Meng tzeu, dont nous avons fait Mencius ( après les jésuites du XVI° siècle ) eut une mère exemplaire qui l’empêcha de courir parmi les tombes, d’aller seul au marché. Elle choisit une demeure proche d’une école.
Il a vécu des environs de 370 av. J.C. aux environs de 290 av. J.C.. ( peut-être de 372 à 288 ), alors que la Chine n’était toujours pas unifiée et que l’Empire restait un idéal.
Disciple de Confucius, près de deux siècles plus tard, Mencius, lui aussi conseiller ou plutôt consultant auprès des Grands, est optimiste sur la nature humaine, porte beaucoup d’attention au bon gouvernement et en particulier à l’économie.
Son recueil s’appelle simplement le Meng tzeu ( ou Mengzi ). Nous utilisons la traduction française de 1895 proposée par Séraphin Couvreur.
Mn 15
« Un prince qui rend service à plus faible
Aime le Ciel
Un prince qui obéit à plus puissant
Respecte le Ciel »
Le prince : » j’aime à témoigner de ma bravoure »
« Pas de bravoure sans grandeur
Il suffit souvent de déployer sa bravoure
Et sa grandeur une fois pour toutes
Le peuple doit craindre que vous manifestiez votre valeur
Il doit craindre que vous ne la montriez pas »
Mn 14
« Mon peuple trouve mon parc trop grand »
« S’il était ouvert au peuple
Qui ramasse du foin ou du bois de chauffage
Qui chasse les faisans ou les iièvres
il serait trop petit
Votre parc est comme une fosse
Celui qui y tue un cerf
Est puni comme s’il avait tué un homme »
Mn 13
Si le prince aime la musique
Il peut être parfait
Le prince n’aime que la musique moderne
La musique récente est aussi bénéfique que l’ancienne
Le prince na pas intérêt
A écouter la musique seul
Il doit l’écouter avec le peuple
Au son des cloches et des tambours
Des différents flutes
Le peuple sera ravi
Et pensera que le prince se porte bien
Mn 12
Si une famille plante des muriers
Autour de sa maisonnée
Les vieillards vivront dans la soie
Si les chiens, les poules, les cochons
Sont bien élevés
Les vieillards mangeront de la viande
Les laboureurs ne doivent pas être détournés
Des travaux des champs
Quand personne y compris les plus jeunes
Ne souffre ni de la faim ni du froid
Le prince est digne de l’Empire
Mn 11
« A présent les terres sont mal partagées.
Vos sujets n’ont pas de quoi nourrir leur famille
Même dans les bonnes années ils sont malheureux
Dans les mauvaises ils meurent
Ils craignent toujours de manquer du nécessaire
Comment auraient-ils le temps
D’apprendre la politesse, l’urbanité
Et la justice, l’esprit de justice
Surtout dans les écoles ?
Prince, pourquoi ne posez-vous pas
Les fondements d’une administration bienfaisante
Par exemple en procurant à vos sujets
Des biens stables, le droit à la propriété ? »
Mn 10
« Prince, vous voulez dominer et conquérir. Si quelqu’un cherchait des poissons dans les arbres, il échouerait, mais ne ferait aucun mal. Vous, vous suscitez de grands malheurs.
Si vous appliquiez la bienfaisance, tous les officiers de l’empire, tous les laboureurs, tous les marchands, tous les étrangers viendraient vous rendre service, se mettre à votre service ».
Le prince : « Mon esprit est envahi par les ténèbres, je manque cruellement de perspicacité… »
Meng tzeu : »Seul un disciple de la sagesse demeure stable dans la vertu alors même qu’il ne possède pas de biens stables. Sans propriété, les gens ordinaires se permettent toutes sortes de licences, de désordres, d’injustices, d’excès. Les punir, c’est comme prendre le peuple au filet.
Un prince sage distribue et partage les terres de façon à ce que chacun mange à sa faim et ne meure pas de famine pendant les mauvaises années.
J’ajouterai que votre sagesse se répandrait et que vos sujets cultiveraient la vertu sans difficulté. »
P.S. : On remarque que, des même que pour Confucius, j’omets les renseignements historiques et géographiques
Mn 9
Un prince gracia un boeuf
Qui tremblait de tous ses membres
Avant le sacrifice
Le prince fut unanimement
Condamné pour avarice
Sauf par Mencius qui continua :
« Imaginons quelqu’un qui soulève des gros poids
Et se montre impuissant devant une plume
Quelqu’un qui discerne de loin les feuilles d’un arbre
Et ne voit pas près lui la carriole pleine de bûches de bois ? »
« Je n’imagine pas, non. Mais quel rapport ? »
« Seigneur, vous êtes comme l’homme
Qui ne met aucune force
Pour soulever une plume
Qui ignore la carriole »
« Non, croyez-vous ? »
« Comment se fait-il que votre bienfaisance
Soit assez grande pour s’étendre aux quadrupèdes
Et ignore ses sujets ?
Vous pouvez, mais vous n’agissez pas
La bienfaisance qui se répand
D’abord en faveur des proches
Enfin aux extrémités du monde connu
Vous permet de le faire tourner
Sur le bout d’un doigt
Prince, est-il juste d’aimer les animaux
Plus que vos sujets ? »
Er 80
Une fille très douée
Se rendit au bord de la rivière
Pour dessiner les saules
Qui la bordaient
Elle se mit au travail
Avec application
Mais voilà que sortit des flots
Un jeune garçon tout nu
Notre jeune peintre en herbe
Se félicita de la chance
Qui lui offrait un modèle gratis
Un corps juvénile et frais
Bien formé de partout
Notre artiste eut du mal
A croquer les coucougnettes et la verge au repos
Qu’elle ne connaissait guère
Et même pas du tout
Elle était trop éloignée
Elle osa se rapprocher
Et engager la conversation
Le garçon d’abord intimidé rougissant
Accepta de poser
La chaleur était douce
La fille était jolie
Légèrement vêtue
L’histoire s’arrête là
Je ne sais pas pourquoi
Deux thèse s’opposent :
Selon les uns les deux jouvenceaux
Etaient innocents
Rien ne se passa
Selon les autres le garçon
En dépit de son jeune âge
Banda si fort
Qu’effrayée la jeune fille
Ramassa vite son attirail
Et s’enfuit
Mn 8
Prince, vous ne trouvez la paix que dans l’unité de l’Etat. Mais seul y accédera celui qui ne trouvera pas de plaisir à faire périr les êtres humains. Si la terre est aride et que la pluie tombe, rien ne peut arrêter la croissance des plantes. Si un prince se refusait à faire mourir les hommes, tous les habitants de l’empire se tourneraient vers lui aussi naturellement que l’eau descend dans les vallées. Rien ne pourrait les arrêter.