Tsc 9

Penser le Tao sans dogmatisme aucun
C’est mélanger le lapin et le serpent
Mais qui es-tu toi à qui je parle vainement ?
Quand je me réveille je ne suis jamais un papillon
Je n’aime pas les bruits suspects
Les papillons ont-ils une âme ?
Là-bas tout là-bas
L’éternité tient dans un instant
Tu es toi sans l’ombre d’un doute
On ne constate que les choses changent
Que lorsqu’elles ont changé
On ne dit jamais n’importe quoi

Tsc 8

Tout est question de perpective surtout l’humour
Toutes choses sont un avec moi
Mais moi avec elles ?
Le rien n’est pas puisqu’il y a le rire
Puisqu’il y a un mot pour rien qui ne signifie pas rien
Je ne sais pas comment je sais
Je renonce à comprendre les gens qui ne comprennent rien
Je rêve que je rêve
Où est la jonction entre fin et commencement ?
La vie n’est pas faite d’infortunes
Il n’y a rien d’autre que le temps

Je suis proche du réveil puisque je rêve que je rêve
Nous rêvons peut-être le grand rêve
je rêve tu rêves nous rêvons
Tu rêves au grand réveil décidément tu rêves !

Tsc 7

Que sais-je ? Je ne sais pas
Comment pourrais-je savoir ? On peut chercher
Aucune pensée n’est vraie mais certaines sont tellement vraies qu’elles paraissent absurdes
Ce qui est réel dépend d’un système
La chose la plus rapide dans l’univers est l’esprit
Ce n’est pas la lumière
je suis un mais les autres ?
L’au-delà est peut-être bien inapaisable
En plus d’être insaisissable
Dire des choses insensées fait sens

Rien n’est plus grand que la pointe d’un cheveu
L’univers est né avec moi
Toutes les choses font un
Il y a l’Etre un point c’est tout

Tsc 6

Tragédie et comédie sont du théâtre
Sans comparaison il n’y a que l’inconnu
Le non et le oui se suivent le long de la circonférence
S’ils ne se poursuivent pas on a le centre
Qui n’a besoin de personne même pas de vous

Nous ne constatons qu’une seule condition humaine
Le Tao ne se révèle qu’en se cachant A nous de le révéler
Le grand discernement n’est pas discernable
Je ne sais pas ce qu’est le Tao et voilà justement le Tao
Tout est histoire

Tsc 5

Rien ne dure plus longtemps que l’instant
Rien ne dure
Rien est quelque chose
Quelque chose existe
On ne peut rien faire ni défaire dans la profondeur des évènements des sentiments
Il ne reste rien que la gratitude et le rire

Tout est ceci amis mais aussi cela
L’un ne va pas sans l’autre
On ne peut avoir de vrai sans faux
La vie devient mort et inversement

Tsc 4

Tous les animaux peuvent avoir du discernement
Même les humains
Ne nous accrochons pas à un seul versant de la réalité
Mais un étoile ressemble à une goutte de pluie, une guenon à un crabe par un côté
S’adapter à la réalité, c’est reconnaître son côté social, S’adapter au réel, c’est reconnaître que rien ne le sous-tend et que rien ne le surpasse
Un sage est plus qu’un maître car il n’est obligé à rien
Mais un maître peut marcher sur deux chemins à la fois comme dans la physique de Planck car son esprit est libre
Tous les chemins sont le Chemin
Le sage ne s’en approche pas ne s’en éloigne pas

Tsc 3 Le Tao la Voie

Le Tao la Voie Le Chemin
Qui s’est avisé de nommer l’ineffable ?
Certains cherchent la Voie partout
Et nulle part
Elle existerait ou ( et ) n’existerait pas
C’est ainsi que le Taoïsme est un fantasme
Toute religion établie est une carapace
La vérité vivante s’en est allée
Nous désirons l’intelligence de l’univers
Nous sommes dépassés par tout ce qui existe
L’esprit de non-savoir ne croit pas à ses propres pensées

Ton harmonie est le centre de ton univers
Donc de l’univers

Tsc 2

Il s’agit de sauver le monde
On sauve le monde en se sauvant soi-même
A vrai dire il n’y a personne d’autre
Qu’on puisse sauver
Lorsque tu es en paix, c’est l’univers qui l’est

L’esprit en harmonie
Trouve son centre partout sa circonférence nulle part
Un fragment devient totalité
Ce qui est devient ce qui doit être
Le Ciel n’existe que sur la Terre

Le maître ne fait qu’observer
Le monde tel qu’il est
Il est donc disciple

Tsc 1

Si nos idées sur la condition humaine
Sont fausses
Nous souffrons de ces pensées confuses
Par exemple celle qui confond condition historique
Et nature

La nature humaine est parfaite
En être conscient c’est retourner à l’origine
Nous demeurons là où nous avons toujours été

Les détours de nos pensées sont illusion
Nous nous perdons dans nos errances imaginaires
Si nous aimons la liberté, nous la cultivons
Lorsque l’esprit est libre de ses pensées, il s’accomplit

Tsc 0

La série de poèmes directement adaptés de deux maîtres chinois, en particulier Tchouang-tseu du IV° siècle av.J.C., choisis par Stephen Mitchell, est terminée avec l’article Ts 68.
Commence une nouvelle série code Tsc, faite cette fois de commentaires et inspirée par ceux de Stephen Mitchell qui suivent l’ordre des poèmes, proposé par lui-même.
Je débute par une citation de Mitchell : « J’ai rédigé ces commentaires dans l’esprit de Tchouang-tseu pour qui, Dieu merci, rien n’était sacré »