Les fables de Fabre 11

Un chaton et un petit moineau
Partagèrent le même berceau
Ils grandirent ensemble
En bonne intelligence
Le moineau un jour s’envola
Et ne revint pas
Le chat l’oublia
Quand son ancien ami réapparut
Le chat le croqua

Les fables de Fabre 10

Ulysse a séduit la nymphe Circé
Elle avait transformé en bêtes sauvages
Les Grecs compagnons du héros
Elle autorisa leur retour
A leur statut d’humains
Ulysse s’adressa d’abord au lion
A tout seigneur tout honneur
Mais celui-ci lui dit
Pensant rugir :
« Pas question que je renonce
A ma nouvelle qualité
De roi de souverain »
L’ours : « Ma forme m’appartient
Elle plaira aux ourses
J’adore les oursons »
Le loup : « Scélérat pour scélérat
Je préfère encore être
Ce que je suis »
Toutes ces bêtes refusèrent
La condition humaine
Les animaux sont-ils esclaves d’eux-mêmes ?

Les fables de Fabre 9

Une nuit de pleine lune
Un jeune loup s’appuyant sur la margelle
Considéra le fond d’un puits
Devina de l’eau
Crut apercevoir un fromage rond
De couleur claire
Deux seaux alternativement
Montaient descendaient
Quand on les mettait en mouvement
Le loup se tassa dans celui
Qui lui était accessible
Son poids fut suffisant
Pour déclencher la machine
Arrivé au fond il but
Goulument de l’eau
Il avait soif
Il avait faim
Il voulut se saisir du fromage
Celui-ci se dilua dans son reflet
Un jour passa
Notre petit loup commençait à désespérer
Quand dans la nuit
D’une lune déjà échancrée
Son oncle se montra sur la margelle
Le prisonnier déclara :  » Quelle bonne surprise !
Descend me rejoindre
J’ai de l’eau
Je n’ai mangé qu’un peu de mon fromage »
Le second répondit :
« C’est moi que tu prends pour un fromage !
Ou plutôt tu confonds la lune et son image
Attend un peu, je reviens avec du secours »
Sous le contrôle de l’oncle
Un garçon de ferme terrifié
Actionna les seaux
Les deux loups s’en allèrent
Bras dessus dessous

Les fables de Fabre 8

A la cour du lion
Arrivèrent deux rats
Qui croyant bien faire
Ne cessèrent de s’encenser l’un l’autre
Le premier mouvement du roi fut :
« C’est moi qu’ils devraient flatter ! »
Le second : « Il doivent être bien ignorants
Pour ainsi se faire valoir
L’amour-propre n’est pas le fait des sages
En fait leur ruse est déplaisante
Qu’on les renvoie à leur antre ! »

Les fables de Fabre 7

Les chats rêvent beaucoup
Surtout de souris
Un chat étourdi rêva
D’un homme heureux
Puis d’un chat malheureux
Il demanda conseil
A un oncle pourvu
D’une vaste expérience
Le tonton s’exécuta :
« Sans que tu le saches
Dans ton rêve
Ou plutôt ton cauchemar
Le maître a un chat
Le chat n’a pas d’homme »

Les fables de Fabre 6

Un fermier une nuit
Omit de fermer la porte
De son poulailler
Astucieux le renard
Entra tua emporta une poule
Laissant derrière lui
Un carnage sanglant
Le maitre s’en prit au chien :
« Pourquoi n’as-tu pas aboyé ? »
« Pourquoi as-tu laissé la porte ouverte ? »

Les fables de Fabre 5

Un héros de l’amour
Avait une nombreuse cour
Il lui vint un bel enfant
L’orgueil du nouveau père
Le garçon grandit
Acquit à seize ans
De l’esprit et le désir de plaire
Il séduisit les dames
A commencer par les maîtresses de son père
Celui-ci se fit une raison
Il épousa enfin la mère
Du joli garçon
De Bel Amour

Les fables de Fabre 4

Un vieux lion
Seigneur de nombreux pays
Plaines vallées
Et même montagnes azurées
Vit naitre un lionceau
Issu de sa meilleure femelle
C’était donc son fils
Peut-être On sait de quoi
Les lionnes sont capables
Quand le rut les saisit
Il réfléchit pensa à tuer le lionceau
Son futur rival
La lionne l’avait déjà caché

Les fables de Fabre 3

Un hibou de noble lignée
Aimait prodiguer ses conseils
Personne ne l’écoutait
Cependant il se fit entendre
Quand seul dans la contrée
Il eut des souris à manger
On lui demanda son secret :
« Je les gave afin que la gent trotte-menu
Ne pense plus à s’échapper »

Les fables de Fabre 2

Un vieux geai se parait de plumes de paon
Des jeunes se moquèrent de lui :
« Regardez ce vieux beau
Plus il se rajeunit
Plus il vieillit ! »
Le geai ne les écouta pas
Et séduisit une naïve pucelle
Il s’adressa aux jeunes :
« Vous me connaissez trop
C’est là votre défaut »