Pz 173

La paix du repos fige le pur encens
La tempête s’approche et la mer n’est pas loin
Je plane
L’essence est réelle dans l’oubli des formes
il y a des interdits de saison
Savez-vous si vos vers sont d’or, poète lauréat ?
Quand l’âme est joyeuse, le corps sourit
L’esprit monte au vent pour planer
L’histoire littéraire culmine
Grâce aux foules des lettrés accomplis

Pz 172

Je ne serai jamais le petit rond à lunettes noires
Seul et sobre il ne lui reste qu’à se suicider
Les danseurs fous têtent aux danseuses sages
Il est d’exécrables faux-sauveurs
Des monstres mal dégrossis
En mon dedans je cisèle mon ciel
La louve fait des louveteaux
La troupe désaltère ma simplicité
La pureté régale mes amis
L’abîme transparent me fait perdre l’usage de ma bouche

Pz 171

La lune est une perle je ne saurais m’en faire une chemise
Je ne connais pas de halo ni d’aura
Je est un autre qui lui est repu
Un autre un non-soi un sans-moi
Sans-moi jouit de la soie
J’en connais un qui préfère errer
Il oublie d’avoir du goût
Il y a tant de tentations
Qu’on ne m’abreuve pas de conseils que je ne boirai pas !
Les anciens se confiaient la fin de leurs voyages

Pz 170

Tel que je suis assis je ne cille
Ma substance ne rencontre aucun obstacle
Je saisis toutes chose avec de toutes petites pensées
Je n’use pas de la Pensée
Mon fauteuil n’est pas un trône
Je ne sens plus mon corps
La lune claire est une perle
Même pas grosse
Mais je ne sais pas quoi en faire
je ne saurais pas en fabriquer un bijou

Pz 169

Qui ne tente rien n’a rien
Qui a gagné au loto a joué au loto
Ne méprisons pas la sagesse des nations
J’ai de la passion pour les rêveurs
Je parcours à loisir le côté qui me passionne
je hais la vieillesse chenue
Qui a plus de mérites que de vertus
Inébranlable j’oublie assis
Le ciel immensément à l’aise
Je joue à l’omniscient moi qui ne sais rien

Pz 168

Comment un poison exprime-t-il
Quelque chose de la raison ? Et un poisson donc !
Je relève de la spontanéité du divin
Je rivalise de finesse avec le ciel
Si c’est nécessaire je deviens mystique
j’ai horreur de ce qui pourrait chagriner mon intégrité
Le soleil goutte d’une trouée céleste
Descend en compagnie de ses rouges d’aurore
Il aime vachement les vaches
L’extraordinaire est une banalité

Pz 167

Ne méprisez pas le vin
Choisissez-le généreux
Il efface l’amertume des mauvais rêves
Il vous rend à l’émerveillement
Un petit saut est un bond mystique
Le vin est un destin
Comment vit-il celui que je suis ?
Tout est question d’instant
Comment le riz radicalement inconscient
Nous fait-il remonter aux principes ?

Pz 166

La bougie rouge se rallume !
Le charme des drames ultimes !
L’encre des nuages noirs fait disparaître les monts
Aux rafales de vent le lac se dévoile
Reflétant le ciel
Poissons et tortues viennent nous visiter
Pas plus que les lotus ils n’acceptent d’ordres
La barque de vent fait tanguer la lune
Je dors volontiers sur un oreiller d’eau
La merveille est l’émerveillement

Pz 165

A l’abri des prédateurs protégé des éléments
je suis le dernier bastion de l’hiver
Maintenant je descends en plaine
De parfum en parfum un nuage m’a surpris
Endormi contre un arbre
Je me réveille au coeur de la nuit
Les amis sont partis
L’encre noire du ciel dilapide les principes
La pluie ricoche en perles
La barque sourit malgré l’averse

Pz 164

Le Vieux et sa chamade ont nourri mille morts
Les pêchers en ont rougi
La robe de mon cheval est étrange et verte
La brume se mêle toujours au printemps
je ne veux pas lever le coude
Pour que les héros rencontrent les maîtres
Le prince prodigue enfanté par la soie
Répandra sur les terres tout le vin du monde
Les cheveux morts abandonnent les peignes
Je sais à présent ce que masque l’âge de vingt ans