LE PROLÉTAIRE N’A PAS LE POUVOIR SUR SA VIE
LE MYSTIQUE SE TERMINE EN POLITIQUE
ON DOIT PENSER EN-SOI, POUR-SOI
MARX TENDANCE KARL, MAIS AUSSI MARX TENDANCE GROUCHO
PENSEZ POUR VOUS-MÊMES, SINON LES AUTRES S’EN CHARGENT
NE TE CONTENTE PAS DE SURVIVRE
N’OUBLIE PAS LA VIEILLE TAUPE DE L’HISTOIRE
LA PARESSE EST UN DROIT
NE RECHERCHEZ PAS LE RESPECT QUI SE PERD
NE SOYEZ PAS RANCUNIERS
L’AMOUR EST SOUVENT ALIÉNÉ ET ALIÉNANT
NE DÉSESPÉREZ JAMAIS
L’ETAT, ÇA DEVRAIT ÊTRE CHACUN DE NOUS
SEULS NOUS NE POUVONS PAS GRAND’CHOSE
AYEZ DES IDÉES !
IL Y A DU VRAI DANS L’ÉTRANGE
LE SCEPTICISME AIDE AU MOUVEMENT
PM 5 1968 – 2018
LA RAGE AU VENTRE
LE N’IMPORTE QUOI EST UN SYSTÈME
PENSEZ À VOUS PENSEZ
VITE !
L’IMAGINATION NE VA PAS DE SOI
L’ART C’EST VOUS
MÊLEZ-VOUS DES AFFAIRES DE TOUS
MÊLEZ-VOUS DES AFFAIRES DE L’ETAT
PAS DE CHANTAGE AU BONHEUR
RÉDUISEZ AU SILENCE LE FLIC EN VOUS
J’AIMERAIS EN DIRE DE BELLES, MAIS JE NE SAIS PAS
LA RICHESSE, EST-CE LA PAUVRETÉ ASSUMÉE ?
OUVREZ LES FENÊTRES DE VOTRE COEUR
VOUS OUVRIREZ BIENTÔT LES PORTES
L’HISTOIRE DE L’ETAT EST SANGLANTE
L’USINE NE DOIT PAS ÊTRE UN BAGNE
LES RÉACTIONNAIRES SONT DES TIGRES EN PAPIER
LA VIOLENCE À ELLE-SEULE EST RÉACTIONNAIRE
LE MENSONGE EST LA NUISANCE
PARLER D’AMOUR ? CHANTER L’AMOUR *
* La présentation change, pas le fond.
APC 139
Dans le ciel d’azur une brèche est comblée par la montagne isolée et ses nuages blancs
Les sources jaillissent librement dans les antres profonds
On aperçoit à peine les sentiers sur les monts périlleux
Soleil et lune se désolent murés dans ce cachot
Le tonnerre et le vent troublent l’ouïe et la vue
Je voudrais simplement me cacher dans l’ombre
A quoi bon un bon souverain ?
*
A peine tiré de mon exil
Sur la vague en émoi je joue avec la lune pleine
Fleuve et montagne ont perdu LI PO
Pour plusieurs milliers d’années de solitude morne
Moi aussi je l’avoue j’ai les dauphins pour montures
Mais c’est en bateau que j’arrive à l’île aux buffles
Je grimpe au pavillon je n’y vois personne
Le printemps ondule jusqu’au ciel bleu
*
Il est des gens qui n’ont rien de trop
Mais vous maître c’est autre chose
Votre fourneau s’effondre glacial et sans fumée
Au terme de votre chemin vous avez droit au mépris du peuple
Votre petit fiston faute de souliers a les pieds crevassés
Votre chère épouse à force de jeûner a le visage gris
Vous reposez la nuit raidi de froid
Le chemin est barré
Vos propos ont fait pleurer les dieux
La voie se perd
Buffles halètant sous la lune, truies au dos fangeux
C’est à qui fera assaut de mépris
APC 138 Chine éternelle ?
Je me réveille la lune s’abaisse
J’ai perdu mon chemin en rêve
Le monde pousse l’humain vers la vieillesse
Moitié chant du coq matinal moitié hennissement de mon cheval
*
Un pêcheur est sur le lac
Sa barque penche vers l’eau pure qui coule sur le sable
Au delà du crépuscule un chant de batelier
Plus près les fleurs blanches des roseaux
La carpe grossit
Il faut vendre le poisson
Le pêcheur est muet
Il frappe l’eau de sa rame
Il est parti soucieux
*
Un sabre vient du Japon
Il a la forme du dragon
A la poignée on a serti la perle du serpent jaune
Le sabre est alliance du métal et du feu
Parfois le sang d’une victime a l’éclat du brocart pourpre
Les têtes sont légères comme papier qui vole
Mais ce qui est précieux en Chine ce n’est pas un sabre
Que son maître à poil roux le conserve !
*
Les grondements du fleuve ont englouti les adieux
Les vagues en furie couvrent les champs
Sur la berge de sable c’est l’heure des crocodiles
Léger comme une feuille un esquif rase les flots brumeux
Je m’appuie tour à tour aux douze balustrades
Soudain volette une pluie fraîche
Le paysage m’emplit les yeux de mélancolie
Mes mèches s’embrouillent
Je murmure des vers
J’embouche la flute de fer
Je m’en retournerai juché sur une grue jaune
PM 4 IL EST INTERDIT D’INTERDIRE
L’action ne doit pas être seulement une réaction, mais aussi une création
La forêt précède, le désert suit
Courons tant que nous ne sommes pas trop vieux
Un rien peut être un tout
Le coeur à gauche, le portefeuille aussi
La liberté se prend et se garde
Une pensée qui stagne pourrit
L’enthousiasme peut être calme
Le plaisir de vivre sans réserve
Ne sois au service de personne, mais du bien public
Ni robot, ni esclave
L’émancipation de l’humain sera totale
Un peuple n’a pas besoin de grands hommes ( sauf des génies de l’art et de la science )
Aimez-vous les uns les autres si vous le pouvez, si vous le méritez
N’applaudissez pas, le spectacle continue ( et il est partout )
Impossible n’est pas humain
La vérité est révolutionnaire
PM 3 VIVE AUTRUI !
Tout enseignant est enseigné
La révolution, c’est d’abord les hommes, ensuite les choses
Soyons logiques !
Nous sommes des aliénés
Soyons subversifs !
Vibrons ! Ne soyons pas vibrionnaires !
Interdit : il est interdit de nuire à la liberté d’autrui
L’art est plus vivant que jamais, éventuellement sous la forme de l’an-art
La transparence du réel
Assez d’actes, des mots
Ne me libérez pas, je m’en charge
La révolution est incroyable, mais vraie
Ne vous contentez pas de prendre l’ascenseur
Vive Héraclite !
Contentons-nous un moment d’être Sisyphe
Il nous faut explorer le hasard
PM 2 1968 – 2018
La liberté se prend et se garde
Ne comptons que sur nous-mêmes
La France aux amis de la liberté….
La révolution mondiale est à l’ordre du jour
Utopistes dans la stratégie, opportunistes dans la tactique
Pour ne pas avoir de pépins, évitons les noyaux
Décrétons l’état de bonheur permanent
Autogestion et autopropriété
Participons à ce qui est agissant
j’ai quelque chose à dire, mais je ne sais plus quoi
Il s’agit d’être libre
C’est bien triste d’aimer le fric
Soyons notre propre maître
Bon voyage, chaque jour de votre vie
Tout régime est en sursis
L’innocence n’est pas politique
La libre nature d’autrui
PM 1 Les paroles des murs ( 68 – 18 )*
Cinquante ans plus tard :
Je n’ai rien à écrire
Con comme convenu
Le rêve est réel
Ne pensons pas ensemble Agissons
Les oreilles ont des murs
L’anarchie c’est je
L’anarchie est un jeu comme je
Milliardaires de tous pays ne faites pas la guerre
Jouissez sans entraves
Vivez sans temps morts
La liberté, c’est aussi le silence
Exagérez, mordez
L’espoir parfois ne vient que des sans-espoir
Dites : « j’aime »
N’oubliez pas l’inoubliable
Le premier droit est le droit de vivre *
* LE LIVRE DE BASE EST : « LES MURS ONT LA PAROLE »- MAI 68, JOURNAL MURAL, TCHOU ÉDITEUR, PARIS, JUILLET 1968, CITATIONS RECUEILLIES PAR JULIEN BESANÇON, SORBONNE, ODÉON, NANTERRE, ETC ….
App 137
Il a la nostalgie des nuages et du ciel
Mais que peut-il faire avec ses ailes rognées ?
Son langage est son habileté vaine
Sa beauté même en ennuie plus d’un
Tout paraît lointain
Il passe le temps dans sa cage sculptée
Il ne restera bientôt rien de sa robe bleue
*
Champ de bataille Oraison funèbre
Dans la prairie au pied de la montagne
Tout est silence à part quelque fumées humaines
Les âmes des morts songent encore à traverser la ville
*
J’écoutais tristement le chant des chevaux noirs
Qui reconduit les voyageurs
Vous êtes séparé de moi par un rideau de montagnes
Vous qui êtes comme un poulain superbe que nul ne peut dompter
Vous qui avez fui votre village natal
Vous avez recouru à des gens de rencontre
Vous auriez eu honte de verser des larmes à bout de ressources sur la route de l’exil
Où sont vos chansons vos conversations ?
Il ne vous convient pas de rester émacié flétri
Dans le vent froid suivez votre route
Etranger sur un bateau et ailleurs
Vous avez trop tardé à revenir
APC 136
Sur ma barque je suis brisé
Mes rêves tournent en rond
Sous un lourd filet de pluie dans la nappe des vents
L’aspect brumeux et lourd du printemps
Me rappelle le lent déclin de l’automne
Le long du fleuve bleu des maisons de pêcheurs
Petites digues en saules des bassins
Le vent s’est apaisé Il fait bon
On vend les poissons sous les arbres rouges
Qui poussent au milieu du fleuve
*
Le gel et la glace ont tout broyé
Des branches éclosent tout soudain
Solitaires dans le soir
Elles déclarent ouvert le printemps de l’univers
Mort et vie se répondent naturellement
On ne rivalise pas avec ces fleurs
Plus mort que vivant l’ermite !
*
Chanson triste :
Cultivons dans la vallée les champs
Adossés à la montagne
Les femmes portent le repas les hommes labourent
Tous sont heureux
Le dragon accroupi et le jeune phénix aussi
Ainsi que les immortels au delà de la source des pêchers
Comme sous un autre ciel mûriers et chanvre, coqs et chiens
Que la pluie et la sécheresse se disputent !
Des voisins ont vendu leurs filles pour payer l’impôt
Le percepteur arrive
Le vieillard n’a plus que ses quatre murs nus
Pour supporter le froid et la faim, pour passer le temps, il dort