A chacun son tao
Sa vie sa survie
Son existence son expérience
Tous les tao se ressemblent
Ils sont tous différents
Le tao est mobile et immobile
Il concerne le ciel
Le ciel et la terre
Tous les êtres
La tao est la voie
Dans laquelle chacun s’engage
Dg 3
C’est Boris Cyrulnik qu’il faut remercier
Pour avoir popularisé voire médiatisé
Le concept de résilience
Nous tenons le coup
Nous sommes toujours là
Grâce à cette capacité étonnante
Voire extraordinaire
De résistance
Que nous avons tous
Et pas seulement les enfants
De façon très différente
A chacun sa résilience
Dg 2
Un autre nom pour le tao
Concernant les êtres vivants
Et surtout les êtres humains
Est la résilience
Nous survivons
Nous survivons à un nombre
Parfois incroyable d’épreuves
Mais chacun avec son style
Chacun avec sa personnalité
Qu’on ne s’attende à aucune survie indifférenciée
Devant la survie le moindre animalcule
A sa personnalité
Dg 1 A chacun son tao
Chacun a son tao
Chacun, chaque chose, chaque monde
Chaque situation, chaque histoire
Cet élément qualitatif de nos vies, de nos existences
N’interdit rien
Nous pouvons tout comprendre
Encore faut- il faire l’effort, prendre le temps
Hc 168 Fin d’anthologie
Dans ma libre adaptation je n’ai pas cité de nom propre chinois afin que l’esprit du lecteur se concentre sur le poème en lui-même.
J’ai publié 167 poésies dues à 51 auteurs du II° au XII° siècle, avec 3 exceptions postérieures, une majorité relative de ces poètes est du VIII° siècle.
Le vin chinois est rarement de raisin. Il provient de plantes diverses dont l’asparagus ou le chrysanthème. Les plus répandues sont des céréales dont le millet et le riz.
Je termine, avec l’article Hc 167, l’anthologie de poésies chinoises d’inspiration taoïste, librement adaptées de « l’art de vivre du tao », poèmes chinois traduits et présentés par Hervé Collet et Cheng Wing Fun, Albin Michel, Spiritualités vivantes, Paris, 2011
Je ne sais toujours pas ce qu’est le tao, mais je le trouve bien sympathique. Mon anthologie se termine sur le thème de « la cuisine ». Elle est la seule anthologie complète dans mon blog.
Hc 167
je bois tous les jours
La rosée fraiche
Sur les fleurs des bananiers
Quand je la recueille je dois souvent
La disputer aux oiseaux
Pourquoi un tel nectar devrait-il avoir
Mille ans d’âge ?
Chaque goutte suave est son instant d’éternité
Hc 166
Mon séjour est oisif
Paresseux depuis toujours
je reçois rarement un invité
Le portail fermé le sol balayé
Je suis content
Mon épouse fruste essuie la pierre à encre
Et broie de l’encre fraiche
Ma fille me tend un morceau de papier
Elle me réclame une calligraphie
Les feuilles mille taches rouges
Sont légèrement givrées
Le soleil décline à travers le voile de la fenêtre
Les légumes d’automne sont exquis
Au sud du fleuve
Des pousses de bambou pourpre
Et du gingembre rouge
Accompagnent la carpe en train de cuire
Hc 165
Les pointes des pousses de bambous
Vont bientôt sortir de terre
La terre fertile sous la neige
Nourrit leur goût frais et sucré
Le maître a une recette extraordinaire
Il recommande instamment
De n’ajouter ni vinaigre ni sel
L’eau est puisée à la fontaine
D’eau limpide sous les rochers
Il blanchit dans l’eau les pointes de pousses
Ressort le jus doux des racines givrées
On croque les pousses du froid
Dans un bruit de glace qui casse
On boit le restant du bouillon
Il a la couleur du clair de lune
Les crabes charnus et les champignons de mûriers
Ne sauraient égaler les pousses de bambou
Il est vain de chercher un remède pour dégriser
Un bol de ce potage vous réveille aussitôt
Une cuisson simple révèle le goût authentique
Il n’est nul besoin d’être cuisinier
Pour préparer la recette du maître
Hc 164
Dans le monde des hommes
Chacun s’efforce de cultiver la longévité
Sans réaliser que la longévité est là
Sous nos yeux
J’ai compris une recette simple et facile
Pour atteindre l’immortalité
il suffit de manger de la soupe de riz
Hc 163
Quand les perches sont grasses
Et les zizanies aquatiques bien croquantes
On prépare un potage exquis
Avec du sarrasin mûr et de l’huile nouvelle
On confectionne des galettes parfumées
L’homme libre méprise la richesse et les titres
Depuis les temps anciens
Nostalgique des saveurs de son pays natal
il n’aspire qu’à une seule chose
Y retourner