Cachotteries et
Mensonges sont les mamelles
Du songe éveillé
Fatrasie I0 : Interjections
Connais-tu ce que tu aimes ?
Inutile et foldingue
Je parle beaucoup de ce qui me dépasse
Suis-je dans le trou ?
Le succès d’être envié
La médiocrité sert les petits talents
Le génie est prévu après coup
La postérité ne doit rien figer
Faire comme si tout allait bien
Nous sommes tous à la mer
Fécondation et enfantement
L’homme varie Il faut pourtant s’y fier
Comment s’appelaient les artistes des grottes ?
Tout ce qui est grand est rare
Misogynie misandrie
Misanthropie et amour refoulé
Le ciel social t’aidera
Soi est déjà un autre
Ne pas choisir entre tes communautés
Mon point de vue le seul qui compte pour un temps
Restons sur notre pont de neige
Apprécions les petits riens
Tragédie comédie
Filles de joie
Aimes-tu la bêtise des autres ?
Hui Au jour d’hui
L’archaïque est plus fort
Il y a archaïsme et archaïsme
Sois petit pour grandir
La famille se conforte par des deuils
Le chimpanzé assis sur sa branche ne doit pas trop grossir
Les défauts des autres sont les miens
Les détails se vengent
Les concepts meurent
Haïku
Une fille unique
Est condamnée à l’égoïsme
Sauf exception
Caresse de vie ( 1967 )
De temps à autre
Comme la vie nous caresse !
Nous nous ouvrons à elle
Comme elle s’ouvre à nous
Nous tendons notre visage
Nous gonflons notre sexe
Nous faisons palpiter notre coeur
A l’unisson des rythmes du monde
Puis nous tombons
Tout est gris
Nous sommes gris
Coupables et victimes
Nous gardons le souvenir
Du moment d’innocence
Et nous savons qu’il reviendra
La vie abîmée ( 1967 )
La vie est abîmée
Et progresse dans l’humanité
Parce qu’elle est abîmée
Il ne nous est pas possible
De vivre pleinement purement
Comme une bête
Qui serait un homme
La vie vaut-elle la peine d’être vécue ? ( 1967 )
Ah ! Etre transparent lumineux
Comme le monde devant soi
Ah ! Tout savoir sur soi les autres
Le reste Etre infaillible
Nous nous trompons
Et nous ne savons guère
Quand nous nous trompons
Et quand nous ne nous trompons pas
La vie s’en va ( 1967 )
Régine la vie s’en va
Lente et démesurée
La vie s’en va
Vers l’horizon de la mer
Qui se confond avec le ciel
Et tout est gris et glauque
Régine la vie s’en va
Rien n’arrête
L’écoulement vers le vide
Pourquoi en parler ?
Pourquoi ressasser
Cette sensation vitale et morbide
D’écoulement par l’orifice
Creusé au fond de soi
Et que rien ne peut clore
Régine la vie s’en va
Mais la seule question
Qu’on doive poser
Est que faire de cette vie
Qu’on a encore
Trente ans ( 1967 )
Comment dire le voyage de l’inconnu au connu et le connu l’est-il vraiment ?
Etait fondamentale chez moi, jusqu’à mes vingt-deux ans, la solitude, le repliement sur moi et sur une minuscule cellule matriarcale ( ma mère ! ma maman ! ) avec une sorte de suffisance, une joie étroite, le sentiment profond de la difficulté de vivre autrement.
Pas d’amis ! Je n’avais pas d’ami ! Au lycée… Qui était de ma classe sociale ? J’étais marginal par rapport à tous les groupes sociaux.
Le mépris pour mon père et sa famille joint à l’absence de famille de ma mère, ont donné l’attente abstraite d’un futur autre pour moi ( l’amour romantique … ) et pour tout le monde ( le socialisme … ). Je rationalisais, abstraitement…
Je protégeais ma solitude. Pas d’amis de fac ou de politique, sinon superficiellement. Ma situation ne me rendait pas très amical moi-même.
Je ne me suis aperçu de cette petite tragédie que lorsque vint le temps d’y échapper.
Me voici à trente ans, ayant fait peu de choses, ayant peut-être des choses à faire.
J’ai réussi un bel amour fait de vérité, d’estime et de confiance, de désir et de goût à vivre ensemble.
J’ai réussi un grand amour parce qu’il nous a faits. Nous sommes les enfants du couple.
Grâce à cet amour magnifique je suis plein de confiance, de courage. Je crois que ma paresse, ma passivité, ma misanthropie, mon manque de sang-froid ne seront pas trop graves.
Je pense commencer à réussir des amitiés amoureuses et autres.
Je voudrais tant réussir mon travail de militant intellectuel.
Il est paradoxal de constater que je réussis davantage ma vie privée, qui est certes une vie militante à sa manière, que ma vie publique…
Fatrasie 9 : Incinérations
L’hypocrisie est une petite vertu
Certains ne quittent jamais leur carapace
Le vrai dissipe l’ennui
Liberté du bien fait
Le surhumain n’est pas un surhomme
Je te rendrai ton nounours
La beauté est un travail
Je suis maître de moi comme de l’univers
Jolie fée de l’idée
Vent désertique du concept
Ame obscure et chiffon rouge
Mon monde dans un haïku
Ne donne ta vie à personne
Le plus grand acteur français était suisse
Le vrai suffit s’il fait rêver
Du même à l’autre
Etre bicéphale
Le savoir n’est pas la connaissance
Savoir pratique connaissance du doute
Nous sommes défectueux
Le plaisir de médire
Tu médis et l’on médit de toi
Le café est ilimité
La démocratie est douceur des moeurs
Notre vie est compliquée
Le petit coin pipi caca
Les gens bien disent du bien mais pas de tout
L’homophobie n’est pas nécessaire
La barbe de toujours
Marxiste du côté Groucho
La plus belle fille ne peut donner ce qu’elle a
La lune ne regarde pas le soleil
Bande à part ou sans bande ?
Ca pourrait être pire
Haïku
Belphégor j’adore
Chandernagor Thor Rien
Que des noms en or