WS 109 ter

J’appelle pour rien
Sauf toi ma rose
Ne dis jamais que je fus faux
Bien que ma flamme ait été absente
Je pourrais me quitter
Mais pas laisser l’âme qui vit dans ta poitrine
Foyer de mon amour
J’ai sans doute erré
Mais je suis de retour
J’apporte l’eau pour laver ma tache
Les faiblesses m’assiégeaient
Ma nature n’aurait pu être souillée
A la manière ridicule de quitter pour rien
Tout ton bien
Dans la rose tu es mon tout

WS 109 bis

J’appelle pour rien le vaste univers
sauf toi ma rose : en elle tu es mon tout
Ne dis jamais que mon coeur a été faux
Bien que ma flamme ait semblé se qualifier par l’absence
Je pourrais me quitter moi-même
Plutôt que laisser mon âme qui vit dans ta poitrine
Foyer de mon amour
J’ai sans doute erré mais comme un voyageur
Me voilà de retour juste à temps pas comme avec le temps qui s’échange
De sorte que j’apporte de l’eau pour laver ma tache
En mon sein régnaient toutes sortes de faiblesses
Qui assiègent toutes sortes de sangs humains,
Mais ne croyez pas que ma nature aurait pu être souillée
De façon aussi ridicule que d’abandonner pour rien tout ton bien
J’en appelle à la rose : en elle tu es mon tout

WS 109

Ne dis jamais que je fus faux du coeur
Bien que l’absence ait paru qualifier ma flamme –
Je pourrais aussi bien me quitter moi-même
Qu’abandonner mon âme qui repose dans ta poitrine.
C’est mon foyer d’amour ; si j’ai erré
Comme celui qui voyage me voici de retour,
Juste à temps, pas avec le temps échangé,
De façon à ce que j’apporte de l’eau pour ma souillure.
Ne croyez jamais, quoiqu’en mon sein régnaient
Toutes sortes de fragilités qui assiègent toutes sortes de sangs,
Qu’il eût pu être taché de façon aussi ridicule
Pour abandonner pour rien toute ta somme de bien ;
Pour rien j’appelle ce vaste univers
Sauf toi ma rose ; en elle tu es mon tout.

WS 108 **

Qu’y-a -t il dans le cerveau
Qui n’ait été figuré ?
Qu’y-a-t-il de nouveau à dire,
De neuf à fixer ?
Qu’y-a-t-il qui exprimerait ton mérite
Ou ma flamme ?
Rien
Pourtant je dis la même chose comme une prière
Tu es mien je suis tien
Tout est neuf comme aux jours où mes vers t’ont sanctifié
L’amour éternel aborde par l’amour tout frais
Qui ne peut soupeser la poussière du temps
Qui dénie les rides
Il fait de la vieillesse à tout jamais son jeune page
Et conçoit un amour jeune et fort
Où son âge et son allure le font croire mort

WS 108 ter

Le cerveau peut-il se figurer
Mon esprit véritable ?
Qu’y a-t-il à dire
Pour exprimer mon amour ou ton mérite ?
Rien pourtant je répète la même chose
Tu es mien je suis tien
Je sanctifie ton nom
Devant l’amour nouveau l’amour
Ne calcule pas les blessure de l’âge
Ne s’attarde pas sur les rides nécessaires
Mais fait de l’antiquité à jamais son page
Le premier concept d’amour fut ici bien élevé
Le temps et les formes montraient sa mort

WS 108 bis

Le premier concept d’amour fut ici élevé avec patience
Qui montrait sa mort dans le temps et la forme
L’encre peut-elle caractériser dans ton cerveau
Mon esprit véritable ?
Qu’y a-il de neuf à dire, à enregistrer
Qui puisse exprimer mon amour ou ton mérite ?
Rien, pourtant je dois comme dans une prière
Répéter chaque jour la même chose
Je ne la vois pas vieille mais tu es mien je suis tien
Je sanctifiais ton noble nom
Devant un amour tout frais
L’amour éternel ne soupèse pas la poussière
Ni les blessures de l’âge
Et ne donne aucune place aux rides de la vieillesse nécessaire
Mais il fait un joli page de l’antiquité

WS 108

Qu’est-ce qui dans le cerveau que l’encre peut caractériser
N’a pas figuré pour toi mon véritable esprit ?
Qu’y a-t-il de neuf à dire, qu’y-a-t-il maintenant à enregistrer,
Qui peut exprimer mon amour ou ton cher mérite ?
Rien, mon cher enfant ; mais pourtant comme dans les prières divin
Je dois chaque jour répéter la même chose,
Ne comptant pas une vieille chose comme vieille, quoique tu sois mien et moi tien,
Même quand je sanctifiais ton noble nom.
Ainsi l’amour éternel dans un cas d’amour tout frais
Ne soupèse pas la poussière et les blessures de l’âge,
Et ne donne pas place aux rides nécessaires,
Mais fait de l’antiquité à jamais son page,
Trouvant le premier concept d’amour qui fut ici élevé
Où le temps et la forme extérieure montreraient sa mort.

WS 107 **

Ni mes effrois ni l’âme prophétique du monde
Qui rêve d’avenir
N’assignent de terme fatidique
A mon amour qu’on crut voir périr
L’éclipse de la lune mortelle est passée
L’augure est triste de ses présages
L’incertitude est couronnée
La paix prétend que l’olivier est sans fin
La rosée de ce temps joli
Rafraîchit mon amour et la mort me conseille
Ma vie est malgré elle rassurée
Elle sévira sur les tribus sans voix
Tu verras passer devant ton monument
Les casques et les tombes de bronze des tyrans

WS 107 ter

Ni mes angoisses
Du vaste monde
Ne contrôlent l’amour
Condamné à la malédiction
La lune s’est éclipsée
Les augures se moquent de leurs prédictions
La paix célèbre les oliviers
La rosée du temps embaumé
Rafraichit l’amour
La mort me raisonne
En dépit de tout je vivrai ce pauvre rythme
Laissant les tribus chiches se faire insulter
Tu trouveras ton monument
Quand auront disparu les casques des tyrans
Et leurs tombeaux de bronze

WS 107 bis

Tu trouveras ton monument
Quand les tyrans auront disparu
Ni mes angoisses ni l’âme prophétique
Du vaste monde rêvant d’avenir
Ne peuvent contrôler l’amour véritable
Que l’on croyait condamné à une malédiction confinée
La lune mortelle a subi une éclipse
Les tristes augures se moquent de leurs propres prédictions
Les incertitudes rassurées se couronnent elles-mêmes
La paix proclame l’âge sans fin des oliviers
Grâce à la rosée d’un temps bien embaumé
Mon amour est frais à nouveau la mort me donne raison
En dépit de tout je vivrai sur ce pauvre rythme
Pendant que les tribus ennuyeuses et sans discours se font insulter
Toi dans tout cela trouveras ton monument
Quand les cimiers des tyrans et leurs tombeaux de bronze seront passé de mode