La vidéo des Dhoquois

La vidéo des Dhoquois Guy et Régine est disponible sur Facebook au nom de Guy Dhoquois pour la promotion de leur livre « Un couple libre ». Elle est courte et joyeuse.

Régine Dhoquois-Cohen et Guy Dhoquois, « Un couple libre », Harmattan, Paris, novembre 2015.

Les amis des Dhoquois sont enthousiastes, ainsi qu’une relation professionnelle et cordiale, la grande historienne Michelle Perrot. Qu’attendez-vous pour lire « Un couple libre » ?

Mots doux

« Je suis con, égoïste, méchant…, hystérique de surcroit ». Du moins si j’en crois les paroles émises dans sa colère par ma chère épouse. Le problème est que je suis bel et bien con, égoïste et méchant. Et bien d’autres choses encore du même acabit. En fait tous les défauts que je constate chez les autres, je les ai. Certes je les cache, je m’en défie, je les amoindris, comme je peux. Ils sont là et bien là. J’essaie d’avoir pour les défauts des autres la même indulgence que pour les miens puisque c’est les mêmes. Je n’y arrive pas tout à fait.

Doute et humour

Le doute, bien conduit, mène à l’humour, devient humour. La vie est humour sans le savoir. L’humour est un comble de conscience qui révèle ce que tout le monde sait sans le savoir.
L’humour sait ce que nous devrions tous savoir : que nous ne tenons pas grand-chose, que nous aurions un grand intérêt à être modestes.
L’humour, dans sa délicatesse, passe nécessairement par le subconscient. Personne ne domine le subconscient. d’où le triste spectacle de ces gens qui se croient drôles alors qu’ils ne sont que sales, agressifs, prétentieux, obsédés par le sexe ou la merde, bêtes…
Le mieux est encore de reconnaître qu’on manque d’humour, ce qui est malheureusement le cas de votre serviteur.
Historiquement l’humour le plus important par le talent et la profondeur me parait être l’humour juif, né en Europe orientale. Il ne faut pas négliger l’humour britannique, en dépit de ses aspects officiels, et encore moins l’humour belge, né dans un petit pays, adepte fréquemment de l’auto-dérision…
En France, nation arrogante, l’esprit régnait encore du temps de Sacha Guitry, pas l’humour. L’esprit qui se raille de l’autre alors que l’humour se moque de lui-même.
Un comble éternel d’humour ? : « La seule chose que je sais est que je ne sais pas », variante sur la pensée de Socrate, le Socrate qui ne sait rien.
Ajoutons : « Je pense, donc je ne suis pas ». Ou encore : « Je panse, donc je suis  »
Humour ? : « J’erre, je pleure pour penser, dans quel état j’erre ? »
L’humour n’est pas tenu d’être drôle, ni de respecter la syntaxe.
L’humour peut être étrange, loufoque… et même « l’anche du bizarche »… Il finit par toucher au « non-sens », l’ange du bizarre.
Moins absurde : « Je lis et je lie, je relis, je relie, c’est ma religion »…
Perle d’humour italien : « je sais ce que je suis » ( Vittorio de Sica, dans « Pain, amour et … ). Je suis qui je suis et non ce que je suis ? Ceux que je suis ??
Cerise sur le gateau : « Je suis moi, je viens de chez moi et j’y retourne » ( Pierre Dac ).
« Je ris, donc je suis ». Que signifie « Je suis ? » : « J’existe ? », « Je suis une essence ? » ou, en anglais, « I follow ? »

« Un couple libre »

On ne doit pas se tromper sur cette « autobiographie conjointe » : « Un couple libre », dernière oeuvre du couple Régine et Guy Dhoquois, PLUS DE DIX ANS après leur « Militant contradictoire. Elle est sérieuse, un témoignage estimable sur soixante-dix ans d’histoire, sur un engagement vital, politique, idéologique et surtout moral.
Mais elle est aussi joyeuse. Cette oeuvre s’est voulue pudique tout en racontant des expériences qui ne le sont pas.
Elle témoigne d’une véritable « révolution tranquille », selon deux témoignages d’amies. Elle sort d’un véritable Moyen-äge pour entrer dans le monde le plus moderne.
Les deux auteurs sont fiers de présenter cet ouvrage écrit avec une grande spontanéité.

P;S; : RÉGINE DHOQUOIS-COHEN ET GUY DHOQUOIS, UN COUPLE LIBRE, HARMATTAN, PARIS, 106 PAGES, 13 EUROS.

Quelques devises actives

Le soleil donne la lumière, obsession du grand Turner.
Beaucoup d’entre nous ont une telle obsession.
Parmi les miennes, celle de mes vingt ans que j’ai pieusement conservée : « Tout est complexe et contradictoire ».
Celle de mes soixante ans : « Elan et discipline ».
Comme tout est complexe et contradictoire, nous ne sommes pas étonnés de découvrir l’élan dans la discipline et la discipline dans l’élan.
Ajoutons : « Pour aimer il faut aimer l’amour »
Et encore : « Rien ne t’est du »
« On ne connait rien a priori »
« De la modération avant toute chose »
« Respecte les faits. Tous les faits sont historiques »
« Ne nie rien de la réalité »
« Révolte-toi contre ce qui est injuste, pas contre ce qui est juste »
« C’est l’ordinaire qui est extraordinaire »
« Faute d’être universel, sois éclectique »
« Vérifie et vérifie encore »
« Dans le doute agis »
« Préfère l’amour à la haine »

Chiffres sans Chiffre : essai de numérologie sacrée

Nous pouvons nous jouer des chiffres, les chiffres se jouent de nous tant que nous ne disposons pas du Chiffre, clef de tous les chiffres et les nombres.
Nous pouvons admettre que beaucoup de monothéistes aient, le sachant ne le sachant pas, le fétichisme de l’Un. L’Un ne peut être que transcendant.
Les manichéens, eux, divisent le monde en deux, par l’opposition du bien et du mal.
Les chrétiens voient le monde en trois, le troisième terme n’est pas la synthèse des deux autres, mais leur prolongement nécessaire.
Les premiers monothéistes sont sémites, les derniers sont indo-européens qui, selon Georges Dumézil, voient le monde en trois.
Ceci dit, les premiers dualistes ont été les Iraniens, indo-européens.
D’autres Indo-européens, les Indiens, sont partis d’une triade primitive pour une extraordinaire luxuriance, l’hindouisme, capable d’ascèses extrêmes et de réflexions profondes, et d’une multitude de mythes dont certains ont donné naissance à des épopées sacrées. A l’hindouisme je suis tenté d’attribuer le chiffre Trois +++
Face à cette prodigalité, le bouddhisme a opposé en Inde son abstinence, sa quête du vide, essence insignifiante des choses. Le bouddhisme ou la découverte du Zéro. Le zéro mathématique a été inventé longtemps après, mais en Inde. Le bouddhisme continue de lutter contre l’inanité.
Sans doute vraie, cette classification est notoirement insuffisante. L’idéologie, troisième instance du devenir humain, après la Production et le Politique, n’existe pas sans la multitude de ses masques, de ses danses, de ses historiettes, sans ses rites et ses mythes. Classer les idéologies, c’est excessivement les réduire.
L’Idéologie met en avant l’imaginaire. Elle ne dépend plus guère d’un socle matériel comme la Production, réel comme le Politique.
Avant les « civilisés », les « primitifs » se contentaient fort bien de la multiplicité à laquelle nous pouvons attribuer le chiffre Neuf.
A titre personnel j’ai commencé par le Un, celui de Spinoza, j’ai poursuivi par le Trois, celui de la dialectique d’origine hégelienne et marxienne, j’ai abouti au Neuf, le neuf de l’immensité des choses et qui est si proche du Un, celui de l’unité cachée de cette immensité, car le Neuf est proche du Dix qui comporte l’Un !?
L’hindouisme est le seul polythéisme à être resté vivant sur tant de dimensions. Peut-être devrais-je lui attribuer le nombre 3.3=9 ? Le 1 vient après le 9 comme l’Unité suit la Multiplicité.
Le bouddhisme continue de lutter contre l’Inanité, une inanité nécessaire, qui est le fond des choses. Après le Tout de l’hindouisme, le Rien du bouddhisme. Etc…

Les débuts du doute

C’est à dix-sept ans, en classe terminale, que j’ai découvert le doute. Historien par vocation, j’étais passionné par cette discipline nouvelle, la philosophie. Cependant je la trouvais si difficile que je la réservais à mon intimité.
Je l’avais commencée pendant les vacances d’été avec Spinoza qui correspondait à mon désir primitif d’unité. Quelle est l’unité de tout ? Cependant j’ai tout de suite compris que nul n’et tenu d’accepter, en tout ou en partie, les postulats de Spinoza que celui-ci propose sur le modèle d’Euclide, « more geometrico », sur le mode de la géométrie.
En classe de « philo », mon premier « maître en doute » fut Descartes. Son fameux « cogito » ( « cogito, ergo sum », « je pense, donc je suis » ), je l’ai successivement traduit en : « dubito, ergo cogito, ergo sum », je doute, donc je pense, donc je suis, puis en « dubito, ergo sum », je doute, donc je suis.
Bien des années plus tard, j’ai été plus loin dans ma formulation en proposant :  » dubito, ergo ( non ) sum « , je doute, donc je suis, je doute, donc je ne suis pas. J’ai mis cette dernière formule en exergue de mon premier ouvrage, « Pour l’histoire ».
Il ne s’agit pas pour moi de nier l’ambiguïté du doute, image de l’ambiguïté de la vie, ce que j’ai aussi appelé « la duplicité de l’Histoire » ( 2000 ).
Mon deuxième maître en doute fut Pascal que je persiste à mettre au pinacle. Pascal m’a appris comment on peut ériger un dogme à partit du doute. Je l’ai, beaucoup plus tard, appelé un « sceptique croyant ».
Grâce à Pascal, Blaise Pascal, j’ai compris comment, de doutes successifs en doutes successifs, on se voit vivant. On pourrait dire que plus on doute, plus on vit. Faute d’atteindre l’Etre, on vit, reflet humain de l’Etre. En quelque sorte, je doute, donc je vis.
Comment se fait-il que le doute soit tombé sur moi et sur si peu d’autres ? On a remarqué que c’est en termes philosophiques que j’ai découvert le Doute et non en termes scientifiques.
Le doute méthodique, de principalement scientifique, est devenu un art.

Du Doute

Le doute est douteux. Il se mêle de tout et ne mène à rien. Le doute doit donc être raisonné.
Le doute est second. On affirme d’abord, on doute ensuite.
Pourquoi douter ? Parce qu’on n’est sûr de rien.
Bien sûr je ne doute pas sérieusement de mon existence. Mais justement, si je doute, c’est que j’existe. Je doute, donc j’existe.
Mais, si j’existe, il faut bien que je sois. L’existence est selon moi une traduction de l’Etre.
Je doute de toutes ces formules. Le doute ne s’arrête jamais. Je ne parle que par hypothèses.
Cependant il faut agir. L’action, si elle ne supprime pas le doute, le met entre parenthèses.
Pourtant le doute subsiste contre vents et marées. Il en arrive à un point tel que je suis tenté de dire : la seule chose que je sais, c’est que je ne sais rien. Formule que je dois à Socrate, un autre de mes maîtres.
Je ne sais rien. Mais je vis, je me débrouille. A défaut de savoir, je connais quelque chose. Le doute est nécessaire pour me faire avancer à mes risques et périls. Il s’agit du doute méthodique à la base de toute recherche scientifique sans compter la multitude des découvertes techniques.
Le doute est aussi multiple que l’être humain lui-même. Il peut être affectif, dépressif. Il peut être à la pointe de l’esprit. Il peut être la pointe de l’esprit lui-même.

F

Je choisis le Feu à l’instar de l’un de mes maîtres, Héraclite, le feu du mouvement, du temps, le feu qui brûle dans mon for intérieur.
J’attribue l’air et le ciel à Platon, la terre à Aristote. Je laisse l’eau, le quatrième et dernier principe, à tous; dernier et non des moindres. J’attribuerai peut-être l’eau à Spinoza, le philosophe-océan.
Bien peu nombreux sont ceux qui choisissent le feu.
Mon feu est aussi celui de Pascal. Au fond des raisonnements, éventuellement sceptiques, le FEU mystique de l’Etre, unique moteur du temps.
Je choisis FE, non pas tellement comme fer, mais comme femme et fécondité.
J’aime la femme, je l’avoue, je n’en ai aucune honte.
F, FE, FEU, feulements, feutre, ??? Comme en numérologie, on ne peut aller trop loin dans le jeu des mots et des lettres.
FÉCONDITÉ TON NOM EST FEMME

Aide-mémoire géographique

L’Islande est isolée
Le Groenland redevient vert
Le Labrador est un gros chien qui dort
Terre-Neuve n’et pas nouvelle
La Floride est un pic qui déchire l’Atlantique
Les Antilles sont émeraudes éparses sur l’océan
La Terre de Feu rejoint le cap Horn
Le cap de Bonne-Espérance se souvient qu’il fut des Tempêtes
Madagascar est un zébu
L’Inde est un tigre qui aurait désiré dévorer Ceylan dit Sri-Lanka
La Malaisie est un fil qui tient une perle, Singapour
Taïwan fut Formose
La Corée est un dragon qui toise le Japon
Le Kamtchatka est un requin
Les Aléoutiennes regrettent l’Alaska