TWR 255

La campagne est agréable
Pour le faucon, le canard et moi
Nous dormons tranquilles
Parce que nous sommes sans souci

L’attrait t’attend là où tu te trouves
Au fond de l’océan
Où l’eau est amère
La perle au pur orient t’attend

Le rossignol se lamente
Pourquoi ?
Le perroquet bavarde
Pourquoi ?

Je ne connais les raisons de rien
Le firmament est du cristal
Ce que nous contemplons
Est notre reflet

TWR 254

Il disloque ses chaines
C’est un lion
Il casse son verre
C’est un échanson raté

Les mains du voleur
Ont été menottées
Ce voleur c’est le coeur
Assoiffé et tenace

Nous soupons
A la lumière des chandelles
La raison reste assise
Dans un coin

Le vin rit dans mon verre
Pas loin de la soupière
Un soupir me séduit davantage
Qu’un éclat de rire

KGI 38

Les habits montrent ta beauté
Ton travail achevé
Tu ris dans la forêt
Tu es pris dans ses rets pour une fois

La pudeur te protège contre les yeux impurs
Quand ces yeux auront disparu
Il n’y aura plus pudeur ni impudeur
La pudeur ne sera plus qu’une souillure résiduelle

Tu ne sors pas de la forêt
Tes pieds sont nus
Au contact de la terre
Elle te respire

Les échanges sont nécessaires
Certains mènent à l’avidité
D’autres à la faim
Tu échanges donc tu existes

KGI 37

Deux tu es deux
L’unité est funèbre
La dualité te crée
En te multipliant

Tu jettes l’ancre
Comme une seiche
Tu te protèges dans un nuage
Tu vis caché

Les enfants de l’espace
Ne sont pas nombreux
Ils ont pour se reconnaître
Des mats et des fanions

Une vraie maison n’est pas une plaie
Mais la paupière qui couvre l’oeil
Elle n’est pas une tombe
Son secret reste le tien

KGI 36

Ma joie n’est pas votre peine
Je ne vous dois rien
Vous me devez moins encore
On a toujours tort d’avoir tort

Trop souvent nous pleurons
Ce qui nous a réjoui
La peine et la joie sont inséparables
Comme les plateaux d’une balance

Ta maison est ton corps agrandi
Ta maison rêve
Tu aimerais que ta maison voyage seule
De la ville à la vallée

Que détiens-tu dans ta maison ?
Ton désir de confort
Qui t’enfouit sous son duvet de chardon
Conduisant le cortège funèbre

KGI 35

La vie donne à la vie
J’aimerais être simple
Vivant du parfum de la terre
Et de la flamme de la lumière

Si tu tues un animal
Avec l’ami tutu
Dis-lui que ce qui l’abat
T’abat toi-aussi

Ton sang est le mien
Pour notre malheur à tous
Ton parfum est notre souffle
Tu parles pour nous

Aime la vie
A travers ton labeur
Sans ferveur la vie est ténèbres
Le travail c’est l’amour visible

KGI 34

Crois dans la vie !
Crois dans la générosité de la vie !
Connais-tu la joie de donner ?
La joie est la récompense

La peine peut être un baptême
On s’aime on sème
A tout vent
Pour le plaisir du vent

Sois assez simple
Pour répandre ton parfum
Souris à la terre
Donne à la demande

La terre sourit
Les arbres du verger donnent ce qu’ils ont
Trop conserver c’est crever
Êtes-vous digne de donner ?

KGI 33

Rien n’importe plus à l’amour
Que le don de soi-même
Que votre soif ne soit pas insatiable !
Mettons-nous enfin à table

Tu oses beaucoup et tu donnes peu
Connais-tu ce mot : « Générosité »
Tu enterres les os comme un chien
Tu les oublies ensuite

Souffres-tu de cette soif insatiable
A côté du puits bien plein ?
La peur de tomber dans le besoin
Est le besoin lui-même

Il y a ceux qui ont beaucoup
Et qui donnent peu de façon impure
Il y a ceux qui ont peu
Et qui donnent beaucoup

KGI 32

Ensemble vous êtes nés
Ensemble vous resterez
ENSEMBLE vous mourrez
La mémoire est silencieuse

Les vents des cieux dansent entre eux
L’amour ne doit jamais être un carcan
L’amour est une mer
Qui se meut entre les rivages

Echangez vos verres
Ne buvez pas dans le même
Dansez ensemble
Accordez-vous votre part de solitude

Offrez votre coeur
Mais mettez-le en garde
Les piliers se dressent séparément
Le chêne et le cyprès aussi

KGI 31

L’amour est paix
L’amour est plaisir
L’amour n’offre que lui-même
Riez vos rires et pleurez vos larmes

L’amour ne possède rien
L’amour suffit à l’amour
Coulez comme un ruisseau
Qui chante par tous les temps

La tendresse vous permet de tout deviner
La tendresse non plus n’aime pas les excès
Si tu comprends trop l’amour
Tu en seras blessé

Tu acceptes avec joie de saigner par malheur
Tu te réveilles le coeur ailé
Tu te reposes le coeur en paix
Tu ne cesses de prier l’être aimé