Bg

<<<<<<<<<<<<<<<<<Chapitre II

Il serait indigne de notre part de décimer nos parents
La cupidité les gouverne
Lorsque l'antique loi familiale disparait, l'anarchie submerge les femmes
Lorsque les femmes sont corrompues, les castes se mélangent
Privés de leurs offrandes d'eau et de riz, les esprits des ancêtres se dissipent dans des jeux futiles
Tuer pour le pouvoir !
Tuer pour le plaisir du pouvoir !!
"je ne songe même à résister"*

* Les témoignages sont anonymes

Bg

<<<<<<<<<<<<<<<<<Chapitre 1

Driss dit : "Que s'est-il passé lorsque mes fils et les Sandow furent face à face ?"
"Nombreux sont les mecquetons prêts à en découdre"
"Immédiatement ont retenti conques, timbales, trompettes, cymbales, tambours …"
"Ces gens-là savent faire du bruit
"Il y en avait deux dans une bagnole blanche…"
"Il y en avait un qui soufflait dans un instrument appelé "brume blanche""
Une fille dit : "il sont beaux tous ces guerriers"
Archie les vit tous : les pères, les aïeux, les beaux pères, les frères, les fils, les petits fils, les oncles, les amis, tous ces mâles liés par le sang et prêts à s'entretuer
"Quand je vois mes propres parents rassemblés ici, brûlants de se battre, mes jambes faiblissent, ma bouche se dessèche, mon corps tremble, mes cheveux se dressent, ma peau brûle, en fait je suis fou d'angoisse, mon esprit chancelle"
"Tuer les siens au combat n'engendre rien de bon"
"Le mal nous rongera si nous les tuons"
"Il nous tuera, oui"
"Le mal et quel mal ! »

*Ils sont chiants les mecs qui chahutent dans l’eau

Pz 75

Prenons rendez-vous au fleuve des étoiles
Accostons aux nuages
Obscur le sentier s’enfonce dans les bambous verts
Je suis esclave des signes
La vie est une aubaine la vie entière
Mes cheveux blancs me hâtent
Le soleil vert avale mes années
Ma fenêtre se peuple des pins sous la lune
Le ravin est profond de mille ans
Les magnolias ont un jardin
Une ligne d’oiseaux se déploie
Le chant d’un pêcheur s’éloigne dans les roseaux
Je reflète la lune qui me reflète
L’humain est un fantôme magique

Pz 74

Mes pieds solitaires ont des cailloux pour semelles
Les pins sont eux-mêmes quand ils chantent
Dans leurs colloques les oiseaux sont harmonieux
Ici les ruisseaux peu profonds débordent d’éboulis
Les pins n’ont pas besoin du vent pour se parler
Les rochers sont vagues qu’embrassent les eaux
Un nom vide est inutile
Je goûte aux émotions sauvages
Les humains se dispersent
La lune vacille je danse avec mon ombre

Pz 73

Un voile bleu nous ombre
Le dormeur de l’aube est bien là
L’esprit n’est pas transparent
Je suis ivre sous les fleurs
Un pêcheur s’éloigne dans les roseaux
L’ivresse est publique Oublions les principes
Je sais la fin du savoir et du moi
Solitaire je suis mon seul maître
Je laisse dériver la barque de ma vie
Je laisse à la terre et au ciel le soin de muer
Sous la lanterne ronde de la lune
Seul un chemin oblique s’enfonce dans le bois

Pz 72

Mon horizon est un col
Tout ce que je sais est que j’y suis
Comment dire dans l’oubli des mots ?
Mon esprit est vagabond du silence
Ton retour me surprend comme un rêve évanoui
Tu es la rameuse Tu es ma fameuse
Nous rirons des folies de nos chambres vides
Ta plume de cygne fouille l’épaisseur de l’encre
Une étoile pend au bouleau
Ta petite bouche en forme de griotte
Ta lourde chevelure tourne au brouillard
Rien ne ne tait tout s’enfuit

Pz 71

Nous sommes suivis par la lune des montagnes
L’ivresse fait glisser le ciel dans le lac
Je jette la ligne et l’hameçon
Pour jouir d’un empire

A quoi sert notre chant
Si les arbrisseaux savent pleurer ?
Seuls les pins partagent ma mélancolie
Le luth esseulé attend près des mousses
Je cherche le sommet de silence
J’habite la tranquillité

Pz 70

L’acier blanc crache les épis
La nuit étouffe sous le givre
En ce désert le sable semble neige
Entre les pins la lune éclate de blancheur
Les roseaux ondulent au passage du pêcheur
Jusqu’à l’oubli du temps
L’homme est sans forme dans la montagne vide
Les nuages blancs enroulent au bleu du mont
Je ne saurais vous dire vivre
Il est un chant à hurler
Je chevaucherais un tigre jusqu’au bout du monde
Le dragon entonne le chant d’une atroce beauté
Ses larmes agrandissent ses yeux ivres

Pz 69

Montons au pavillon des cigognes
Le soleil de montagne épuise sa blancheur
Le fleuve avec lenteur roule vers la mer
Si tu veux voir à perte de vue
Monte à l’étage supérieur

Pourquoi habiter la montagne d’émeraude ?
Et pourquoi pas ?
Je souris en silence
Les fleurs glissent au mystère de l’eau
Univers au delà des mondes

A midi émergent les vieillards
ils découpent dans l’or du papier des lotus
Splendeur de nos rivières je pourrais t’embrasser
Construire ici mon nid dans les pins dans les nues

J’ignore le vrai visage d’ici
Je sais seulement QUE J’Y SUIS
Je ne connais pas le vrai visage de la montagne
Je ressens la présence de mon corps

Nonchalant j’agite mon éventail blanc
Je vais nu par la verte forêt
Mon corps va nu sans le vouloir
J’accroche mon bonnet à un rocher
Le vent des pins roule sur mon crâne

Le chant des pins résonne dans la vallée
La nuit je loge au temple du sommet
De la main je caresse les étoiles
J’ai peur d’éveiller les habitants du ciel

Le soleil au couchant éloigne les montagnes
Où notre refuge contre le froid du ciel ?
A la porte le chien aboie
Quelqu’un rentre de nuit dans la neige et le vent
La vie est la voie La voie est la vie

Pz 68

La rosée gèle en givre
L’herbe sèche en broussaille
On dit que le sage est sage
Qui accepte une telle vérité ?

Le mont des immortels émerge
La rivière est là jaillissante
Les dragons tirent le char
Pour déchirer la loi du Ciel

Les hommes montagnes
S’énervent les uns les autres
Leurs chambres sont d’orchidées
Ils inspirent le givre expirent la rosée

ils se baignent au cinabre
Irradient de lune et de soleil
Sans rejoindre la terrasse magique
Ils nagent ensemble et tournoient

La terrasse magique est un observatoire astronomique
Ainsi que l’alliance du coeur et de l’esprit