Hommage à De Sainte-Marthe

Scévole de Sainte-Marthe vécut longtemps, essentiellement dans la seconde moitié du XVI° siècle, mais il survécut à celui-ci. Je n’ai quasiment rien changé à son poème :

J’ai passé mon printemps mon été mon automne
Voici le triste hiver qui vient finir mes yeux
Déjà de mille vents le cerveau me bouillonne
J’ai la face ridée et la neige aux cheveux

D’un pas douteux et lent sur trois pieds je chemine
Appuyant d’un bâton mes membres languissants
Mes reins n’en peuvent plus et ma débile échine
Se courbe peu à peu sous le faix de mes ans

Une morne froideur sur mes nerfs épanchée
Engourdit tous mes sens désormais curieux
D’un glaçon endurci j’ai l’oreille bouchée
Et porte en un étui la force de mes yeux

Bien que la jeunesse en moi ne continue
Fasse que ton amour me conserve le coeur
Autant que de mon coeur la chaleur diminue
Daigne de mon esprit augmenter la vigueur