59

Ce qui est sait
Ce qui sait est
Ce projet est très humain
Il en devient sur-humain

La parure est humaine
Il est humain de se parer
Il est humain de farder la réalité
La vérité est nue

On ne veut pas voir la vérité
Parce qu’elle est nue
On l’habille on la farde
Ce n’est plus la vérité

La paix c’est le bout du chemin
On en est loin
Notre vie est un combat
Pour la bonne cause

ÊÊ 58

Deux branches en croix Quelques hardes
Une citrouille Une carotte en guise de nez
Un vieux chapeau au sommet décollé
Que fais-tu d’un épouvantail chez toi ?

L’épouvante ne mène nulle part
Tu as encore le désir de réaliser quelque chose
Que ta réalité t’appartienne
Comme ton épouvantail dans le champ

L’épouvantail effraie les oiseaux
Sans bouger sans se déplacer
Tu as la chance de te déplacer
Profites-en ça ne va pas durer

Tu dis que cela est comme ceci
On dirait un poisson dans son bocal
Par instinct le poisson sait et accepte
Qu’y-a-t-il de stable ?

ÊÊ 57

Tu n’es pas chat
Tu vis avec un chat
Tu n’es pas femme
Tu vis avec une femme

Tu marches sur un volcan
Il explose à ton contact
Tu meurs sous les laves et les cendres
Toute vie est un volcan

Désintéressement détachement
Désenchantement
Tu marches dans une forêt enchantée
Entre les arbres

Les arbres ne sont pas de marbre
Retiens que l’ordre de la nature
Est fait de plusieurs ordres
De plusieurs natures

Je suis estomaqué
Par ton impatience à comprendre
Sois plus lent je te le conseille
Le temps se prend

ÊÊ 56

L’incertitude est partout
Elle nous menace de partout
Il n’y a pas d’échappatoire
Même pas de moratoire

La naissance est souffrance
Pour la mère d’abord
Pour l’enfançon ensuite
Pour le reste de sa vie

Du seul fait que nous soyons nés
Tout peut dégénérer à tout moment
En majorité les humains
Veulent échapper à la réalité

Une majorité d’humains
Ne sont pas dans leur réalité
Evitent la vérité
Se débattent pour fuir

ÊÊ 55

Tu t’attaches aux diamants
Ils n’ont pas grand intérêt
Tu as encore besoin
D’apprendre

Nous sommes pris
Dans des filets
Qui n’existent pas
Et qu’on appelle parfois fortune
Sort ou destin

La méditation dépasse la souffrance
Permet de distinguer le vrai du faux
La méditation est un comble de conscience
Image immobile de la mobilité

Le monde est fait de tentations de toutes sortes
Le monde est fait aussi de mal
Nous sommes pris dans un filet
Comme un oisillon

ÊÊ 54

Si tu fais mal tu dois le savoir
La méditation est une attention
Au moment présent
Evite les tabous

La vérité n’est pas un tatouage
Elle nage pleure se déplace
Rit monte sur la montagne
La rascasse est-elle bonne ?

Tant que tu respires tu vis
Tant que tu vis tu respires
Même si tu retiens ton souffle
En apnée

Et si l’air que nous respirons
Etait l’aliment suprême ?
Quand je t’embrasse sur la bouche
Je recueille ton souffle
Ton élément suprême

ÊÊ 53

Caresse la modération
Aime-la tendrement
Embrasse-la sur la bouche
Modération ton nom est femme !

L’essence des choses
Est en nous et ailleurs
Tu ne la vois pas tu ne la conçois pas
Elle n’existe pas pour toi

Il y a plein de choses que nous rencontrons
Tous les jours sans qu’elles existent vraiment
On appelle ça des vérités statistiques
Mais non esthétiques

De X à Y tu vérifies
Tu deviens monsieur X
Tu travailles de façon mathématique
Une réalité magnétique ?

ÊÊ 52

Il convient de s’abstenir
De nuire à un être vivant
Par exemples les navets
Les poireaux

Toute plante souffre quand on l’arrache
Quand on la découpe quand on la cuit
Le problème est qu’une partie de la vie
Est née pour vivre aux dépens de la vie

Nous nous donnons le droit de tuer
Des animaux qui ne sont là que pour nous
La condition élémentaire
Est qu’ils ne souffrent pas à cause de nous

Respecte la vie respecte les humains
Dans ton ignorance respecte le savoir
Respecte le sexe et d’abord le tien
Essaie-toi au parler vrai

ÊÊ 51

Une personne sans vertu
Est très humaine
Au mauvais sens du terme
Elle peut progresser

Rien ne t’est acquis
Ni ta force ni ta faiblesse
Un être humain est né
Quand il a suffisamment progressé

Un chien a faim
Il dort sur un bon tas de riz
Il court partout en aboyant
Tant il a faim

Garde l’esprit clair
Tu peux te permettre
Des excès temporaires
Garde l’esprit clair

ÊÊ 50

Il n’y a pas d’en-soi
Rien ne va de soi
Un état fragile est préférable
A un état docile

L’éveil doit te gagner tout( e ) entier ( e )
il n’y a pas ni haut ni bas
il y a des existences qui pour toi
Sont sans essence
Sont même dépourvues de sens

Tu n’es pas celui qui suis
Tu n’es pas celui qui est
Tu es un être humain
De sexe féminin

Tu es ton propre témoin
Tu ne peux pas moins
Plus, tu serais le coupable
Maintenant passons à table