Mn 54

Rappel : Nous ne suivons pas le prolixe Mencius historien

Je me souviens d’un ministre
Qui se faisait passer pour sage
Quand le prince lui retirait sa charge
il s’inclinait bien volontiers
Mais il faisait nommer ministre
Un membre de sa famille
Afin qu’elle continuât à s’enrichir
Qui ne désire pas les richesses et les honneurs ?
Mais ce faux sage souhaitait les accaparer

Mn 53

Les princes d’aujourd’hui aiment enseigner
Et détestent apprendre

Quand je me prépare pour un voyage
Un peu d’aide m’est utile
Par contre quand je n’ai besoin de rien
M’offrir des présents
C’est m’acheter

Qui ne sait pas donner à manger
Aux bêtes d’un autre
Doit les rendre à leur propriétaire

Le sage sacrifierait pour ses parents
Tous les biens de l’univers

Quand un sage tombe dans l’erreur
Il se corrige aussitôt
Un prince d’aujourd’hui
Non seulement persévère
Mais publie son panégyrique

Mn 52

Ce n’est pas au prince d’inviter un sage à sa cour
Un roi prétexta une maladie
Pour annuler une invitation
Men tzeu usa du même prétexte
Pour ne pas s’y rendre
Le lendemain il alla pleurer un mort
En prétextant que son mal avait disparu
Il fit savoir au roi qu’il le respectait
Plus que quiconque
Puisqu’il ne comptait lui parler
Que de bienfaisance et de justice
« Le roi est riche
Je suis pauvre sauf en esprit
Trois choses sont respectables :
La dignité, l’âge, la vertu
Le prince a la dignité
J’ai l’âge et la vertu »

Mn 51

Pour défendre un Etat
Le moment favorable
Vaut moins que les avantages du lieu
Qui valent moins que la concorde entre les citoyens
L’ennemi peut choisir son moment
Il ne peut rien contre le lieu
Sans concorde il ne sert pas à grand chose
Que les défenseurs aient des épées affilées
Des cuirasses épaisses
De grandes provisions de grains
Lorsqu’un prince perd chaque jour des partisans
Ses parents eux-mêmes finissent par l’abandonner

Mn 50

Un type est resté célèbre pour n’avoir jamais refusé
Un emploi même ridiculement petit
Même auprès d’un prince vicieux
Pourtant il ne cachait pas sa vertu
Chassé de partout il ne s’indignait contre personne
Il acceptait la compagnie des hommes les plus grossiers
Il persistait à ne commettre rien de répréhensible
Quand on le retenait il restait
Jugeant impoli de s’en aller
Meng Tzeu dit :  » Il ne faut pas avoir des principes
trop stricts
Mais il ne faut pas perdre sa dignité »

Er ou Erotoques 91

Dans un camping en bord de mer
Deux adolescentes cherchaient l’aventure
Quand elles aperçurent assis tissant un panier
Un homme brun au poil dru torse nu
La plus hardie dit : « On se fait un plan-cul »
Un peu plus tard
Elle s’approcha de l’homme en mini-short
T-shirt étroit laissant deviner ses seins déjà gros
Le type comprit immédiatement
Embrassa la fille sur sa bouche rouge pour l’instant
En la tenant à l’entre-jambes
La prit par la main pour entrer dans son camping-car
Il se retourna vers la copine : « Viens ici toi »
Elle n’était pas armée elle entra quand même
Avec son short trop large et sa blouse trop ample
Son amie suçait déjà à gorge profonde
Une bite énorme La gamine prit peur
Le mec la retint de justesse
Elle se retrouva la poitrine à l’air
Les jambes écartées au dessus de sa copine
( Qui la gougnotait en se faisant défoncer
A la missionnaire gémissant doucement )
C’était à qui caresserait les petits seins
Puis elle aussi se fit déglinguer le minou
Dans un mélange de souffrance et de jouissance

Mn 49

J’ai connu un homme qui évitait
La société de quiconque
Ne lui paraissait pas en être digne
Fût-il un prince
Paraître à la cour d’un mauvais prince
Ou parler à un homme vicieux
C’était pour lui l’équivalent
De s’assoir en habits de cérémonie
Dans le charbon ou dans la fange
Il ne supportait pas qu’un chapeau
Ne fût pas droit
Il ne lisait pas une lettre d’invitation
Envoyée par un prince
Car il jugeait inconvenant
De les approcher, ces princes

Mn 48

Celui qui pratique la vertu d’humanité
Ressemble à l’archer qui se compose un maintien
Décoche sa flèche
Ne s’en prend qu’à lui-même s’il rate sa cible
On peut aimer être averti de ses propres fautes
Saluer quiconque vous donne un bon conseil
Mieux, considérer la vertu comme le fonds commun
De l’humanité qui fait valoir notre accord général
En conséquence renoncer à ses sentiments propres
Prendre modèle sur les autres
Les encourage à pratiquer la vertu

Mn 47

Celui qui fabrique des flèches craint
Qu’elles ne blessent pas
Celui qui fabrique des cuirasses craint
Qu’elles ne protègent pas
Une magicienne profite de la vie
Un menuisier qui fabrique des cercueils
Profite de la mort
Un voisinage raisonnable
Est fondé sur la probité, la justice
Celui qui n’a ni humanité, ni sagesse,
Ni urbanité, ni justice
Tombe au rang d’un esclave
Au rang d’une chose

Mn 46

La compassion est le principe de la bienfaisance
La honte, l’horreur sont le principe de la justice
La volonté de céder à autrui est le principe de la politesse
La volonté d’approuver le bien et de réprouver le mal
Est le principe de la sagesse
Tout être humain dispose naturellement
De ces quatre principes
Comme il dispose de quatre membres
On peut et on doit les perfectionner
Qu’on soit du peuple ou qu’on soit prince
Comme on allume un feu pour l’entretenir
Comme une source jaillit pour poursuivre son cours
Celui qui ne développe pas les quatre principes
N’est pas capable de remplir ses devoirs
Envers ses parents