L’Ab

L’Ab vous regarde de loin triste de devoir vous rencontrer Il a un air comme s’il avait d’autres airs en conserve L’Ab a du succès auprès des femmes y compris la belle et intelligente Malé J’ai l’impression qu’il les salit rien qu’à avoir une relation L’Ab est un dieu tout puissant quI est OBLIGÉ DE SE DISSIMULER car les forces hostiles sont trop nombreuses L’Ab ne parle qu’à ceux à qui il veut bien parler L’Ab a du succès quand il parle des révolutions des autres

Ma 13 : Le Ma

Le Ma ( nom de code : Ma ) n’est pas un essai poétique ordinaire, c’est du reste la première fois que je m’y risque. C’est un genre musical dont l’équivalent en musique pure serait la rhapsodie. Il ne faut pas y chercher une histoire ou des histoires, un sujet ou des sujets, mais une musique faite des mots et pour les mots, leurs sonorités propres, leurs évocations purement concrètes, phénoménales.
Il ne faut pas y chercher un sens, mais un plaisir simple. Cette suite est même dépourvue d’affectivité sauf que celle-ci se glisse ou demeure en profondeur. Une autre comparaison, tout aussi incertaine serait que cette série se glisse entre épiderme et derme. Le tableau devient abstrait.
Une première introduction à la musique de référence pourrait être « l’Offrande musicale » de Jean-Sébastien Bach.
L’immense poète qui a rendu possible ma tentative, qui lui a donné sa base verbale, linguistique, est Stéphane Mallarmé. Seul le Ma 11 ne lui doit rien.
Il est presque inutile de lire un poème à part, ce qui compte c’est la suite, la série. Dans un collier, l’ensemble importe, pas chaque perle.

Ma 12

Une solitude très quelconque
Sans la stance ni le quai
Mirait sa plénitude au cap
De la toute dernière longitude

J’ai abdiqué du regard
La désuétude au menton
Du prix du à l’hôpital
Je monte à cheval

Sans le cygne ni la gloriole
Pas de joie à ne pas toucher
Faute de désuétude qui coupe au couteau
Qui ne tranche pas qui n’a jamais rien tranché

Jamais la gloriole ne fut la gloire
De ne pas se coucher sans espérance
Sous le ciel qui rigole et se bariole
De la farandole de nos espoirs

Les ors du coucher dans la chambre à coucher
Qui langoureusement longe
Les ors périmés des fugaces soupers
Sans que l’oiseau préféré ne songe
L’exaltation du linge bronzé
Il plonge dans l’ombre nue

Ma 11 : hors norme

L’Islande n’est pas une île
Le Groenland n’est pas vert
Terre-Neuve n’est pas nouvelle
Le Labrador est une gros chien qui dort
La Floride est un pic qui déchiquète l’Atlantique
Les Antillles sont pierreries éparses sur l’océan
Pernambouc n’existe pas
La Terre de Feu rejoint le cap Horn
Le cap de Bonne-Espérance ferait bien de se souvenir qu’il fut le cap des Tempêtes

Ma 10

Les rafales à propos de tout et de rien
Autant occuper la rue
Qui s’occupe de la rue ?
Le noir vol des chapeaux
Veut ma peau ce n’est pas croyable
Veut ma peau

Dans le tourbillon des draps
La fureur est éparse en quoi ? Je ne sais pas
Je ne l’ai jamais su L’écume est plus forte que tout
Et toi tu te soulèves à peine

L’écume qu’à grand peine nous vécûmes
Pour lui ou plutôt hormis lui nous bûmes
La joie de vivre ou de nez à vivre
Sauf vous qui vivez sans odorat particulier

Rebattu sans humour véritable
Devant vous immobile ivre spirituelle
Devant vous sans tutu danseuse à miel
Sans se faire autrement de bile

Le singe rieur ne me fait jamais la fête
Où avais-je donc la tête ?
Quel air je fais-je ? Enlève le premier jeu
Tout de suite me dit-on Eh ! le con !
Nous sommes tous cons dit le con

Ma 9

Impavide tu dénonces le mot
La soupe est bonne de temps en temps
Tu charries en chemin Pourquoi ?
Tu coupes les compliments en quatre

il es de bon goût de se nuancer
Le soleil est pur des mauvaises pensées
Quand il y a trop d’éclat vous vous taisez
Chère amie Vous avez ébloui ma chemise
Maintenant elle serait toute fripée

Le vitrier n’est pas transparent
Il crie il crie Il est inspiré
Inspiré n’est pas le mot
La femme elle aspire respire inspire
Le vitrier me dit que je suis idiot

Qu’importe le titre quand l’histoire est bonne
Moi je travaille sans titre de voyage
je crie mes imprimés dans la cour
Où nul n’entend jamais personne

L’oeil vif la moue épaisse vous vous ébrouez
Sans contenu digne de ce nom dit-on
Les hallebardes nous préparent à nous
Mes hardes me séparent de mon corps nu

Ma 8

Rien au réveil que vous n’ayez mille fois tenté
La moue est pire si le rire la secoue
Vous étendez vos ailes sur les oreillers

Vous sommeillez indifférente
La crainte que votre haleine dénonce
Quelque chose qui vous soit arrivé

D’une moue très quelconque
Vous déjouez les rêves merveilleux
Mon diamant est impayé
Fleur sur la joue tu mens
Non tu joues la mouise

L’élégie est toujours en pleurs
J’hésite la malfaçon me déplait fortement
La femme l’enfant et qui en plus de ça ?

Ma 7 si chère de loin

Si chère de loin que Baghera s’étonne
Si délicieuse Marre elle se marre
Quelque baume rare énoncé par mensonge
Du boutiquier mal rasé par cristal embouti

Un an n’est pas une année car une saison n’est pas une saison
Une saison n’est pas le printemps Une année c’est des saisons
Ma réflexion n’est pas réflection mais elle fait rêver
Comme dans le cristal obscurci un beau bouquet

Ma réfection prendra du temps Pourquoi faudrait-il
Que ton sourire soit éblouissant ? Prolongation
La même rose dans son bel été plonge C’était vrai autrefois
Aujourd’hui aussi Dans le futur c’est égal

Le bouquet de cristal obscurci ne fait pas de don
Aux petites soeurs Son cristal noir se prolonge
La rose même qui plonge La vie est acerbe acide
Elle est acoustique surtout Le coeur cherche à s’entendre
Il s’exalte dans un chuchotement dit ma soeur

Il était un grand trésor à la porte de la prison
A la tête toute petite Il m’a enfermé à nouveau
Dans le baiser à cheveux rouges

Ma 6

Madame mon surplus d’ardeur ne vous enflammera pas
La rose cruelle et déchirée se lasse du tralala
Même de la blanche nuit ou de l’habit de pourpre
Me place en diamant sur le saule qui pleure

Sous les brises de rosée ma tête gentiment
Briserait bien la crise si je pouvais briser
Orageux le ciel passe sans me casser
Jaloux d’apprécier le moindre espace
Au simple jour de jouir du sentiment

Nous serons bien d’accord si nous disons tous ensemble
Que chaque année quand sur son front
Renait la brise spontanée qui refuse au cyclope
La joie de la dernière clope revient l’espace

L’apparence est pour moi ! Un nouvel inventaire
Dans la chambre des écureuils s’étonne
D’avoir à raviver le peu qui reste d’émoi
Tant notre frilosité tardive est monotone

Ma 5

A ces heures sans que rien ne l’émeuve
Même passion souffle de très chère
Ta vétusté n’a d’égale que ta vénusté
Comme furtive et pourtant si visible
Pli par pli se démet la veuve de pierre

La preuve ne semble pas une preuve
Sinon d’épandre faute de s’épancher
L’immémorial baume antique
Le temps est trop content
De la soudaineté de notre amitié nouvelle

Très chers vous rencontrer ne fut jamais banal
La ville pourtant si bancale multipliant l’aube
Aux cygnes du défunt chemin qui longe le canal
Pour les promenades de nos chers disparus

Cette cité solennelle en sa médiocrité même
Un autre de ses fils file un mauvais flocon
Un autre vol désignera l’oie blanche
Dont nous comptons oh esprit nous gaver