Nok 2

Tout est plein de vide
Le vide permet le possible
Il permet le mouvement
L’un de l’Etre n’est multiple que grâce au vide
Le sage aime les plaisirs nécessaires
Chéris ton corps comme le monde
Le mystère est invisible
On se renouvelle à partir de rien
La constance ne fait qu’un avec l’Etre
Atteins le vide de la quiétude

Nok 1

L’origine n’a pas de nom
L’action n’est pas évidente
Le sage n’agit pas
L’éternité est un instant
Tout est indifférent à l’Etre
Fais ce que tu as à faire puis retire toi
Evite l’action qui n’est pas nécessaire
Guide sans contraindre

Les chiffres-clés des civilisations ?

Les Sémites ont fini par être hantés par le Un, unité transcendante, métaphysique de l’Univers. D’où le judaïsme, resté religion communautaire, et l’islam, religion universelle.
Grâce au juif Saül de Tarse, devenu Saint Paul, le culte du dieu unique a pénétré le monde euro-européen, mais il s’est transformé. Il a fini par devenir celui du Un en Trois par l’intermédiaire de la Sainte Trinité, le Père, le Fils et l’Esprit Saint.
Nous savons, depuis les travaux de Georges Dumézil, que les Indo-Européens voient le monde en Trois.
Protagoras, l’esprit critique ami de Périclès, que beaucoup ont mis au rang des sceptiques ou plutôt des sophistes, jugeait que toute chose pouvait se réduire à deux opinions. Que faire d’un troisième terme ?
L’Esprit Saint, qu’on nomme familièrement le Saint-Esprit, assure la continuation et la continuité de l’oeuvre divine une fois que les actes fondateurs ont été posés.
Mieux encore que la continuité, le Chiffre Trois exprime la fécondité, un et deux à eux-seuls étant stériles.
Peut-il symboliser autre chose et plus encore ? Bien sûr. Quand on réduit un phénomène à deux de ses aspects, quelle que soit leur importance, on sait qu’il en est d’autres.
Le ou les troisièmes aspects, ignorés, peut-être mystérieux, sont un excitant pour l’esprit et la source de grandes découvertes.
Nous disposions du système de Ptolémée, puis de celui de Newton. La découverte de la radioactivité par Becquerel a rendu possible le système d’Einstein. il en viendra probablement un quatrième.
La Chine n’est pas dans cette guerre des chiffres. Elle est plus observatrice et historienne que mathématicienne. C’est ainsi que les Chinois nous ont laissé des tables astronomiques sur plusieurs millénaires. Rien de tel en Occident. Par contre les Européens ont inventé, après Euclide, Newton, c’est-à-dire un ordre géométrique de l’univers.
Les Chinois ont accès à tous les chiffres suivant l’ordre de leurs préoccupations. Je voudrais cependant attirer l’attention sue le chiffre Cinq qui est déjà celui d’une complexité ordonnée.
Les Chinois classiques ont ajouté un cinquième élément aux quatre tenus par nous pour traditionnels : le métal, et une cinquième saveur, après le salé, le sucré, l’amer, le doux : le fade.
Un mot encore sur la complexité chinoise : il est vain d’opposer radicalement ses différentes écoles. La Chine est la terre du syncrétisme historique. Confucius et son école ont apporté leur touche au Yi king et ont interprété le Tao tö-king, livre sacré des taoïstes.

L’Occident et la Chine

L’Occident a pour origine la diaspora indo-européenne ou aryenne qui commence au coeur de l’Eurasie, à la fin du III° millénaire avant le Christ, donc une série d’invasions tribales dont les plus occidentales ont été grecques, latines, celtes, germaniques…
La Chine a pour origine la vaste culture paysanne du Nord constitutive d’un empire mythique dès le III° millénaire avant le Christ.
Indo-européens les Slaves, les Iraniens, les Indiens ont constitué d’autres origines. Les Iraniens et les indiens ont même créé de véritables civilisations.
Divisé et instable le monde aryen occidental a conquis le monde. L’apport des Anglo-Saxons est devenu fondamental.
L’origine de la Chine est chinoise. Sur plus de cinq millénaires la Chine s’est constituée elle-même. D’origine indienne le bouddhisme a été cependant un apport considérable. Depuis le XIX° siècle les techniques occidentales bouleversent le monde chinois, suscitant une vaste diaspora.
Pour revenir sur l’aspect belliqueux des sociétés occidentales, rappelons qu(on y trouve des nations armées, des aristocraties guerrières tandis que la Chine préférait la bureaucratie des mandarins.
il y a toujours une origine d’avant l’origine. Le monde occidental a pour origine ancienne les migrations « blanches » de l’homo sapiens à lointaine ascendance africaine, la Chine les migrations « jaunes ». Ce clivage important entre l’Ouest et l’Est a peut-être commencé dès les environs de 200000 ans avant J.C., dès les environs du deux centième millénaire avant le Christ.
Rappelons que l’histoire profonde, qui convoque les millénaires, est passionnante et vraie. Mais rappelons aussi que nul n’est prisonnier de ses origines.

Pour une interprétation du Tao tö-king

Ma série de code Nô, publiée dans ce blog du 30/7/2016 au 5/8/2016, était une adaptation, si possible créative, du classique chinois, le Tao-tö-king.
Ce texte, que je trouvais génial, l’une des bases, avec Confucius, de la civilisation chinoise, m’a mis dans un état second parce que je n’arrivais pas à le rattacher à l’ensemble de mes préoccupations.
Je suis arrivé à une argumentation qui aboutit à opposer radicalement l’esprit de la civilisation occidentale et celui de la civilisation chinoise, lesquels font partie de la civilisation humaine.
Je propose de choisir parmi les fondements de la civilisation occidentale ceux de la civilisation de la Grèce antique, en particulier Homère et Platon. Dans les poèmes homériques, l’Iliade et l’Odyssée, tout est combat et conflit. la première épopée relate la guerre de Troie, la seconde est un voyage aventureux émaillé de rencontres périlleuses.
Dans les dialogues de Platon les pensées se combattent avant de reconnaitre la supériorité de Socrate.
L’esprit de la civilisation occidentale apparait alors profondément agonistique, c’est à dire bel et bien fondé sur la lutte, voire la guerre, au moins le dissentiment.
Parmi les fondements de la civilisation chinoise, qui elle est unie et unique depuis plus de cinq mille ans, je propose le YI King et le Tao tö-king, les deux relèvent d’une très ancienne culture, paysanne, villageoise, patriarcale, à évolution lente et continue…
Le Yi king est un livre de divination fondé sur une analyse très fine des comportements humains, de portée universelle.
Le Tao tö-king est une série d’analyses visant à rétablir un fonctionnement harmonieux des choses humaines au quotidien au sein de l’ordre cosmique. L’idéal du non-agir est celui d’une action limitée, répétée et familiere.
L’esprit de la civilisation chinoise apparait alors comme fondamentalement pacifique, tourné vers l’harmonie humaine et cosmique qui lui convient.
A partir de ces positions il faudrait multiplier les nuances. Un exemple : le gouvernement apparait dans le Tao tö-king ; on le souhaite limité, prudent, respectueux de l’esprit général, travaillant, si possible à la paix,…
La civilisation chinoise, plutôt pacifique, comme l’occidentale est plutôt belliqueuse, a connu une foule de soubresauts dont le dernier à date n’est pas le moindre…

Fab 63

Un jeune homme confiait à sa dernière petite amie :
« Il ne faut jurer de rien
Nous savons si peu de choses
Le mieux est de ne pas juger
Si on ne peut s’empêcher de juger
Jugeons de façon positive
Ne soyons pas prisonniers de nos préjugés… »
La fille l’embrassa longuement sur les lèvres
L’échange des souffles
Vaut échange des âmes
Le garçon pensa que son amie
Avait tout compris
Sans l’avoir écouté

Fab commentaire

Depuis Fab 55, publié le 21/8/2016, mes textes sont originaux et ne doivent plus grand chose aux contes du bouddhisme.
Ils n’en sont pas meilleurs mais m’importent davantage, à tort ou à raison.

Fab 62

L’amour est premier et stérile
Car il est unique et seul
La division est créatrice
Car elle est multiplication
Mais il faut l’arrêter
Sinon elle devient destruction
Son autre nom est la haine
L’amour prend sa seconde forme
De réparateur des pots cassés
Cet amour est toujours efficace
Et toujours raté
Dans le même mouvement
Il réussit et échoue
Aimer c’est tenter d’aimer
L’amour est la plus belle foi qui soit
A vrai dire la seule
Elle nécessite du courage
Et de la constance

Fab 61

Jadis entre Inde et Chine
Un village isolé était matriarcal
Les hommes ignoraient leur rôle dans la fécondation
Les femmes étaient maitresses de leur fécondité
Matrones et matriarches elles régnaient en paix
Perpétuels invités les hommes étaient appréciés
Pour leurs dons sexuels et leurs talents de bricoleurs
Chaque année dans la forêt
Avait lieu une cérémonie nocturne et secrète
En l’honneur de la déesse-mère
Son rôle était joué par une jeune vierge
Vêtue d’habits de soie
Les femmes dansaient chantaient toute la nuit
Personne ne racontait ce qui s’était passé
Des hommes étrangers
Brûlèrent pillèrent violèrent
Tuèrent les hommes pour prendre leur place
Et la rendre hégémonique
La société matriarcale disparut à jamais
On raconte cependant que des femmes
Qu’on appelle sorcières
Célèbrent chaque année dans la forêt
Le culte de la déesse-mère

Fab 60

J’aime ce que je ne suis pas
Ce qu’on est on ne l’aime pas
On accepte de l’être
je me sens très homme
J’aime la femme le féminin
Pour moi la fécondité la fertilité
Mais aussi le feu qui rend fou
Il y a quelque chose de mystique dans mon attitude
Heureusement je la vis au quotidien
Ma vie s’inscrit entre ma mère ma femme ma fille
Mais elle est vouée aussi à l’idée
L’idée et l’idéal
Qui n’ont pas de sexe en principe