Pz 203

La flèche d’argent se fige la nuit
Au rire des étangs fleuris
Le clair et l’obscur
A l’assaut du rideau de gel
Se convulsent en un fracas de givre
Les bougies sont des bijoux
Qui éclairent les papillons volants
Le rideau de perles
Préfère l’insomnie
Aux longs sourcils

Pz 202

Tachetées de lumière
Les galeries suspendues
Surprennent l’homme-coq
Quand survient l’éclair de l’aube
Sous ses brocarts turquoise
L’homme-coq se tait
Plutôt que de brocarder
Les femmes toujours plus nues
Toujours plus mures
Un corbeau pleure devant le puits

Pz 201

Le ciel est liquide
Devant le palais mobile
Se dispersent les lucioles
Les bambous jaunissent
Les lotus meurent
Un fil de lune palpite
Les jardins sont frileux
Les cours sont désertes
Le vide épure la blancheur
La rosée fleurit à tire d’aile

Pz 200

La petite fleur enrage contre la nuit
Seul un homme rêve de retour
L’insecte fait la soie
Sur un mur la lampe dessine des fleurs
La lune cache un rayon
L’arbre penche une ombre
La rosée dessine ma langueur
Cousant des fleurettes
A la surface de l’eau
Que je caresse

Pz 199

Les étoiles s’enroulent en archipel
Elles frissonnent
La rosée s’étend doucement
La cime des arbres jaillit
Les orchidées s’endeuillent au jardin vide
Le ciel noir présente ses marches
Les feuilles de l’étang s’effrangent
Ta robe qui dansa transparente
Eprouve le froid de l’automne
Le vent de l’aube est une caresse

Pz 198

Coupons la soie grège
Et les bambous
Les robes constellées de givre
Ne sont pas des nattes
Un miroir rouge de feu
S’ouvre à l’orient
La roue d’une aura
Tourne en vacillant
Le dieu pourpre
Vient sur ses dragons

Pz 197

Les rideaux sont agrafés
Les portes sont désertes
La soie légère
La fleur de plomb
Se cueille au puits
Notre salon de fraîcheur
L’ambroisie y lave les émeraudes
La moiteur parfumée
Pleure des joyaux
Tourbillonnent mes manches

Pz 196

Fraicheurs du matin et du soir
Les arbres forment un toit
La verdure nait après les nuages
Un parfum de pluie
Bleuit l’espace
Les fleurs s’enroulent aux feuilles
L’eau oisive affole le bassin
La lumière fripée se noie
Il n’est plus d’envol furtif
Les rouges évanouis attisent la ténèbre

Pz 195

Le vent emplit l’oeil de printemps
La ténèbre jaune des saules me tue
Nait un souffle de bambous
Pures comme l’eau dansent
Les chemises renaissantes
La lumière et le vent
Sollicitent les orchidées
Les oriflammes adoucissent
Le chemin des murailles
Les fleurs mortes sèment l’automne

Pz 194

Pour les hommes aux rires d’orchidée
Le vent est un parfum
L’hirondelle barbare apostrophe
Le printemps qui la grise
Les nuages du soir assombrissent
Les vertiges d’un chignon
De roseaux aux ailes d’or
Le souffle dansé des jupes de perles
Le voyageur d’ivresses frissonne
Le ponton chante un adieu