Les derniers hominiens

René Ghil, actif vers 1900, m’a inspiré quelques images :

Les hommes des forêts d’autrefois
Gardaient précieusement le feu
Puis ils surent l’allumer
Prudents ils cheminaient
Avec des silex pour tuer

Dans leurs yeux vides
Des astres restaient immobiles
Ils redoutaient les étoiles rompues
Qui tombaient parfois en éclats

Ils ne jugeaient pas que le vent
Cesse avant qu’ils ne meurent
Cette humanité débile
Avait du mal à imaginer
Autre chose que ses peurs

L’astre déclinant et rouge
Leur annonçait leur destin
Pris entre le roc et la boue
Ils craignaient la mer
Sans fin sans but

La nuit était selon eux la Forme suprême
Suprêmement inutile
Seuls comptaient le jour les silex le feu
Quelques bêtes et quelques plantes
Et eux bien sûr