ÊÊ 66

Vous cherchez les causes
Acceptez plutôt les choses avérées
Les causes ont du temps devant elles
Tu pourras étudier de près la naissance la maturité
Le vieillissement la maladie la mort

La seule réalité assurée et pleine de vérités
Est la mort qui nous apporte
Désaffection et détachement
La mort n’a de sens que par rapport à la vie

Il y a un fond des choses sans intérêt
Et dont chacun s’occupe
On ne peut rien en tirer
En attendant respire mec !

Contemple ton corps
En attendant je ne sais quoi
Les seins des femmes sont prisonniers
On se demande bien pourquoi

Rom 70

Tu es la source de ma vie
Tu es la source de toute vie
Tu portes une perle
Qui rivalise avec les astres

Mes lèvres sont brûlées
Je me sépare de toi ma source
L’amour pour toi qui es ma vie
Est voilé Il ne laisse plus d’empreinte

J’ai du coeur Il me laisse en plan
Il conserve tes empreintes et ton signe
L’âme de l’âme c’est moi
Hélas ! Trois fois hélas !

Toi dont le visage manifeste l’âme
Toi qui sais briller de sa propre lumière
Toi devant qui les astres sont confus
Que vient faire le soupçon aux noirs nuages ?

Rom 69

Avec toi la vie est une existence
Combien digne d’être vécue !
Sans toi elle n’est que mort et néant
Tout se fane tout est fané

J’ai deux bosses comme un chameau
Mais je n’ai pas celle du calcul
Je me courbe devant l’existence
Que j’ai consacrée à la danse

Je n’allonge pas le cou
Je ne mange pas le fruit de l’arbre
Tu es loin de l’amitié
Du moins tu le crois

Mon âme ravit l’âme et l’univers
Mais je suis blessé par toi
Et tes mauvaises manières
Tes lumières peu conformes

Rom 68

La lune se prosterne devant toi
« Va-t-en astre des ténèbres »
La lune se promène majestueusement
Au dessus des âmes endormies

La lune est pleine d’elle-même
Un ange passe sa tête
A la lucarne du ciel
Malheureusement les anges n’existent pas
Nous pouvons toujours les imaginer

Le silence est une bien agréable coutume
Le faucon s’envole de lui-même
L’automne mélancolique
Jaunit le jardin de l’âme

L’amour suffit pour me désaltérer
J’adore l’eau fraîche
Tu connais les blessures de mon coeur
Tu me mets échec et mat

Rom 67

Tu restes debout
Comme la lune à son apogée
Tu sembles ignorer
Que le pays des ténèbres la nuit
Prend toujours fin

L’ivresse de tes yeux t’enivre
Les arbres dansent dans la pureté matinale
Le soleil est encore plongé
Dans le feu de potron-minet

Y aurait-il du cuivre
Sans pierre philosophale ?
Les bonnes vieilles superstitions
Ont la vie dure

Je suis revêtu de satin broché d’or
Je rencontre tant de bizarreries et d’étrangetés
Mon ivresse rend aveugles
Mes yeux brûlés de larmes

Rom 66

Mon coeur est un pigeon
Qui ne reste pas sur le toit
Tu cherches un astre
Qui est en toi

Tu es l’ami sourd que j’ai
Renonce à la surdité
Sors de tes soupirs
Danse La musique est bonne

Je t’apporte l’eau de la source
Cette eau bienfaisante douce et fraiche
Fera mûrir tes fruits dans les terres
Pierreuses sablonneuses desséchées

De verdoyant le jardin est devenu
Jaune et sec Lui manque
L’eau de la vie
La branche brisée renait

Rom 65

Je suis un rafiot
Qui navigue sur un immense lac
Je pense le rafiot
J’ignore le lac

Telle est la pensée humaine
Elle pense à peine certaines choses
Est ignare sur les autres
Pourtant tout est lié

J’ai perdu la conscience
De ce qui m’importe
Je suis désoeuvré
Certains me traitent de paresseux

Quelle est la nouvelle ?
Ma rose est pleine de parures
Elle me transforme en poussière
Elle purifie ma poussière

Rom 64

Tu es la lumière et tu es l’ombre
Tu es l’ombre de la lumière
Je ne suis que ton ombre
Ton ombre cherche ta lumière

Tu te crois sans cause
Tout a une cause
La cause de la cause et l’effet de la cause
Sont l’un pour l’autre des miroirs

Je n’ai qu’une idole toi
Tu es mon coeur et mon esprit
Mon âme je ne sais pas où elle est passée
J’aimerais tant que tu ignores la haine

Je n’ai que ton idole
Statuette dorée couverte de perles
J’aimerais tant que tu gouvernes notre monde
Les atomes se prosterneraient devant toi

Rom 63

Tu es captif Mais de quoi ? De qui ?
Le coeur aride à la source du soleil
Boit sans soif
Je suis joyeux et ivre

Je me noie dans ta générosité
Je suis l’esclave de ton aurore
Une rose embaumante
M’attire dans sa roseraie

J’ai un bon ami
Le faste et le rang lui importent
Je me contente de la pensée et de la science
Qui elles-aussi se dérobent

Le joli collier de ma folie
Est devenu une chaîne
La terre ne me refuse pas
Un dernier tremblement

L’âme est une préface
Au grand livre du monde
Enlève du cou de l’âne
La clochette qui le rend fou

Rom 62

Tu es maturité
Tu es immaturité
Fais-moi mûrir
Fais-moi mourir

Voile de suavité
Fais silence
Dans le silence
Qu’il n’y ait ni crainte criante
Ni espoir démesuré

L’océan l’emporte sans espoir
Il te jette dans ses flots
Tu es un humain à discours
Tu ne connais pas la douceur du silence

Tu fais des discours sans être discursif
Que connaîs-tu de la fraîcheur fluide ?
Je suis le miroir je suis le mouroir
Je suis le foutoir