L’hypocrisie est hommage au cynisme
Elle dit tout bas ce que le cynisme
Proclame tout haut
L’hypocrisie est un travail d’acteur
Nous jouons tous un rôle
Le mieux est qu’il soit le nôtre
L’hypocrisie est politesse
Elle est la principale vertu sociale
Au niveau des manières
Chères à Montesquieu
Il faut respecter l’ordre de l’autre
Ne pas lui faire peur
Ne pas l’intimider
Surtout il ne faut pas l’humilier
Ne pas le déranger
On n’en ressent pas moins de fortes émotions
Complétant l’hypocrisie
La flatterie est un art
T.W.R. 21
J’ai presque tous les défauts du monde
Mais à dose homéopathique
Je suis vaniteux
Egoïste méchant à petite dose
Le principal de mes vices est la paresse
Elle a le mérite d’atténuer mes défauts
Je suis trop paresseux pour faire le mal
J’ai peut-être une qualité
Je me suis appliqué la loi des avantages comparatifs de Ricardo
Je me suis probablement spécialisé
Dans un domaine où j’avais sans doute quelque talent
En tout cas plus que dans les autres
Même si je n’y étais pas si mauvais
La poésie est pour moi un violon d’Ingres
Le problème est que ma spécialité est une non-spécialité
Une spécialité inter-disciplinaire
Qu’aucune discipline ne reconnait vraiment
Un paradoxe final : je suis vaniteux et modeste
je suis fier d’être modeste
Voir l’article du 7/3/2013 : « L’intérêt bien compris »
A.B.I. 5 : 1961-Le mariage
Voir le 3/7/2016
1961 : le mariage
Nous allons fêter le 12 juillet 2016 nos cinquante-cinq années de mariage. Rappelons que nous avons publié un livre sur cette expérience : « Un couple libre », Harmattan, Paris, 2015.
Nous nous sommes donc mariés le 12 juillet 1961 à la mairie du 17° arrondissement de Paris. Nous habitions dans ce quartier, mais c’est du côté de la place de la République que nous nous sommes rencontrés en tant que militants du P.S.A., précurseur du P.S.U., l’autonome avant l’unifié.
Cette rencontre, en octobre 1960, fut décisive, pas seulement parce qu’elle unissait deux jeunes gens, mais parce qu’ils avaient un idéal en commun.
Par contre tout les oppose à d’autres niveaux : autant Guy est lent, abstrait, voire théoricien, autant Régine est concrète, pragmatique, positiviste. L’opposition est source de dialogue.
A la fin de 1961, après un beau voyage de noces en Grèce antique, je me pensais poète alors que j’étais censé préparer l’agrégation. Principalement j’allais du poème d’amour à la poésie mallarméenne.
De plus j’avais terminé Sciences Po, l’institut d’études politiques de Paris.
Depuis 1958 j’étais maître auxiliaire, en histoire évidemment ainsi qu’en géographie.
Héraclite 9 : extroduction
Nous avons consacré huit articles à la découverte d’Héraclite. Il est pour nous le philosophe du temps, donc de l’histoire.
Nous l’avons associé au sens commun. Nous vous réclamons nous-mêmes d’un gros bon sens commun.
C’est là où le bat blesse. Héraclite est le philosophe de la banalité. Nous naissons, nous vivons, nous mourons. Tout apparait, existe, disparait.
Cette banalité de base est partagée par tous. Parménide lui-même savait bien qu’il était mortel.
Il est archi-compréhensible que les philosophes ultérieurs aient essayé de bâtir des monuments de réflexion hors de cette banalité de base afin de nous aider à penser, Platon fut le premier, afin de nous aider à vivre, les stoïciens et les épicuriens montrèrent la voie morale.
La diversité des philosophies appartient au patrimoine humain. Un retour à Héraclite s’impose
de temps à autre. Il est bon d’en sortir, d’où cette extroduction.
Un dernier mot, celui de divin qui pose problème à certains. Chez moi le divin n’a rien de religieux même s’il en explique l’une des origines chez l’animal religieux qu’est à bien des égards l’être humain. Non, le divin désigne ce qui dans l’expérience humaine dépasse celle-ci, est secret et mystérieux sans faire appel à quelque dieu que ce soit.
A.B.I. 4 : 1955
Voir le 1/7/2016
1955 : L’année du bac
j’avais pris l’habitude de préparer l’année scolaire pendant les vacances d’été. C’est alors que j’ai découvert Spinoza. Ce fut un moment merveilleux.
Pendant l’année je me suis intéressé à Platon, Descartes, Bergson.
J’ai découvert la philosophie de l’histoire de Toynbee, sa règle du défi-riposte. J’ai alors décidé de consacrer ma recherche à la sociologie historique, ce que je disais être un terme moderne pour philosophie de l’histoire !
J’avais fait toute ma scolarité au lycée Carnot. A l’automne j’ai intégré la classe de Lettres Supérieures, soit l’hypokhagne, du lycée Louis-le -Grand. J’ai aussi adhéré au parti socialiste d’alors, la S.F.I.O., section française de l’internationale ouvrière.
Je voulais être le plus à gauche possible sans tomber dans le sectarisme du parti communiste. En 1956 j’ai publié mon premier et dernier article politique dans C.S.I., Correspondance Socialiste Internationale, la revue de Marceau Pivert, représentant éminent de la Gauche socialiste.
Malheureusement, dès février 1956, le gouvernement socialiste de Guy Mollet adoptait la ligne de la guerre en Algérie. J’ai refusé cette ligne. A dix-huit ans je me radicalisais. Je me dis parfois que j’aurais mieux fait de conserver mon choix réformiste de 1955.
J’étais de gauche parce que j’étais fils de pauvre et que je souhaitais qu’il n’y ait plus de pauvres.
Rocard
Michel Rocard nous a quittés. Nous le regrettons déjà. Sans que nous soyons toujours d’accord avec lui, il nous a servi de boussole pendant plus de cinquante ans. Nous l’avons rencontré au P.S.U..
Il était, après Pierre Mendès-France, le leader de la deuxième Gauche, celle qui se veut réaliste et moderne, la révolution étant pour un temps impossible.
Manuel Valls est son héritier. Mais la difficile phase actuelle le rend plus proche de son autre maître, Clemenceau, l’autoritaire briseur de grèves.
Il est à espérer que Valls retrouve bientôt et pleinement le modèle offert par Michel Rocard.
Héraclite 8 et fin
Ce texte est original par rapport aux autres adaptations d’Héraclite dont il s’inspire :
L’unité vient de l’amour
La multiplicité vient de la haine
Nous cherchons l’unité de la multiplicité
Par exemple du sensible et de l’intelligible
L’unité, l’universel n’appartiennent à personne
L’humain cherche l’invisible à partir du visible
Il n’y a d’harmonie que des contraires
La vérité a besoin de l’éloquence qui la travestit
La création humaine nécessite un brin de folie
Aucun humain ne connait tout, ni le tout, toute chose, ni l’unité de tout
Nous sommes présents et absents
Nous avons besoin de mesure et de modération
Le sage uni à tout risque d’être séparé de tous
L’unité est partout et nulle part
La vérité intérieure se contente de peu
Tout est énergie
L’infime est aussi nécessaire que l’infini
L’infime est un infini
Tout est progrès et regrès
Pas d’amour sans haine
Si le monde était statique, les essences seraient irréductibles
Dans un monde dynamique elles se mêlent les unes aux autres
Sois éclectique
Tu ne trouveras peut-être pas l’unité de tout
Tu trouveras peut-être l’unité de ta diversité
T.W.R.20
Régine enfant terrible
Ecrase tes démons
Gère au mieux notre destin commun
Impériale tu n’es pas impérialiste
Ne cache pas ton jeu
Enflamme les esprits
T.W.R.19
Je suis qui je suis
je suis ce que je suis
Je suis attiré par ce que je ne suis pas
Je suis un homme attiré par la femme
Je suis un homme attiré par l’animal
Je suis attiré par le monde anglo-saxon qui ne veut pas de moi
je reste trop cartésien avec mon gros bon sens commun
Je est donc je hais
Je hais la haine
Dont je sais l’importance
Je hais ce que je suis
Peu attentif peu attentionné
Paresseux en diable
Banal à pleurer
J’assume ce que je suis
Avec mes limites
Je suis con
Moins que d’autres
Je suis banal et j’en suis fier
T.W.R.18
Lisse et limpide
Le cri s’évapore
Je suis modeste
La modestie m’étouffe
J’ai presque honte d’être modeste
Je ne peux pas m’empêcher de l’être
La modestie est à consommer avec modération
La modestie n’est pas qu’un obstacle à la vanité
Elle est aussi un obstacle à la réussite
je suis modeste donc je ne suis guère
Je suis de condition modeste
La vie s’en va
Lente et démesurée
P.S. : Régine me dit 1) que je ne suis pas si modeste que ça
2) Qu’il n’y a pas de honte à être modeste