O.K.20

Tandis que le cheval chevauchait le jour
Le limaçon mangeait un bout de tonnerre
Le lion dormait sous la surveillance des blés
Dans le salon de l’aube réjouissante
Où gars et filles triomphent à l’aise
Tandis que les oies crient leur colère

Je suis Français

Je suis Français et fier de l’être. je suis même un Français de souche comme on dit. Je suis né à Paris d’une famille entièrement française. Mes parents venaient de Boulogne-sur-mer dans le Pas-de Calais.
Je pense que l’on doit être fier de ses origines quelles qu’elles soient. C’est un viatique.
A quatorze ans j’étais chauvin. Je pensais même que les Français avaient tout inventé. J’en ai rabattu depuis.
J’aime passionnément la France. C’est ma seconde mère. Elle m’a tout donné et d’abord la seule langue que je parle, le français.
La France est une nation. Ce n’est pas un peuple. Ses composantes sont trop diverses, de la Flandre au pays basque, de l’Alsace à la Bretagne.
Alors qu’un peuple est une donnée en-soi, une évidence objective, la nation est un pour-soi qui demande une conscience, une prise de conscience et d’abord par une histoire commune. La France a plus de mille ans.
D’abord fait des rois, puis des révolutions et de la république, la France s’est faite par l’Etat. Elle dépend beaucoup de la force de ses institutions.
Ce pays singulièrement divers pour une taille réduite dépend beaucoup d’une autorité supérieure, ce qui n’empêche pas de forts sentiments libertaires. La France est un pays de mécontents.
Ce pays, réalité objectivement géographique, est fait de plusieurs centaines de petits pays.
Diversité toujours qui va grandissant, grâce à l’Outremer, aux nouveaux immigrés, contrairement à l’uniformisation relative du monde moderne.
Telle qu’elle est, la France a donné au monde une culture d’une grande beauté
qui rayonne toujours entre catholicisme foncier et culte de l’humanité.
La France est pour moi une belle femme à la poitrine généreuse. Je ne suis pas le seul.
Précisons enfin que je suis patriote : « pas touche à la France ». Je ne suis en aucun cas nationaliste.

Variations sur les rois

Le roi est nu ! Vive le roi !
On n’est jamais que le roi des cons
Le roi est mort ! Vive la mort !
Les rois sont forts de notre faiblesse
L’Angleterre et la France sont régicides
Le roi règne et ne gouverne pas
Les rois ne sont pas comme les autres hommes
Un roi mort est plus grand que vivant

La conscience du subconscient

Le subconscient se présente comme un tas de petites boules malodorantes qui éclatent régulièrement dans la conscience.
Le subconscient c’est aussi notre passé tout entier qui nous accompagne comme la mémoire chez Bergson.
Le subconscient, c’est encore des rivières souterraines, une étrange nappe phréatique. Ce subconscient là est inconscient, il agit indirectement. Il a ses sources dans le ventre de la mère, la naissance, la petite enfance… Certains l’appellent Inconscient. A mon avis ils ont tort de substantiver un privatif, l’in-conscient, le non-conscient, et d’en parler comme s’ils y connaissaient quelque chose.
Face à cette ribambelle de phénomènes complexes et compliqués, il est essentiel de ne pas se laisser aller, de ne pas être superficiel en se croyant profond, de ne pas être sans cesse ramené vers le bas. Il est indispensable d’avoir un sursaut de conscience.
La conscience n’est pas très à la mode en ce moment. Elle est plus nécessaire que jamais.
Ne nous laissons pas aller à nos méchantes petites pulsions, à nos tics et nos tocs, nos troubles obsessionnels compulsifs. La réalité se présente à nous nue, à nu ? Rhabillons la vite fait.

La part homosexuelle de mon hétérosexualité

Mon hétérosexualité a un fort aspect homosexuel. La femme n’est pas pour moi l’altérité, l’autre par essence. Mon épouse est pour moi le petit copain noir, dur et pur dont j’ai absolument besoin, mon compagnon de luttes.
Mais cela n’enlève rien de la féminité magnifique. Pour moi c’est en étant différente que la femme est un homme.
Je n’ai jamais cherché la Femme Femme, débordante de ses seins et de ses fesses, aspirant ses hormones, suscitant désirs sauvages et amours folles. A vrai dire je n’ai jamais rencontré une telle femme.
J’aime les seins et le cul de Régine, lequel fut selon moi l’un des plus beaux de Paris, j’adore l’orifice sacré, la chatte magique, l’origine de l’humanité. Je pense que mon rapport avec mon épouse est souvent d’amitié plus que d’amour, plus réfléchi, plus volontaire, fondé sur un idéal commun.
C’est en étant différente que la femme est un homme.
Rappelons que je ne parle que par hypothèses. Celles que je présente dans ce court article, je les ai vérifiées. Il y a certainement d’autres choses à dire.

Le roman de Sue

Ce petit texte doit être pris comme l’amorce d’un roman que je n’écrirai jamais :
Sue était extraordinairement fière de sa licence d’allemand, en partie parce que personne dans sa famille de condition modeste n’était germanophone.
Sur les bancs de la faculté Sue fit la connaissance d’un jeune homme brillant et très homosexuel. Ils étaient tous les deux catholiques.
Ils montèrent à Paris. Sue vécut de petits boulots de secrétariat. Elle habitait un minuscule appartement en co-location avec une copine.
Dans un séminaire littéraire elle rencontra un jeune intellectuel voué à un succès éphémère. Elle lui confia rapidement qu’elle avait davantage d’estime spirituelle pour son homosexuel, étant tous deux disciples de Foucault. Elle lui dit également qu’elle avait rencontré un entrepreneur de pompes funèbres, « le seul homme à satisfaire deux femmes en même temps »
Sue rencontra des dirigeants de la célèbre maison d’édition « Les Entrées ». L’un d’eux la baisa dans son bureau, la battit, éclata en sanglots pour finir. Sue rêva de diriger une collection.
Elle se prostitua occasionnellement avec un voisin septuagénaire, très gentil.
Elle rencontra un séduisant fils de famille, enfant unique, qui s’était juré de ne jamais travailler. Ils se marièrent. L’argent des parents étant moindre que prévu, ils s’établirent dans la province de Sue.
Elle trouva un poste de secrétaire de direction. Elle eut elle-même une secrétaire. Heureusement car Sue était fière de ne rien comprendre à l’informatique.
Sue donna naissance à deux enfants, une fille et un garçon. Elle établit de bonnes relations avec le curé du patelin. L’ami homo et deux ou trois copines la visitaient régulièrement.
Elle entreprit d’écrire ses mémoires. Elle se jugeait toujours fine lettrée. Elle était heureuse.

Méfiez-vous des Mol

Les Mol sont doux, affables, avenants. Ils sont discrets. Leur relative déficience intellectuelle n’est pas un problème. Ils sont modestes ou du moins ont un comportement tel.
Les Chtous sont arrogants. Ils ne cachent pas leurs prétentions , leurs ambitions. Ils suscitent aisément la méfiance.
Les Mol sont aidés par la médiocrité générale des institutions, des organisations. Ils arrivent haut. Ils poignardent dans le dos. La plupart d’entre nous ont été victimes d’un Mol qu’ils croyaient être un ami.
Le Mol garde le sourire. Il est fréquent qu’il tue en série.
Continuez à isoler les Chtous. Mais méfiez-vous des Mol.

La guerre des femmes

La religion n’est souvent qu’un prétexte, un subterfuge qui dissimule des intérêts bien réels.
L’islamisme radical cache une volonté meurtrière, l’asservissement de la femme. Celle-ci n’a droit à rien sinon à procréer souvent après avoir été violée.
Même dans l’ouest des Etats-Unis, pour des raisons chrétiennes cette fois, des tendances dangereuses se manifestent.
La lutte des classes continue de plus belle. Mais elle est généralement pacifique. Nul n’a trouvé le moyen de faire disparaitre le capital financier dans de bonnes conditions, à moins d’imiter la Corée du Nord, son communisme patriarcal.
Ce que nous appelions dans les années soixante-dix du XX° siècle les fronts secondaires sont devenus les fronts principaux : l’écologie, mot neuf à l’époque dans son sens politique, et le statut de la femme. Le M.L.F. a été créé en France en 1970.
Quand on leur en donne les moyens, en particulier l’éducation, les femmes montrent de grandes qualités. Elles sont même supérieures dans leur ensemble dans les études.
Il ne s’agit pas de décider de quoique ce soit sur le fond. L’important, c’est l’égalité des chances.
La chance des hommes de sexe masculin est que les femmes donnent naissance à des garçons et qu’elles aiment bien les hommes.
La condition féminine a trop évolué dans les pays les plus développés pour qu’un retour en arrière soit possible.
Certaines traditions détestables ont la vie dure. Nombreuses sont les Algériennes qui pensent qu’un mari a le droit de battre sa femme.
Le combat continue. Il est dur au quotidien, il parait interminable…
La cause des femmes est celle de l’humanité.

Le déterminisme n’est pas fatalité

Le passé n’est pas une fatalité. Pourtant il apparait tel. Il apparait destin inexorable parce qu’on ne peut pas le changer.
Il convient de se souvenir que le passé aurait pu être autre. De même notre présent incertain conduit à un avenir plus incertain encore. Nous ne maîtrisons même pas le futur le plus proche.
Cependant, si nous essayons de changer le passé, à la manière de Grousset, nous rencontrons de robustes résistances. Le déterminisme ne se laisse pas faire facilement.
Un exemple : contrairement à Grousset, il est difficile de penser que la démocratie athénienne du temps de Périclès pouvait s’empêcher d’être impérialiste et ainsi creuser dans le même temps son triomphe et sa chute.
Par contre est-il impossible d’imaginer qu’il s’en est fallu de peu pour que les cités grecques s’unissent le minimum nécessaire pour contrecarrer les ambitions du roi de Macédoine, Philippe ?
Le passé a la vie dure et le devoir des historiens est de le reconstituer dans son intégralité présumée. Il n’est pas de chercher des alternatives éventuelles.
Les choses s’améliorent quelque peu quand on ne sait pas trop ce qui s »est passé. Par exemple pour les Indo-européens, au coeur de l’Eurasie, à la fin du III° millénaire avant le Christ ?
Prenons un exemple plus récent : si Louis XVI avait été plus intelligent, plus informé, en particulier sur l’Angleterre, peut-être aurait-il choisi, après le succès de la fête de la fraternité, le 14 juillet 1790, la voie constitutionnelle ? Mais avec des si on mettrait Paris dans une bouteille !
Le passé obéit à des lois, certes difficiles à déceler. Il n’y a pas de hasard pur. La solution la plus fréquente pour l’histoire des historiens : mettre en valeur des aspects sous-estimés de l’Histoire. Par exemple, naguère, la vie des paysans en France au XVII° siècle … Plus proche de nous : l’histoire des femmes, illustrée en France par Michelle Perrot.
Une autre : mettre à jour des structures. Rappelons que l’apport des différentes sciences peut être utile et même déterminant. Exemples : l’examen des cadavres, l’évolution du climat, les structures de l’imaginaire…
L’historien doit vérifier et vérifier encore, d’abord ses sources, ensuite son langage, enfin ses raisonnements.

Doute et Histoire

J’ai abordé la question fondamentale du doute le 7/01/2016, puis le 16/01/2016.
Aujourd’hui, le 26/01/2016, je voudrais poser et poser seulement le problème, plus crucial que tous, du Doute dans l’Histoire.
Nous ne connaissons l’Histoire que grâce au travail patient des historiens. Un premier doute s’insinue : quel rapport entre les publications des historiens, généralement professionnels, et la vérité de l’Histoire?
Sur quoi travaillent les historiens ? Sur des archives. Quelle est la valeur de ces documents ?
Les historiens relatent des faits ? Comment traduire dans un langage d’aujourd’hui des faits anciens, pris dans un autre langage même quand ils sont relativement récents ?
Ces faits sont sélectionnés a priori par les archives et a posteriori par l’analyse des historiens.
Or tout est histoire. Le fait le plus minime appartient à l’Histoire. Tous les faits sont historiques. L’historien trie sans relâche.
Il s’essaie aux statistiques. L’histoire quantitative apparait. Certains faits en deviennent symboliques. Une vérité partielle devient générale.
On ne peut rien sans l’historien. Le travail des historiens est salutaire, indispensable. De lui dépendent nos maigres connaissances.
L’histoire comparative est peu développée, l’histoire comparée de sociétés différentes.
Pourtant, comme dans toute science, il serait bon de généraliser et de découvrir quelques concepts. On devine que cette opération est encore plus délicate que la précédente. La synthèse est plus difficile et contestable que l’analyse.
Elle est d’autant plus contestable que tous les faits historiques sont singuliers.
Tout historien a ses opinons, ses pré-jugés, ses pré-supposés, il n’est pas sur qu’il s’en débarrasse au cours de son opération à caractère scientifique.
Le travail de l’historien est pris lui-même dans l’Histoire. Fondamentalement empirique, il nous ramène aux fondements de la scientificité dont le doute.
Notre vie n’est qu’Histoire. Elle est donc dubitative.