François de Boisrobert est de la première moitié du XVII° siècle :
Après avoir tant soupiré
Philis je me suis retiré
Quitte et libre de ton servage
Aimant mieux que tu me réputes volage
Et sans amour que dépourvu de raison
Si mes plaintes et mes langueurs
N’ont pas amolli tes rigueurs
Espérais-je renouvelant mon amitié
Que tu serais facile à la pitié ?
Je veux dorénavant blâmer
Ceux qui se mêleront d’aimer
Vu que l’amour aveugle cache
Tant de venin et de poison
Que c’est être grandement lâche
Que d’en affliger sa raison
Vraiment encor je ne dis pas
Qu’une belle pleine d’appas
Se présentant à l’aventure
Pour prendre avec moi le plaisir
Que lui suggère la nature
Je n’acceptasse son désir
Mais une que j’irais cherchant
S’allant encor de moi cachant
Je lui témoignerais un jour
Qu’elle aurait trop peu de mérite
Pour m’obliger à son amour
Quand un dédain m’est apparent
Je le rejette indifférent
Je ne m’afflige plus dorénavant
Pour une fille plus inconstante
Que le vent
Adieu Philis je suis heureux
Cessant d’être amoureux
Que ton dédain m’ait rendu sage
Aimant mieux sans comparaison
Que tu me réputes volage
Et sans amour que sans raison