SG a été arrêtée le 13 / 7 / 2018. Ce « Livre de la Sagesse » est-il pour moi une impasse ?
La série Ni, je l’ai finie. J’en garde un bon souvenir ( « Anthologie de la poésie japonaise classique », NRF)
J’ai pour l’instant comme un désir de vacances.
La série NI a commencé le 10 / 7 / 2018
La série Sg a débuté le 9 / 7 / 2018
Elles succédaient à la série PJ ( Pensées juives ) le 9 / 7 / 2018
La série PC ( Pensées chinoises ) s’est finie le 8 / 7 / 2018
PJ a commencé le 2 / 7 / 2018
PC a débuté le 29 / 6 / 2018
Un sommaire fort utile a été publié le 30 / 6 / 2018
Ni 81 La mouche se frotte les mains*
Les lucioles pourchassées
Se cachent dans les rayons de lune
Oiseaux de passage
Frères volants prêts à l’entraide
Ne vous querellez pas
Ne la frappez pas
La mouche qui se frotte les mains
La mouche qui se frotte les pieds
Venez jouer avec moi
Petits moineaux
Sans parents
Un cerf-volant superbe
S’est envolé
De la hutte du mendiant
L’enfant voulait
Saisir entre ses doigts
Des gouttes de rosée
Qu’il est envieux
Le regard de l’oiseau en cage
Sur le vol du papillon !
La belle aube allie la brume
A la neige et à la lune
Le papillon est vieux
Mais il folâtre sur les chrysanthèmes
De toute son âme
Le voleur a tout pris
Sauf la lune
Qu était à ma fenêtre *
* Fin de notre série japonaise ( XIX° siècle )
Ni 80 Un papillon paisible
Sur la cloche du temple
Un papillon paisible
S’est posé pour dormir
C’est une joie l’été
De traverser à gué la rivière
Sandales à la main
Ils vont devisant
Sous l’averse printanière
Le manteau de paille et le parapluie
Il est si plaisant
De lâcher les lucioles
Sous la moustiquaire
On entend ici et là
Les bruit des cascades
Au travers du jeune feuillage
La fraîcheur de la cloche s’éloigne
Mais la voix de la cloche
Au printemps sur la mer
Tout le long du jour
La houle ondule
Sous la brise du soir
L’eau bat
Les pattes du héron cendré
Ni 79 Un poissonnier
Dans la haie une brèche reste ouverte
Elle est là pour que les faons puissent passer
Ses enfants l’attendent
Tant l’alouette vole haut
C’est ma résolution :
Je pars m’enrhumer
Pour voir la neige
Le batelier a l’oreille dure
On ne peut lui parler des fleurs de pêcher
J’avais bien balayé dans le jardin
Et puis des camélias
Sont tombés
A l’aube les violettes
Penchent la tête
Une taupe est passée
J’ai rappelé le poissonnier
Il a disparu sous la neige
La neige a cessé de tomber
Les flocons brillent
Sur les arbres du bosquet
Ni 78 La floraison
Sur une perche à part
On suspend les vêtements blancs de mort
L’été on aère
J’ai dormi dans la chambre d’un seigneur
Là aussi il faisait froid
La tempête d’automne
A commencé
Par renverser les épouvantails
Au dessus des blancs nuages
On entend des cris
C’est les alouettes
Tout a brûlé
Par bonheur les fleurs
Avaient achevé leur floraison
Combien de parapluies
Sont passés
Par cette soirée de neige ?
Si elles pouvaient parler
Les truites crieraient
A l’approche de la barque aux cormorans
Ni 77 Les cerisiers en fleurs
Cet automne
Je n’ai plus d’enfant sur les genoux
Pour contempler la lune
Sous la pleine lune d’automne
Des vapeurs rampent
A la surface de l’eau
Il est lamentable
Le cri de la cigale
Prise par le milan !
Le pivert aime les arbres morts
Quand les cerisiers sont en fleurs
Une cigale d’automne
Gît morte
A côté de sa carapace vide
Entrez ! Entrez donc !
Je criais mais on continuait à frapper
Au portail couvert de neige
Personne ne passe sur le chemin
Sauf des voyageurs égarés
Dans cette matinée de neige
Il n’a pas l’air de bouger
Pourtant le paysan travaille dur son champ
Sans exception les feuilles du lierre
Frissonnent au vent d’automne
Pitié !
La torche envoie des étincelles
A la face du cormoran
Ni 76 Les neiges
Voilà la première neige
Qui pourrait vouloir
Rester à la maison ?
La neige me paraît légère
Sur mon chapeau
Car je la fais mienne
Le grand sage
Est enfoui jusqu’aux genoux
Dans la neige des fleurs qui sont tombées
Cet heureux mendiant
Porte le ciel et la terre
Pour se dévêtir l’été
L’hiver est arrivé
Les corbeaux se perchent
Sur les épouvantails
Sous la pleine lune éclatante
L’ombre des pins se projette
Sur le sol balayé
Sous la pluie d’orage
Les canards encerclent la maison
En couinant
Le chat l’a mangé !
La compagne du grillon
Le pleure peut-être
Ni 75 La compagnie de l’ombre
Le rude vent de l’hiver
S’est apaisé
Ne laissant que le bruit des flots
Par un jour sans vent
Les clochettes qui ne sonnent que sous la brise
Abritent les abeilles
Certains villages de montagne
Ne connaissent ni poissons de mer ni fleurs sophistiquées
Mais tous jouissent de la lune ce soir
Sous la lune qui brille
Je rentre chez moi
En compagnie de mon ombre
Qui se soucierait de regarder
Les fleurs de carotte sauvage
Au temps des cerisiers ?
Quand on voit ces petits poissons blancs
Ne dirait-on pas l’essentiel
L’esprit de l’eau courante ?
Quand la glace fond
Elle se raccommode avec l’eau
Ni 74 Bashô enfin !
Réjouissante au départ
Comme elle est triste ensuite
La barque aux cormorans
Elle ne devient pas papillon
La chenille de l’automne
C’est la première averse de l’hiver
Un petit singe souhaite lui-aussi
Un manteau pour la pluie
Sous la pleine lune brillante
On croit voir des fleurs
Mais c’est un champ de cotonniers
De temps à autre les nuages
Nous reposent
De tant regarder la lune
Les sangliers eux-mêmes
Sont emportés
Par la tempête d’automne
Tombé malade en voyage
Mes rêves errent
Sur une plaine désolée
Ni 73 Bashô toujours
Limpide cascade
Dans ses vagues immaculées
Luit la lune d’été
Hutte de pêcheurs
Se mêlent aux crevettes
Des grillons !
La fraîcheur !
Les pieds au mur
Je fais la sieste
L’ami moineau
Ne mange pas le taon
Qui se joue des fleurs
Réveille-toi
Tu seras mon ami
Joli papillon qui dort
D’ordinaire il est détesté
Mais que le corbeau est beau
Par les matins de neige
L’abeille sort
Du coeur de la pivoine
Avec ses regrets
Une belle fleur mauve
Fleurissait au bord du chemin
Un cheval l’a mangée
On m’a dit que le faisan
Mange des serpents
Son cri me semble terrible