WS 133 ter

Maudit sois-tu qui me fait pleurer
Qui m’a confié cette blessure
il ne suffit pas de me torturer seul
Mon ami est esclave de l’esclavage
Tu es mort pour moi
Tu engrosses cruellement mon futur moi
Je suis abandonné
Torturé trois fois
Je suis prisonnier de ta poitrine d’acier
Mon ami me garantit un coeur
Il me garde pour que je le garde
Dans ma prison je n’ai pas de rigueur
Je suis ton prisonnier
Je suis tien de force
Tout ça m’appartient

WS 133 bis

Maudit soit le coeur qui fait gronder le mien
Pour cette blessure il me donne moi et mon ami
Il n’est pas suffisant de me torturer seul
Il faut que mon meilleur ami soit esclave de l’esclavage
Ton oeil cruel t’a enlevé
Et tu as engrossé durement mon prochain moi
Je suis abandonné par lui moi-même et toi
Triple torture trois mises en croix
Enferme mon coeur dans le cachot de ta poitrine d’acier
Puis le coeur de mon ami garantit mon pauvre coeur ;
Qui me garde laisse mon coeur le garder
Tu ne peux pas user de rigueur dans ma prison
Et pourtant c’est ce que tu feras car je suis ton prisonnier
Je suis tien de force et tout ça est en moi

WS 133

Maudit soit ce coeur qui fait gronder le mien
Pour cette profonde blessure il donne mon ami et moi !
Ce n’est pas suffisant de me torturer tout seul
Faut-il que mon meilleur ami soit esclave de l’esclavage ?
Ton oeil cruel t’a enlevé à moi
Et tu as engrossé mon prochain moi plus durement.
Je suis abandonné par lui, moi-même et toi –
Une torture trois fois mise en croix
Emprisonne mon coeur dans ta poitrine d’acier
Mais ensuite le coeur de mon ami garantit mon pauvre coeur ;
Qui me conserve laisse mon coeur être son garde ;
Puis tu ne peux pas utiliser la rigueur dans ma prison.
Et pourtant tu le feras ; car moi, prisonnier de toi,
Je suis tien de force, et tout ça est en moi.

WS 132 **

J’aime tes yeux, ma tendre amie, et eux, comme par pitié,
Connaissant le dédain avec lequel tu me tourmentes,
Se sont vêtus de noir, endeuillés par amour,
Considérant mon chagrin comme une charmante détresse
Le soleil dans le ciel qu’au matin l’on peut voir
Au front gris du levant
Et l’astre éclatant avant le couchant austère
Ne donnent pas autant de grâce que tes yeux endeuillés
Que ton coeur au deuil pour moi s’adonne
Et que tes attraits viennent exclusivement du deuil
Dont la pitié te vêt en toute ta personne
Je jurerai que la beauté est noire
Sinon on est très laid

WS 132 ter

J’adore tes yeux qui me prennent en pitié
Je connais ton coeur qui me torture avec dédain
Tes yeux portent le deuil
Ils contemplent mon chagrin
Le soleil du matin triomphe du gris
La moitié de l’occident chemine au soleil de midi
Les yeux endeuillés deviennent ta face
Elle pare ton coeur
Pour qu’il pleure pour moi toujours gracieux
Conforme à ta pitié
La beauté est noire
Le manque de teint déteint

WS 132 bis

La beauté est noire
Ils se trompent tous en manquant de teint
J’adore tes yeux qui me prennent en pitié…
Ils portent le noir du deuil avec amour
Regardant ma peine avec tendresse
Le soleil du matin triomphe de l’orient gris
Le soleil plein fait la moitié de sa gloire au sobre occident
Pendant ce temps tes yeux endeuillés deviennent ton visage
O Laisse-le parer ton coeur
Qu’il pleure pour moi le deuil te donne de la grâce
Et convient comme partout à ta pitié
La Beauté est noire
Ils se trompent tous en manquant de teint

WS 132

J’adore tes yeux et eux, comme me prenant en pitié…
Connaissant ton coeur qui me tourmente avec dédain…
Ayant misé sur le noir ils sont endeuillés avec amour,
Contemplant de façon charmante ma peine ;
Et vraiment, ce n’est pas le soleil du matin dans le ciel
Qui l’emporte sur les joues grises de l’orient,
Ni cet astre plein murmurant également
Qui fait la moitié de la gloire à l’occident sobre,
Pendant que ces deux yeux endeuillés deviennent ta face.
O laisse-la alors parer ton coeur
Afin qu’il pleure pour moi puisque le deuil te confère de la grâce,
Et convient à ta pitié comme partout ailleurs.
Je jugerais que la beauté elle-même est noire,
Et qu’ils se trompent tous avec leur manque de teint.

WS 131 **

Tu n’es pas moins tyrannique
Que ceux que leur beauté rend cruels
En toi mon coeur énamouré
A son trésor le plus beau
D’aucuns de bonne foi prétendent
Que tu te soumets à une amoureuse torture
Je n’ose leur donner tort
je jure pour moi-seul
Et pas à faux
J’évoque ton visage avec mille gémissements
L’un l’autre témoignent aussitôt
Selon moi ton noir surpasse toute beauté
Tu n’es noir en rien sinon dans ta vie
De là vient je crois la calomnie

WS 131 ter

Tu es tu es tyrannique
Comme ceux que leur beauté rend cruels
Tu sais bien que pour moi
Tu es le joyau le plus beau
Il en est qui de bonne foi prétendent
Que ton visage ne fait aucun mal
Je n’ose leur donner tort
Je ne jure qu’à moi-même
Je pense que rien n’est faux
Les gémissements s’effacent à ta face
Le cou témoigne
La beauté du cou est plus noire
Tu n’es noir en rien
La calomnie procède de tes actes

WS 131 bis

Ton être est tyrannique
A l’instar des beautés cruelles
Pour moi ton amoureux
Tu est le joyau le plus précieux
De bonne foi ta face
Ne fait pas mal à l’amour
Je n’ose pas
Je ne jure qu’à moi-même
Je jure que ce n’est pas faux
Je pense ton visage
Le cou porte témoignage
Le noir est plus beau
En rien tu n’es noir
La calomnie procède de tes actes