Demain commence aujourd’hui et même hier
La vie est flottante pour combien de temps ?
Beaucoup de gens repêchent des noms vides
La route du torrent est droite
On rentre à la lune au chant de la nuit
Je m’agrippe aux branches
Je ne me blesse pas à la mousse des rochers
Je ne voulais pas vraiment vivre
Mais rester tranquille
Finalement j’ai vécu et je me sens tranquille
Pz 152
Les torrents ne font pas l’histoire
J’ai bâti mon refuge chez les humains
Mais la ville est un tumulte
Les lieux sont lointains pour l’esprit lointain
Je cueille des fleurs aujourd’hui des chrysanthèmes
J’éprouve le lointain des montagnes
On ne peut dire le réel dans l’oubli des mots
Un adepte s’enterre au sein du peuple
Je parie sur un nuage
Je souffre de l’éveil d’un seul
Pz 151
Tout est un
Le monde est ma demeure
je partage tout avec tous
Donc avec vous
Je m’attache à toi
Tu est rare entre toutes les femmes
L’homme de silence ne me quitte pas de toute mon ivresse
Je me confie à qui me connait
La vie est un flottant séjour
Les barbares sont trop humains
Pz 150
J’aime le vin de la connaissance
Quand il est rafraichissant
Ciel et terre ne durent qu’un matin
Nos pas ne laissent pas de traces
Nulle part je ne demeure
La vie est mon seul travail
Je ne sais faire rien d’autre
Dois-je faire l’éloge de la vertu ?
Il en est qui ne travaillent que le vin
Rien d’autre
Pz 149
Il est des sacrements éternels
Pris de vin je songe à l’homme de silence
Il ne me quitte jamais quand je suis ivre
Je suis pour l’abandon des rituels vides
Je me demande si j’ai bien raison
Ils sont comme une mémoire
Ce jour en secret je bois longtemps
Laissant la vie aller de soi
Unis dans l’ivresse ravis
Savourons l’existence dans l’oubli des principes
Pz 148
Les nuages sont proches
Le matin froid glisse de la montagne profonde
Devant ma fenêtre s’immobilsent les vapeurs de givre
Nudité des forêts silence de l’étang
Les singes craquent devant les noix
Le violon apaise le vacarme des pensées
J’ai assez de patience pour supporter les maux d’autrui
La rivière est la compagne de ma nuit
J’adore les voix des chanteuses
Je me demande si j’aspire vraiment à la sagesse
Pz 147
La montagne déborde d’instants parfaits
Jouons dans l’oubli du retour
Les parfums des fleurs me taquinent
La joie efface le proche et le lointain
On ne s’évade pas prisonnier des parfums
Un disciple me répond : « Le maître est parti
Cueillir des simples dans la montagne »
Les maîtres ne sont jamais là pour moi
il est heureux que je ne sois pas un disciple
Les terrasses glissent vers le bleu subtil
Pz 146
A quoi ressemblerait la montagne parfaite ?
Les bleus s’y confondent peut-être
Fleur des métamorphoses
Les principes se partagent la journée
Le coeur s’amuse à vomir les nuages
Les yeux s’écarquillent
Un seul regard je m’évanouis
Les autres monts aussi s’évanouissent
Dans la fenêtre une montagne de neige
Imparfaite Elle commence à fondre
Pz 145
Teddy, dis quelque chose d’intelligent pour une fois
Les éclats de lune se multiplient entre les pins
La source reste claire sur les rochers
Les parfums du printemps s’évanouissent
La voie vous prend au coeur de l’âge
Seul je la suis quand la joie me prend
Je croise en chemin le semeur de forêts
Nous rions ensemble jusqu’à l’oubli du temps
Le soleil au couchant éloigne les montagnes
A notre porte le chien de Teddy aboie
Pz 144
Les montagnes débordent de chercheurs
Vous nous regardez depuis les lointaines cités
Je n’aime voir que les nuages blancs
Les merveilleux nuages
Je pense à elle qui passe comme un nuage
Je veux partir Je ne sais plus partir
C’est à regret que j’abandonne les pins et la résine
Si je puis délaisser les monts bleutés
Qu’adviendra-t-il du vert torrent ?
Après la pluie nouvelle le temps est à l’automne