Rares sont les hommes qui chevauchent les tigres
Tel celui-là qui parcourt les bords du monde
L’éclat de son épée illumine le vide
Qui en bleuit Le nouveau pilote de l’azur
Irait jusqu’à fouetter le soleil
La cendre ultime des temps dispersés
Se retrouvera aujourd’hui
Une perle de nectar dans la gueule du dragon
Le chant du champ fleuri est d’une atroce beauté
Les larmes agrandissent les yeux ivres
Pz 162
Je poursuis la lune dans l’eau
Je n’ai aucune envie de m’amuser à ce qui amuse tout le monde
S’éloignent les oiseaux
Se dispersent les hommes
Les fleurs tombées couvrent ta robe
Un couple un autre couple un autre encore
Le soir nous surprend
Cette nuit les cheveux des nymphes ont blanchi
L’ivresse fait glisser le ciel dans l’eau
Une barque de rêves sur le fleuve des étoiles
Pz 161
Un chef ça se veut chef
Un homme de bien aime son quotidien
Si je chante la lune vacille
J’aime la joie du mandarin de cuivre
Le Mandarin de Cuivre c’est un mont
J’y resterais mille ans dans l’oubli du retour
Les monts rivaux s’effacent
Nous buvons ensemble aux fleurs naïvement écloses
Le sommeil saoul me prend
Reviens demain ami !
Pz 160
La lune et l’ombre sont amies
La lune hésite à mon chant
L’ombre danse avec moi
Nous veillons ensemble dans la joie
Les amies inanimées se séparent de moi
Nous prenons rendez-vous
Les fleurs rient de l’exilé
Je danse épris avec la lune complice
J’aime sa joue
La lune n’offre jamais qu’une joue
Pz 159
Je bois souvent seul sous la lune
Je suis le seul à boire sans compagnon
Le lac est petit Ce n’est pas un étang
Je lève mon verre je convie la lune
Voici la lune elle me fait de l’ombre
Nous sommes trois
Mon ombre me suit sans comprendre
Elle ne prend aucune initiative
Sauf d’être là grise et plate
Débordons de printemps !
Pz 158
Au dernier couplet les étoiles ont pâli
C’était une de ces nuits d’automne
Où la brume s’absente
Le courant nous porte jusqu’au ciel
La lune nous fait crédit
Les nuages nous vendent un peu de vin
Le vieux céleste distille encore son vieux printemps
Je suis perdu sur l’océan sans rivages
J’invite en vain la lune
La lune ne sait pas boire
Pz 157
En descendant du mont le montagnard m’offre à boire
Nous sommes suivis par la lune
je me retourne pour voir la sente
L’horizon verdit
L’obscur sentier s’enfonce parmi les bambous verts
Je me laisse effleurer par le lierre
Nous devisons dans la paix et l’allégresse
La piquette se boit bien
Longtemps nous chantons et dansons avec les amis
Nous savourons l’oubli des principes
Pz 156
Les parfums de l’étang macèrent avec les nénuphars
Qui chantera le charme des nénuphars ?
Les merveilleux nénuphars !
Un petit paysan donne la main à la jolie danseuse
La neige est définitivement partie pour quelques mois
L’oiseau de nos nuits accompagne le chanteur sourd
L’étang est printanier désormais
L’ombre des vagues nous secoue
Les poissons et l’eau s’enivrent à mes coups de rame
L’oiseau et les fleurs répondent à mes rimes
Pz 155
Au pavillon sur l’eau où la fraicheur s’étend
je m’en vais ramer avec le soir oisif
Les ombres me montrent des roseaux
Des lianes des bambous
Au patriote ivre il faut prêter la main
Que faire d’un rayon de soir dans la brume ?
La barque tangue elle roule aussi
Légère elle vogue Rien ne la pousse
C’est moi qui rame
Je l’ai déjà dit
Pz 154
Un type renonça au renom pour l’ivresse
Un mec trônait par vent pur au café des torrents
A peine pompette il s’affaissait
Un gars caressait une guitare à cordes dites de dragon
Le couchant s’est noyé à notre insu
Mon esprit voguait pour se tester
Aux monts et aux rivières
J’attends l’accord de nos vieux coeurs
Un danseur ivre cherche une danseuse
Savourer en silence n’est pas tout