ANNONCE SOLENNELLE :
( ET RARE )
NOTRE FILLE, AVEC SON AMIE GAELLE, A SORTI UN JEU AMUSANT ET INSTRUCTIF SUR LES NOUVELLES CULTURES URBAINES.
Unda vient de l’américain underworld.
Unda ! UNDA !! UNDA !!!
VOIR FACEBOOK
https://unda-game.com
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( ET RARE )
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Doux amour sois toi-même
Je n’ai pas de temps précieux à dépenser
Tu souris de l’obscurité
Tu paies du mal par du mal
Que ton dieu s’avise de m’interdire !
Il n’y a rien de neuf
Tes souvenirs sont antiques
Les vagues et les minutes
Se pressent vers l’avant
Ta volonté à la lourde paupière
Ne désire que des ombres
L’amour de soi est un péché
Qui possède ton âme
Aux rides trop dessinées
Riche et fière comme du bronze
Tu médites pleine de crainte
Sa colère s’exerce sur tout ce qu’elle voit
Le chagrin vrai ne saurait bouder
Rien ne saurait lui plaire
Le chagrin dompté par le temps
Sa jeune douleur faisait rage
Mais nageur novice se noyait à la fin
Plongée au fond d’un océan de peine
Elle cherche querelle à tout ce qu’elle voit
Elle trouve sa colère supérieure
Les sujets accourent Elle est souveraine
Sa violence croit
Tantôt elle se tait sa douleur est muette
Tantôt elle parle trop elle a perdu la tête*
* Ce poème est tiré de Shakespeare mais n’est pas un sonnet
Aujourd’hui demain tu remplis
Faites la demande pour dépenser
Esclaves du plaisir
Nos cerveaux sont trompés
La lumière est couronnée contre nous
Ma honte les heures paresseuses
L’oeil le corps pas de remède
L’âge est le roi
La mortelle rage prend l’avantage
Ton action n’est pas plus forte que celle d’une fleur
Amour plus pressant que l’appétit
Je suis votre esclave soumis à votre désir
Je devrais contrôler vos moments de plaisir
Ce qui est a été
Les vagues avancent vers la grève
Ma paupière est lourde
L’amour-propre me possède
Mon amour est usé écrasé
Mon âge mon âge
Il n’est rien qui ne soit dépassé par la mortalité
L’hiver rend l’été désirable
L’amour ne pense pas à mal
L’attente est un enfer
Je ne blâme pas votre plaisir
La vengeance est douleur
Je suis les esprits des jours anciens
Ta valeur est cruelle
Loin de moi trop proche d’autres
Mais je me peins de ta beauté
Mes vers noirs verdoieront
Peur de t’avoir peur de te perdre
Mon amour ne brille pas assez
Dans l’encre noire
S’il n’est ni cuivre, ni pierre, ni terre, ni mer sans limites
Dont le pouvoir ne soit dépassé par la triste mortalité,
Comment la beauté tiendra-t-elle devant cette rage,
La beauté dont l’action n’est pas plus forte que celle d’une fleur ?
O Comment de l’été le souffle de miel tiendra-t-il tête
Contre le siège ruineux des jours en lambeaux
Quand les rochers imprenables ne sont pas si escarpés,
Ni les portes d’acier si fortes, mais des déclins du temps ?
O méditation pleine de crainte ! Où, hélas, Le plus beau joyau du temps est caché au coffre du temps,
Ou quelle forte main peut retenir son pied rapide,
Ou qui peut interdire son gâchage de beauté ?
O personne à moins que ce miracle n’ait le pouvoir :
Que dans l’encre noire mon amour ne puisse encore briller.
Quand j’ai vu défiguré par la dure main du temps
Le riche et fier coût d’un âge usé et enterré ;
Quand je vois des tours qui furent fières rasées,
Et le bronze esclave éternel de la mortelle rage ;
Quand j’ai vu l’océan affamé prendre avantage
Sur le royaume de la côte,
Et la terre ferme l’emporter sur l’empire liquide,
Augmentant leur magasin avec des pertes et leurs pertes avec leur magasin ;
Quand j’ai vu de tels échanges de situations
Ou la situation elle-même confrontée au déclin,
La ruine m’a appris à ruminer ainsi :
Le temps viendra et emportera mon amour.
Cette pensée est comme une mort qui ne peut pas choisir
Entre pleurer de t’avoir et peur de te perdre.
Mon amour sera comme je suis maintenant
Par l’insultante main du temps écrasé et usé ;
Quand les heures ont drainé ton sang et barré ton front
De lignes et de rides ; quand ton chagrin de jeunesse
A voyagé jusqu’à la hautaine nuit de l’âge,
Et que toutes ces beautés dont il est actuellement le roi,
Disparaissent, en tout cas disparaissent à la vue,
Volant le trésor de son printemps :
Pour un tel temps je me fortifie maintenant
Contre le couteau cruel d’un âge confondant,
Qu’elle ne soit pas retranchée du souvenir,
Ma beauté d’un doux amour, ma vie d’amant.
Sa beauté paraîtra dans ces vers noirs
Et ils vivront et ils verdoieront.
J’ai vécu une histoire d’amour avec la poésie chinoise. C’est elle qui m’a enseigné la notion fondamentale de Tao, qui au milieu des astres et des éléments, au milieu de tout ce qui existe, rend possible un projet humain, ambitieux et modeste
Exister au beau milieu de l’enfer paradisiaque des choses.
Avec dignité, sans prétention excessive
A la fin de cette rencontre extraordinaire avec une autre culture, radicalement autre, extraordinairement humaine, étrangement misogyne, je voulais revenir à notre monde occidental.
D’instinct j’ai choisi les « sonnets » de Shakespeare comme contre-feu puissant et hautement estimable.
J’adore le grand Will, mais je n’avais jamais lu un seul de ses sonnets. Je suis un tantinet désarçonné. Au départ je m’attendais à une versification de type français, deux quatrains, deux tercets. Pour l’instant je ne sais toujours pas quoi dire d’intéressant.
De même que je ne suis ni Chinois, ni sinisant, ni sinologue, je ne suis ni Anglais, ni anglophone, ni angliciste…
Il me fallait absolument une traduction de recours et de secours. J’ai choisi celle de Fuzier dans la « Pléiade ». Elle s’éloigne du texte pour l’idéaliser. Là où Shakespeare dit « mort », Fuzier sera tenté par « trépas ».
C’est un point de vue estimable. Toute traduction a besoin d’une vision. La mienne est simple. Je suis pour un retour au texte sans tomber dans le mot à mot. J’ignore la versification anglaise (pentamètres…). J’irai plus loin : Shakespeare s’ingénie à compliquer la tache du traducteur.
Mais quelle est la beauté de la beauté ?
Régine me souffle à l’oreille : « Shakespeare, ce n’est pas toi… »