Un jour nous perdîmes un mouton
Dans la montagne il y a beaucoup de sentiers latéraux
Ces sentiers latéraux ont eux-mêmes des sentiers latéraux
Un jour notre père nous accueillit tous les trois
L’ainé dit : « Par humanité et par justice, je respecte mon moi et laisse de côté mon nom »
Le second dit : « Par humanité et par justice, je tue mon moi et je me fais un nom »
Le troisième dit : « Par humanité et par justice, je perfectionne mon moi et mon nom »
Beaucoup de gens qui apprennent à nager apprennent à se noyer
Il est vain d’opposer la justice et l’humanité
Nos docteurs se gâchent la vie à cause de la multitude de leurs opinions
Le plus souvent l’origine est unique Seules divergent les conclusions
N’échappe au péril que celui qui revient à l’unité, qui se tourne vers l’égalité
Tj 40
Il y a des différences comme le haut et le bas, l’amour et la haine, qui me travaillent à tort l’esprit i
Il y a des oppositions naturelles
C’est ainsi et il est inutile de chercher à savoir pourquoi il en est ainsi
Pour celui qui se soumet à la nécessité il n’existe plus ni tort ni raison
Pour celui qui respecte la nature, il n’y a plus ni sécurité ni danger
Cet humain ne croit à rien et à tout
C’est ainsi qu’il possède la vérité
Pourquoi agir, pourquoi ne pas agir ?
La justice ou l’injustice sortent de nos actions La réponse est dehors
Sois attentif à ce qui sort de toi
Tj 39
La production originelle et la cause de la vie ne meurent pas
Le conditionné meurt
Les conditions et les raisons de la mort ne sont pas la mort
La vie vient de la mort
La vie est bonheur
Ce qui produit la vie sans raison apparente est le Tao
Mourir est aussi le Tao
Un copain est mort, j’ai chanté
Un autre est mort, j’ai pleuré
La foule chante quand il y a une naissance, pleure quand il y a une mort
Ce que le ciel ignore est inconnu
Aucun secours ne vient du ciel
Nous ne savons pas d’où vient le mal
Vivre vient de soi-même, mourir vient de soi-même
La vie, qu’on la prenne comme on veut, ne va pas de soi
La vie et la mort viennent naturellement
Il est inutile de conjecturer sur le bonheur et le malheur
Tj 38
Une belle femme était méprisée
Une femme laide était honorée
La belle femme se considérait comme belle
La femme laide se considérait comme laide
J’ignorais la beauté de la belle
J’ignorais la laideur de la laide
Vivez en sages !
Ne soyez pas conscients d’agir en sages
Le Tao n’a pas d’origine et produit toujours
La vie vient de la mort et est bonheur
Tj 37
Le devenir ne cesse pas
Le devenir cyclique ne cesse pas
Personne n’appréhende les changements secrets du ciel et de la terre
Lorsque les choses diminuent d’un côté, elles augmentent d’un autre
Personne n’est attentif aux transitions invisibles
Un humain change chaque jour
La vie ne connait pas le repos
Certains humains ne parlent volontiers que des plaisirs de la vie et oublient ses amertumes
Ils savent que la vieillesse est décrépitude et qu’elle apporte la paix
A.B.I. 32 : Marx + Montesquieu
Précédent A.B.I le 15 / 12 / 2016
L’ami néerlandais, ancien ami hollandais, nous écrit :
« Dans la deuxième partie de sa série A.B.I., l’ami Dhoquois a mis en valeur son premier ouvrage, « Pour l’histoire ». il y dévoilait sa théorie des modes de production. Il doit celle-ci à Marx.
il s’est arrêté là pour A.B.I. et c’est bien dommage car, dans son deuxième bouquin, Guy a publié sa théorie complémentaire des « formes politiques » qu’il doit à Montesquieu. il s’agit de « Critique du Politique » ( 1983 ), douze ans après « Pour l’Histoire »
Marx + Montesquieu : les deux fondements de Dhoquois, du Dhoquois théoricien de l’histoire bien sûr
Selon lui l’Histoire humaine a deux bases, deux instances fondamentales, en dehors surtout de l’idéologie et de la parenté. Ces deux instances sont la Production et le Politique
PRODUCTION + POLITIQUE = MARX + MONTESQUIEU
Tj 36
C’est tuer un paysan que de lui octroyer un long repos
Il mange ses légumes, ses racines, ses feuilles, il les trouve savoureuses, en particulier ses tiges d’orties
Ses muscles sont noueux, ses veines saillantes, il est ramassé sur lui-même
Qu’on le laisse faire une grasse matinée et la fièvre l’envahira
S’il conseille son menu aux gens importants, il sera moqué
Ne posséder que bien peu de choses et s’en accommoder est recommandable
Posséder beaucoup et en profiter, belle maison, beaux vêtements, mets fins, jolies femmes, est recommandable, mais il n’est pas conseillé de vouloir plus
Une nature insatiable ressemble à un ver rongeur
Tj 35
Les désirs de longévité, de renommée, de rang et de dignité, de biens et de richesses engendrent la crainte
La réussite de ces désirs nous échappe quelque peu
Celui qui ne se rebelle pas contre la vie n’aspire pas nécessairement à la longévité
Celui qui n’aspire à rien est libre Sa destinée ne dépend que de lui-même
Ceux qui n’ont aucun souci pour se nourrir, se vêtir, se loger se moquent des menées des princes et de leurs ministres
Tj 34
L’être humain est semblable au ciel et à la terre car il recèle en lui leurs éléments
Il n’a ni poils ni plumes Il est petit et peu fiable Il ne survit que grâce à son intelligence
Il vit aux dépens du monde extérieur
Une fois nés nous nous devons de conserver notre vie et tout ce qui y concourt
Notre moi est plein de vie il nous est impossible de le maîtriser
Même si nous sommes à l’unisson des autres êtres nous ne maîtrisons rien
Nous ne disposons pas librement de ce qui est moi et de ce qui est hors de moi
Il serait parfait de s’identifier avec tout ce qui est dans le monde de l’ordre du moi et avec tout ce qui est de l’ordre des êtres
Tj 33 : Décodage du code TJ
La série au nom de code TJ est tirée d’adaptations libres d’une partie du « Vrai classique du vide parfait » attribué à Lie-tseu, auteur de la fin du V° siècle avant J.C..* ( titre primitif : »Livre de la simplicité et de la vacuité » **)
Nous avons affaire à un classique du taoïsme qui dialogue avec le confucianisme et touche à l’esprit magique.
Il atteint certaines limites, sinon de l’esprit, au moins du mien.
IL NY A PAS DE VIDE PARFAIT, IL N’Y A PAS DE CLASSIQUE VRAI ( SAUF QUE LE CONTRAIRE EXACT EST CONSTATABLE )
* Nous avons utilisé la version française publiée chez Gallimard, Folio essais, 2011. Nous ne traduisons pas, nous ne translations même pas, nous adaptons avec une liberté peut-être excessive. Il nous arrive d’intervertir les articles
** Nous préférons le titre primitif que nous adaptons :
« Livre de la simplicité et de la vacuité »
La simplicité est vide et le vide n’est pas simple
LA SIMPLICITÉ EST VIDE ET LE VIDE N’EST PAS SIMPLE