Tu as lu toute la journée
Le soir tu t’es couchée toute nue
Toute seule
Je suis sûr que tu as pensé à moi
Que j’étais trop timide
En tout cas réservé
Tout te pèse quand je ne suis pas là
Tout au moins c’est ce que je crois
En fait tu m’as avoué
Que tu pensais à ce que tu avais lu
Toute la journée
K.Y.R.98
Le passé !
Tu as un passé toi aussi
Un grand et long passé
De soleils et de nuits
D’ombres petites
Dont la cause est grande
Sans oublier tes multiples visions
Je ne suis rien
Au coeur de ton monde
Tu fus cette petite fille
Qui brille sur cette photographie
Tu fus pareille à ce portrait
Où tu n’es même pas jolie
En ce temps-là à quoi pensais-tu
Alors que tu ne me connaissais pas ?
K.Y.R.97
Tu t’enfuis
Excuse-moi
Je n’ai pas compris ton trouble
Du à ta timidité
Reviens
Chaque jour j’essaie
De mieux te comprendre
C’est uniquement sur moi
Que devraient se déverser mes colères
Ne crois surtout pas
Que ton coeur soit sans récompense
Ton coeur et ton esprit
Tu es certes un peu folle
Mais moi je suis presque gogol
C’est de mon insuffisance
Que je t’en veux
Ris ! Tu ris !
C’est le plus beau jour de ma vie
En principe je ne fais rire personne
Faute d’humour et d’esprit
K.Y.R.96
Je vous aime femmes de qualité
Vous êtes nombreuses
Qu’on regarde dans les yeux
J’ai du mérite je crois
Je suis très masculin
Je suis mâle avant tout
Spécialiste de l’abstraction
Loin de vos émotions
Toi je t’aime je t’aime
Même si tu me rends fou parfois
Je dis des mots toujours les mêmes
Si j’avais le talent du poète !
Les baisers les étreintes ne suffisent pas
J’étouffe en un sanglot
Dois-je me répéter sans cesse ?
Je t’aime je t’aime je t’aime
K.Y.R.95
« Tu parais bien dubitatif »
Je ne doute pas de toi
Le doute est pour moi un outil
Le plus utile de tous
Je ne doute pas de toi
Tu es ma princesse du coeur et de l’esprit
Tu as même atteint mon âme
Ne tremble pas d’être vue
Même le noir est joyeux sur toi
En dépit de ton âge
Tu es mignonne et pimpante
Tu connais à présent
Ce que ta mère n’a jamais su
Elle avait pourtant beaucoup de talent
K.Y.R.94
Ma maison est vide ma maison est morte
On n’y aperçoit plus de petit animal à poil doux
On n’y voit plus d’yeux d’enfants
On n’y entend plus le ramage des femmes
Tout est superflu
Le temps a desséché mes amours
Mes amis ne sont plus des amis
Les plus proches sont heureux au loin à leur manière
A qui donner les poèmes que j’écris ?
Je prends la route dont je sais qu’elle ne mène à rien
Une ombre sur le chemin
Une fragile silhouette
Une femme habillée de bleu
Elle vient à moi
« Comment ça va ce matin ? »
K.Y.R.93
Sous le feuillage vert
Du printemps messager de l’été
Il fait bleu dans mon esprit
Et dans le ciel aussi
Bleu de virginité féconde
Un nain au bonnet rouge
Sort du bouge de son espèce
Réfugiée sous la terre
Il danse et lance des pierres
Blanches noires
Je ris tu ris nous rions
Le bonheur
Par chance et par choix
A toutes les couleurs
K.Y.R.92
A la fois tout le monde et personne
Notre destinée historique est pathétique
On ne s’en sort pas en pillant en brûlant
En violant en tuant
je vous ai trop vus amis périmés
Je suis obligé de sortir du labyrinthe
Dont vous êtes les complices à votre insu
C’est inutile et dangereux Je le sais
je suis heureux un instant
Maintenant je vous rejoins
Amis de tous les jours
J’aurais voulu offrir aux dieux inconnus
Une place nette
Par malheur ou par bonheur ils n’existent pas
Mon coeur est surchargé parfois écrasé
Mon âme dans mes tréfonds reste libre
Nue lavée du souvenir
Dans des chambres désertes
Elle court vers toi
Amour
K.Y.R.91
Je bannis la haine et le mépris
En vain je le sais
La haine est l’ombre de l’amour
Le mépris court dans nos veines
Témoin du conflit perpétuel
De l’humain contre lui-même
Pour exister autant qu’il est possible
Il faut se débarrasser des livres
Qui nous ont tant appris
il faut sortir du souterrain
Qu’est tout savoir
Pour accéder enfin
 l’air libre
Au soleil de la connaissance
En gardant une éternelle reconnaissance
Pour le chemin tortueux
Semé de criminelles embuches
Qu’il était nécessaire d’emprunter
K.Y.R.90
Je suis un Cupidon
Qui envoie ses flèches
Sur lui-même
Je voulais aimer et j’ai aimé
Le reste n’a pas beaucoup d’importance
Mon passé cherche à m’étouffer
Je suis fait de toi
Passé fade passé griffades
Passé tendre
Tu m’habites j’y consens
Dans les cryptes de ma mémoire
je te laisse déchiffrer les grimoires
Ne farde pas les vieilles aventures
Je te laisse à ta tâche d’embaumeur
Mais poursuis-la dans l’ombre
Je débarrasse les tiroirs
Je jette les portraits
Je brûle les lettres
je secoue ta cendre au dessus de la mer
Sur laquelle brille le soleil
L’astre de l’éternel présent