WS 48 ter

J’emprisonne la bagatelle
Je n’ai plus de déficiences dont tu sourcillais
Il est pénible de voyager
Mon amour peut excuser l’offense lente
De mon morne destrier quand je m’éloigne
Ignores-tu que j’ai la clef ?
Quelle est votre substance ?
Pour que des millions d’ombres vous escortent ?
Comme la Beauté parait belle associée à la vérité !
Les monuments en marbre ne survivent pas aux rythmes puissants
Il est grand temps que tu renouvelles ta force, doux amour,
Mais je ne suis que ton esclave
Je devrais cependant contrôler votre plaisir !

WS 48 BIS

Là tu seras volé je le crains
La vérité est voleuse elle est surtout volante
Avoir la force des lois pour soi
Ne prouve rien contre l’amour
je crains parfois que ma souffrance ne soit devant
Et ma joie de vivre derrière
Je cours vers toi pour te donner le droit de partir
Quand tu es là tu es notre triomphe à tous deux
Sinon tu es espoir
Je veux être comme toi un coeur fidèle
Je souhaiterais tant que la poésie distille ces vérités
Tu vis sous le jugement le tien
J’aime bien l’hiver je préfère l’été
L’amour ne pense pas à mal
L’amour ne blâme pas le plaisir
La vengeance est douleur

WS 58

Que ce dieu interdise, lui qui fit de moi votre esclave,
Moi en esprit je devrais contrôler vos moments de plaisir,
Ou je devrais vous implorer pour obtenir le compte des heures,
Moi qui suis votre vassal je supporte votre bon plaisir.
O laissez-moi souffrir, je suis à votre merci,
L’absence emprisonnée de votre liberté,
Et la patience, dressée à la souffrance, vérifie
Sans vous accuser d’injustice.
Où vous faites votre site, votre charte est si forte
Que vous par vous même pouvez privilégier votre temps
Tant que vous voulez ; c’est à vous qu’il appartient
De pardonner vous même le crime auto-proclamé.
Je dois attendre, quoique cette attente soit un enfer,
Je ne dois pas blâmer votre plaisir, qu’il soit mauvais ou bon.

TWR 159

Qui s’enrichit a de plus en plus à perdre
Je hais les pauvres
Je souhaite qu’il n’y en ait plus
Un sage découvre le monde sans sortir de chez lui
Confiance sans frontières
Lourdeur lenteur
Méfiance molle et coeur d’enfant
Un sage est paresseux
Le sage des sages voit sans regarder
Mieux vaut agir que subir

WS 58 ***

Mes premières impressions des « sonnets » de Shakespeare ont été d’ordres divers. Parmi lesquels :
Un sonnet est une pelote d’épingles, un sorbet, un âtre de cheminée, la crinière bien coiffée d’un pur-sang, un quai sur la Tamise à Londres, un bouquet de roses et d’églantines, un petit manoir Tudor, un pommier en fleurs, une forêt incendiée, un corsage de jeune fille, une rivière transparente argentée par la lune, un âne en fureur, un flocon de neige, des moutons à tête noire paissant sur une prairie anglaise,….
La beauté de la beauté…
L’âme, le coeur, l’esprit…
??? !!! ?! Je rappelle : un sonnet shakespearien est une pelote d’épingles

TWR 158

Précédent TWR le 11 / 10 / 2017 :

Tu souris de l’obscurité Tu allumes la lumière
Tu paies le mal par du mal Tu augmentes le mal
Il est humain d’aimer quelques êtres humains
Il est sage de connaître quelque chose de l’humanité
Gouverner par la vertu est rarissime
Il est fréquent de gouverner les humains par leurs défauts
L’idéal du bon gouvernement est d’en faire le moins possible
Grand est celui qui reste un enfant
Je n’échangerais pour rien au monde ma hutte pleine de moi
Trop de palais sont vides

WS 57

Etant votre esclave, que devrais-je faire
Sinon me soumettre aux heures et aux temps de votre désir ?
Je n’ai pas le moindre temps précieux à dépenser,
Ni de services à rendre, jusqu’à ce que vous en fassiez la demande ;
Je n’ose pas faire de remontrance à l’heure du monde-sans-fin
Quand, mon souverain, je surveille l’horloge pour vous,
Ni ne pense l’amertume de l’absence s’envenimer
Quand vous avez dit adieu à votre serviteur.
Je n’ose pas questionner d’une pensée jalouse
L’endroit où vous pouvez être ni l’état de vos affaires,
Mais, comme un triste esclave, je reste avec de mauvaises pensées
Sauf que sont O combien heureux ceux qui restent avec vous.
L’amour est si fol que selon votre volonté,
Quoique vous fassiez n’importe quoi, il ne pense pas à mal.

WS 56

Doux amour, renouvelle ta force. Qu’il ne soit pas dit
Que sur les bords tu es plus pressant que l’appétit,
Bien nourri aujourd’hui,
Mais qui sera à nouveau aigu demain.
Amour, sois toi ; quoique aujourd’hui tu remplisses
Tes yeux affamés jusqu’à ce qu’ils papillotent d’être ainsi remplis,
Demain regarde à nouveau et ne tue pas
L’esprit de l’amour avec un ennui perpétuel.
Que ce triste intérim soit comme l’océan
Qui sépare la rive où deux ont passé un nouveau contrat
Ils reviennent pour voir le retour de l’amour
Qu’ils en soient bénis !
Appelez l’hiver, plein de soins,
Qui rend l’été trois fois plus désirable et plus rare.

WS 55

Ni le marbre, ni les monuments dorés
Des princes ne survivront à ce rythme puissant,
Mais vous brillerez plus brillamment dans ces vers
Que la pierre négligée, outragée par le temps,
Quand la guerre dévastatrice renversera les statues,
Et déracinera l’oeuvre des maçons,
Ni l’épée de Mars ni le rapide incendie de la guerre ne brûleront
Le récit vivant de votre mémoire.
Contre la mort et toute entité oublieuse,
Vous trouverez votre pas et votre notoriété trouvera place
Jusqu’aux yeux de la postérité
Pour revêtir le monde jusqu’à sa catastrophe finale.
Jusqu’au jugement que tu portes toi-même,
Tu vivras en cela et dans les yeux de l’amant .

WS 54

O comme la beauté nous parait belle
Grâce à ce doux ornement que donne la vérité !
La rose parait jolie, nous la trouvons plus jolie
Grâce à cette douce odeur qui vit en elle.
Les églantines ont une teinture aussi profonde
Que la teinte parfumée des roses,
Pendent tout autant à des épines, jouent aussi volontairement
Que le souffle de l’été quand il dévoile les boutons masqués ;
Mais leur vertu n’est perceptible que dans leur spectacle,
Elles vivent sans être courtisées et se fanent non respectées,
Se meurent à elles-mêmes. Les douces roses ne font pas ainsi ;
De leurs douces morts sont faits des parfums plus doux encore ;
Il en va ainsi de vous, belle et charmante jeunesse,
Quand vous vous fanerez, la poésie distillera votre vérité.