Dg 34

Il est utile d’écrire les événements de l’année en cours
Il y a de quoi faire en fer enfer et en béton
Il n’y a pas longtemps nous étions au printemps
Le givre est rare et petit
Il faut être fier de ce qu’on est de ce qu’on vit
Que vit-on ? Le bruissement du vent ?
Le tao interroge en donnant la réponse
La réponse est une énigme
Dont personne n’a la clé
Je pense qu’au mieux il y a plusieurs clefs

Dg 33

Du tac au tic pour éviter le toc
Et surtout pour éviter le pire
Rien n’est pire qu’une mauvaise plaisanterie
Sauf l’absence de plaisanterie
Mot d’esprit et subconscient sont liés
Sont liés au tao qui rit
Le tao rit pour ne pas pleurer
Il rit de ne pas pleurer
Avec le thé je mange un petit gâteau
Petit mais délicieux

Dg 32

Je ne m’en rends pas compte
Le son de cloche se mêle à l’émeraude des arbres
La maison de mon vieil ami est là
Les tournesols sont murs
Je me rappelle mon ombre solitaire
Vidant son verre Me voici ivre !
Mes vers sont distribués sans ordre particulier
Sont-ce des vers seulement ?
Ils jonchent sans jonc
Le jonc m’a toujours parlé des joncs

Dg 31 Epris du tao

Epris du tao sur mes vieux jours
La rosée rafraîchissait le goût des fruits sauvages
Le fleuve me cueille sur mon oreiller
Les fleurs et les paroles éclosent
Le fleuve rejeta la lune
Les nuages nous frôlent
Le plaisir est loin d’être épuisé
Loin de la poussière très loin
Si je n’ouvrais je n’ouvrais mes livres livres
De poèmes taoïstes

Dg 30

Ma maison est petite Elle est grande pour moi
Le vin est limpide comme la vie
Les vieillards sont confus en même temps
Ivre l’invité oublie qu’il est étranger
A quoi bon donner de la valeur aux choses ?
Le portail est fermé
Je me réveille sans déranger personne
J’arrive à l’âge du tao mon étude est confuse
La clarté immédiate multiplie l’illusion
Je ris avec le bûcheron

Dg 29

je retourne vivre au jardin
je ne m’adapte pas au monde tel qu’il est
Ma joie était sans limites quand j’étais saoul
La bouilloire est bouillonnante
Le plaisir du thé est illimité
La flamme de la lampe est courte
J’ai mal aux yeux et à la tête
Les vagues tapent contre la jonque
Je possède un pavillon dans les bambous
Je pratique la contemplation

Dg 28

J’inscris ces poèmes sur des rocs
Certains cailloux sont d’une blancheur épatante
Mon sentiment d’insouciance s’épanouit librement
Homme sauvage je suis tombé dans ce monde par erreur
Les pièges sont innombrables
La forêt sur le paravent m’abrite
Ecume neigeuse et fleurs laiteuses flottent sur mon thé
Je déguste deux bananes et de bonnes petites choses
Dont une crème brûlée
La rivière limpide rejoint le fleuve immense
Seules valent la peine les joies frugales

Dg 27

Un torrent à ta porte une montagne à ta fenêtre
Je ne t’envie pas J’ai le ciel et la mer
Trois fenêtres trois mers
Les oiseaux chantent confusément
Tous seins offerts une fumelle est bien là
Les neiges sont lointaines
Tu dis qu’un tigre te hante
Ce n’est pas plutôt un tricycle ?
Le bruissement d’un pin est celui de l’automne
Les fleurs sauvages s’épanouissent

Dg 26

Au début de l’hiver pourquoi ne pas visiter
Le temple des nuages ?
Je n’ai personne avec qui discuter ?
Je relis mon blog
Notre vie flottante est rapide comme l’éclair
Le ciel est immuable Comme il change vite !
Regardons nos visages !
Je chevaucherais la brise légère
J’ai le souffle faible l’esprit divisé
Pour moi le tao commence à quatre-vingt-z-ans

Dg 25

Le tao ne se réduit pas
Et surtout pas à des jeux de mots
Mais il leur ressemble un peu
L’amour exige qu’on soit deux
Pour certains il faut n’être qu’un
Le taoÏsme n’est pas une religion
il est une sagesse une sagesse quotidienne
La victoire du bon sens allié au sens commun
Deux sens valent mieux qu’un
Mieux vaut avoir du sens que signifier quelque chose