F.A.N.86

Le silence est un désert
le désert du silence
Dans la coupe d’or
Tu verses l’élixir
Mon crâne servira-t-il de pelle
 la terre ?
Nous lançons une clameur
Les miroirs sont polis
Un chêne vert jettera-t-il son ombre
Sur ma poussière ?
Ta bouche est l’hôpital
Où trouver l’antidote
La possession du champ qu’est le monde
Est précaire
Le dévot égoïste ne veut voit que les défauts
Le feu brûle dans la coupe
Au miroir de l’entendement
Nous nous voyons enfin

F.A.N.85

Tout ira mieux n’en doute pas mon coeur dolent
Ton agitation se calmera avec le temps
N’aie pas de peine
J’ai un coeur et tu es mon coeur
Deux coeurs ne sont pas de trop
N’aie pas de peine
Tes désirs sont déçus
Les miens le sont aussi
N’aie pas de peine
Ne désespère pas tu n’es pas au courant
Des secrets et des mystères
N’aie pas de peine
Ton asile est peu sûr le but encore lointain
Sache que finiront la route et ton tourment
N’aie pas de peine
Tu aimes la mer les chats les chiens et les oiseaux
Tu as peur des insectes volants
Tes sens se renouvellent dans la ronde du temps
N’aie pas de peine

F.A.N.84

Tu as droit à tes colères
N’en abuse pas elles peuvent faire mal
Il y a plus grave
Elles peuvent t’abimer
Tu prends trop ton agressivité
Pour de l’humour
Cent peines il te faudra souffrir
Sans guérir
Mais tu es un oiseau de paradis
Tu te protèges
Le trésor de ton âme nous sert
Dans le bon sommeil du matin
Tu n’entends pas l’aube gémir
La lune éclairait ton visage
La colère te fonde certes
Elle n’est pas seule

F.A.N.83

Parmi les commandements
Il y a celui de ne pas me mentir
Echapperas-tu à ta propre duplicité
Celle de ta petite histoire
Une longue nuit de séparation
Son récit tiendrait sur une page
Tu ignores que ton trésor
Ne s’atteint pas grâce à ton seul effort
Bêtement tu t’en remets au sort
A ce que tu appelles Destin
Sois patient sois actif
Le mal s’en va
De la poussière de ton corps
Lèveront mille tulipes

F.A.N.82

L’âme n’existe pas sans le corps
A vrai dire elle n’existe pas
C’est une question sans réponse
Si elle montrait son visage
Nous serions étonnés
Le voeu des indigents ne sera pas comblé
Par cette bouche
Sens-tu pourtant ton corps s’animer ?
T’émeus-tu au zéphyr caressant
Les grappes de jacinthes
Parmi les roses ?

F.A.N.81

Si le coeur prend sa retraite
C’est une mort
Si le coeur bat en retraite
C’est une petite mort
Avec l’adversaire le coeur ne fait pas bon ménage
L’ange ne peut advenir que si le démon sort
Le séjour près des ambitieux des riches
Des avaricieux est une longue nuit
Cherche le soleil et l’espérance ailleurs
Qui s’endort au bistro en sort ivre au matin
Le rossignol amoureux voit les fleurs éclore
Et verdir le jardin
Ton insouciance fait parfois plaisir

F.A.N.80

Les poèmes se tiennent en amont
Ils ne parlent pas de tes tracas quotidiens
Qui t’importent tant
Parfois tu ne vois plus qu’eux
Les poèmes sont plus près de la Source
De toute vie et de tous les sens
L’Espace et le Temps ne sont rien
En amont de l’amont il n’y a Rien
Ta vie est coquette vieille fourbe
Sois présent à ton aval
Elle partira bientôt d’un air finaud
Absorbe le temps qui passe
Prends le sucre et le sel
Le froid et le chaud
La brise printanière et ses papillons
Portent le pollen et la rosée
Jusqu’aux calices des tulipes

F.A.N.79

Tu ne sais pas de quoi je parle
Tu as ton chemin à faire
Où est la source de sagesse ?
Il n’y a pas de sagesse
Une source donne un fleuve
Au nom de la Duplicité de l’Histoire
Ta divinité suprême
Faite de nos tracas quotidiens
Il est banal que tu te perdes
Ne passe pas trop de temps à ne rien faire
Tu arriveras à l’auberge
Au Bistro du bon coeur

F.A.N.78

Je suis épris de toi comme au premier jour
Plus qu’alors je te connais mieux
Tu me surprends tous les jours
Je ne veux pas être homme d’esprit
Je veux être amoureux
Je pense être à bon port
Mon chemin n’est pas pompeux
Je le célèbre avec flamme
Nous sommes des étrangers ignorants
Des coeurs perdus
Nous nous devons assistance

F.A.N.77

Autrefois j’eus moi-même un coeur
Je lui parlais à tout moment
Si je tombais dans le tourbillon du malheur
Il me redonnait l’espoir du rivage
Au quartier de mon coeur
Je me reposais enfin
La frustration dans l’art est nécessaire
Je fus sagace jadis
Il faut que de nouveau j’apprenne
La poésie de l’amour
J’ai de nouveau mes quartiers
En son jardin