Je soutiens la politique du gouvernement du premier ministre Manuel Valls. On ne répétera jamais assez que la politique est l’art du possible. C’est peut-être le Mosca de la « Chartreuse de Parme » qui m’a appris ça.
Je ne supporte plus la démagogie. C’est elle qui a détruit la démocratie grecque, la république romaine… Les auteurs anciens l’ont stigmatisée à loisir. J’en ai strictement marre des auteurs de promesses insensées, des tenants du « n’y a qu’à »…
Dans certaines conjonctures historiques il n’y a pas d’autre solution que de passer sous les fourches caudines de la réalité.
J’ajouterai que je respecte le sens de la discipline personnelle, librement assumée, que je devine chez le premier ministre Valls.
Retour à la fable
Le fabuliste inconnu, alias La Chambaudie, propose un texte dans une édition postérieure à celle que j’ai utilisée :
Le savoir est pauvre
Et pauvrement vêtu
Le savoir est un ermite
Le savoir-faire vient le voir
Riche fastueux
Le savoir lassé du pain sec
Se laisse entrainer
Pour acquérir savoir et célébrité
Empruntons les cent voix
De la publicité
Anglo-saxon
Je me sens très anglo-saxon. J’admire la réussite matérielle des Etats-Unis, le succès mondial de la langue anglaise alors même que je ne la parle pas. Certes ce triomphe est celui d’un anglais basique et non de la langue de Shakespeare. Le français a toute sa place dans le monde francophone et comme langue de culture qui continue à attirer des élites du monde entier. Il n’empêche, le succès des Anglo-saxons est indéniable.
De mon vivant j’ai vécu le recul international du français. Je m’y suis accoutumé.
Je me sens fondamentalement empirique, pragmatique, avec une pointe d’humanisme, tout comme beaucoup d’Anglo-saxons.
L’étrange, qui n’est peut-être que bizarre, est que je n’ai aucun succès dans le monde anglo-saxon, encore moins que dans le monde francophone.
Une raison est que mes sources sont certes grecques, allemandes, anglaises, chinoises et autres, mais elles sont essentiellement françaises.
Je me rallie au pragmatisme, à l’empirisme. Ce n’est pas mes origines, mes fondations.
HaÏku
Non le haïku
N’est pas calcul Le haïku
Est douce clarté
Pommier
Je suis comme un pommier qui à l’écart du monde produit paisiblement ses pommes Elles ne sont pas traitées elles ne sont pas belles elles ne sont même pas rondes Elles ne trouvent pas preneur au marché Tant pis Je suis un pommier qui produit ses pommes en toute simplicité
La décadence de la pensée française ?
La pensée française a connu des sommets acceptés comme tels à l’échelle internationale. Ce n’est pas le cas aujourd’hui. Certes elle reste très vivante dans certaines disciplines comme les mathématiques, la physique théorique, la biologie moléculaire, etc… Mais qu’en est-il au niveau des phares, des vedettes, qui résument les aspirations d’une époque ?
La pensée philosophique française du XIX° siècle a connu beaucoup d’auteurs éminents. Ils étaient sous influence allemande, surtout kantienne. Lit-on encore Renouvier, Lachelier ?
Enfin Bergson vint, pré-socratique à sa manière.
Le rationalisme à la française reprit des couleurs avec Brunschvig. Mais l’influence allemande recommença de plus belle par l’existentialisme. Il faut relativiser.
Ceci dit la pensée française du temps de Sartre, de Camus, de Simone de Beauvoir, voire de Merleau-Ponty avait de la gueule.
Vers le milieu des année soixante s’amorça un déclin qui apparait aujourd’hui irréversible. Elle devint le fait de sophistes, de structuralistes sans structures, qui pouvaient être brillants et tromper leur monde.
Le moins pire était Foucault dont il y a quelque chose à retenir. Althusser dénaturait le marxisme. Derrida était le roi des sophistes.
Aujourd’hui les princes sont Finkielkraut et Lévy. On doit apprécier chez Finkie son culte de la culture classique. On ne peut que rejeter son élitisme forcené. B.H.L. est appréciable dans sa défense de la démocratie occidentale. Sur le plan philosophique ce n’est pas un philosophe. Qu’on soit radicalement opposé au marxisme est légitime, on ne rejette pas pour autant l’apport de Marx, surtout sans arguments.
Ma formule depuis plus de quarante ans est : « le marxisme est mort, vive Marx ! »
Conclusion : pour le moment, en philosophie plus qu’ailleurs, il est nécessaire de s’appuyer sur les classiques, à commencer par les pré-socratiques et Platon,..
Archaïsmes
Il est de bon ton de rejeter les archaïsmes. Cependant être moderne et surtout post-moderne consiste souvent à redécouvrir des pans entiers d’archaïsme. Il arrive même que le primitif soit à la mode.
Il y a des archaïsme difficilement dépassables, ceux liés à la famille. Tous les progrès de l’éducation ne feront pas disparaitre ce fond immémorial.
Il n’est pas mauvais de revenir à la dialectique. il y a un côté conservateur du processus historique.
Haïku
L’Etre est limité
La pensée n’a que des ailes
L’Etre est infini
N.B. : On peut lire mon ontologie à la fin du site commun à Régine et à moi, « Contradictions militantes », Harmattan éditeur