Mn 45

Mon adaptation de Mencius se veut brève. J’essaie en particulier d’éviter les répétitions qui ne me paraissent pas nécessaires.

Un groupe d’hommes aperçoit un enfant
Sur le point de tomber dans un puits
Ils éprouvent tous spontanément
Un sentiment de crainte et de compassion
Ce n’est pas pour se concilier les parents des enfants
Pour s’attirer les compliments de leurs contemporains
Pour éviter d’être traités de sans-coeur
Ne serait pas humain qui serait sans compassion
Qui n’aurait pas honte de ses fautes
Qui n’aurait pas horreur des fautes des autres
Qui ne saurait rien se refuser
Qui ne céderait rien à autrui
Ne mettrait de fait aucune différence
Entre le bien et le mal

Mn 44

L’Etat est en paix
Les princes s’amusent
Sont oisifs
Outragent leurs peuples
Il n’arrive à l’homme rien
D’heureux ou malheureux
Que lui-même ne l’ait attiré
On peut échapper aux maux
Que le Ciel envoie
On ne peut pas échapper aux maux
Que l’on suscite soi-même

Mn 43

La bienfaisance appelle la gloire
Le manque d’humanité appelle le déshonneur
A présent les princes craignent le déshonneur
Et sont inhumains
Comme un homme qui craindrait l’humidité
Et demeurerait dans un lieu humide
Pourquoi ne pas assumer la vertu ?
Ne pas honorer les lettrés vertueux ?
Ne pas donner les charges
A ceux qui en sont capables ?
Il est toujours le temps de perfectionner l’administration
Un oiseau est très fier d’avoir consolidé son nid
Un prince est fier de faire régner le bon ordre

Mn 42

Un prince qui emploie la force
Et fait semblant de travailler au bien du peuple
Est un conquérant un dominateur
Qui cherche et cherchera à se soumettre
Les autres princes par la force des armes
Un prince qui n’est influent que par sa vertu
Et multiplie les bienfaits pour son peuple
Est le véritable empereur
Un peuple qui n’est soumis que par la force
Obéira mal et se révoltera tôt ou tard
Un peuple qui se soumet de son plein gré
A un prince vertueux obéira avec joie

Mn 41

Par les rites on connait le gouvernement des princes
Par les chants on connait leurs vertus et leurs défauts
Confucius est sans égal
La licorne est un quadrupède comme un autre
Le phénix est un oiseau comme un autre
La montagne est un monticule ou une termit!ère
Le fleuve est un ruisseau
Un sage est un être humain
Confucius est un homme
Un homme sans égal

Mn 40 ou MENCIUS

LE PRINCE
+
LE PEUPLE
=
?
MENG TZEU ( DIT MENCIUS ) EST ENTRE LES DEUX
LE PRINCE RESPECTE LE PEUPLE
LE PEUPLE RESPECTE LE PRINCE
Le prince protège le peuple
Le peuple obéit au prince…..
…..

Mn 39

Un apprenti sage ne voulait servir
Que si le prince était légitime et vertueux
Et si le peuple était le sien et vertueux
Un autre disait :  » Le prince que je sers est mon prince
Le peuple que j’aide à gouverner est mon peuple »
Confucius estimait le moment
Favorable pour accepter une charge
Ou pour la quitter
Aucun des trois n’aurait voulu l’empire
Au prix du sang d’un innocent
Ni même au prix d’une injustice

Mn 38

J’en connais qui sont habiles
A discourir à disserter
Certains sont forts pour discuter
D’autres parlent d’eux
Comme s’ils n’étaient que vertus
Confucius unissait les qualités
Sans leurs défauts
Pourtant il disait : « Je ne sais
Ni discourir ni donner des préceptes »
« J’étudie sans satiété la sagesse
J’enseigne sans me lasser
Voilà tout mon mérite »

Er 90

Et tendrons de chanter
Et tendrons de danser
Un diableteau de la dernière engeance
Se proposait d’entrer dans la danse
Un tendron lui montra
Ce que d’habitude on cache
De frayeur il se sauva
Un jouvenceau de la catégorie imberbe
Surgit de nulle part
Loin de ses copains
Et tendrons de chanter
Et tendrons de danser
Autour du pauvre garçon
Qui n’en put bientôt mais
Celle qui n’avait pas de culotte
Lui fit bientôt son affaire
Sous les applaudissements

Mn 37

Il est bon de comprendre pourquoi
Un quidam émet une proposition fausse
Aveuglé qu’il est par ses mauvais penchants
Pourquoi parle-t-il sans fin ?
Je devine ses excès
Si quelqu’un médit et calomnie
Je sais en quoi il s’écarte de la voie de la vertu
Si une personne reste évasive
Je vois en quoi elle est embarrassée
Il y a là de quoi réfléchir