Chine toujours

Après des années inactives, je me remets aux hexagrammes du Yi king. Voici mon hexagramme d’aujourd’hui :
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Soit les deux trigrammes du tonnerre, de l’éveilleur.
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_ _ deux fois
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Mon résumé interprétatif :
L’homme de bien, dans la crainte et le tremblement, s’examine et se rectifie lui-même
Le tonnerre continu est l’image du tremblement le plus important, le
tremblement de soi sur soi

Er 68

A disparu le temps des cours
Que visitaient les troubadours
Pour y célébrer l’amour
L’amour courtois qui introduit la politesse
Dans des rapports trop souvent trop rudes
Sans pouvoir ni vouloir interdire
Le doux mal dessous la ceinturette
Une châtelaine jeune veuve
Eplorée tenait une cour
Charitable aux troubadours.
Quand ils étaient bien faits
Elle leur prodiguait de l’amour
Triste quand ils partaient
Après les avoir honorés
Essuyant même une larme
Elle se consolait vite
Dans l’attente d’un nouveau vit

Er 67

Un jouvenceau auquel ne manquait rien
Sauf le poil au menton
Devint nonne pour aimer une soeur
Le ventre de celle-ci s’arrondit
L’abbesse ordonna que toutes les nonnes
Révèlent leurs parties intimes
Notre garçon essaya de lier
Ce qui lui tenait lieu de fierté
Peine perdue La vision des nonnains
Fesses à l’air comme offertes
Fit sauter le lien
L’abbesse avait promis un châtiment suprême
Mais devant l’émotion et la joliesse du garnement
Elle résolut de le garder pour elle
Peu après le jeune homme s’enfuit
Inconsolable de son amie chassée du couvent
N’appréciant guère le comportement autoritaire
De sa nouvelle maîtresse
Ayant désormais de la barbe

Comme son père et son grand-père
Il se fit maréchal-ferrant
Il retrouva son amour de jeunesse
L’ancienne nonnain mère de leur petit garçon
Ils se marièrent à l’église et eurent une fille
Pas plus parce que comme son père
Le jeune homme pratiquait l’art du coïtus interruptus
Au grand contentement de sa compagne
Qui aimait qu’il jouissât sur elle
L’ancien imberbe portait désormais avec fierté
Une barbe noire et épaisse
L’abbesse ne fit aucune confidence
Sauf peut-être à son confesseur
Qui garda le doux secret de la confession

Er 66

La comtesse noua son écharpe blanche
A la fenêtre haute
L’amant fut surpris par le mari méchant
La femme sut se faire pardonner
Par de multiples baisers
Au sommet du coït
Qui effaçait les traces de l’adultère
On l’entendit dire :
« Dis-moi que tu as tué Armand ! »
Une petite chambrière
Folle amoureuse de l’amant
Monta à la fenêtre haute
Se para de l’écharpe blanche
Plongea dans la douve
Où elle se noya

Er 65

L’homme est un animal qui joue à faire l’homme
C’est ce qu’il fait de mieux
Mais souvent chez lui l’animalité devient bestialité
L’humain est un champ de contradictions
L’humain est un animal qui met beaucoup d’intelligence à être bête
Sa sexualité est contradictoire par essence
Comble de sentiment et d’animalité bête
Que ne corrige aucun art érotique
Comble d’humain comble de contradictions
Le mieux est de faire l’homme

Mon système est l’irrésolution
La non-solution des questions essentielles
Vive l’action !
L’homme humain
L’humain est tolérant et ouvert
Il connait la contradiction
Il se l’applique à lui-même
L’homme est un animal et quelque chose d’autre
Le pire dans l’espèce humaine est le refus fréquent de l’intelligence
Etc…

L’intelligence consiste parfois à faire l’idiot
Le sexe est un désir et un plaisir, certainement pas un besoin, encore moins des besoins
La sexualité est une nécessité pour l’espèce
Il y a presque autant de sexualités que d’êtres humains
Il faut cultiver le champ des contradictions
Mon système est l’irrésolution
Qui pose les problèmes
L’irrésolution permet l’action
Qui ne prétend pas les résoudre
La vie est un fatras
Ce texte Er 65 est une petite fatrasie

Toutes les disciplines ont tendance à se mordre la queue surtout l’érotisme
L’océan est infatigable
La vie est un combat

Er 64

Très jeune encore j’allai au cinéma
Avec une copine que je connaissais de la plage
Nous nous sommes embrassés sur la bouche
J’ai mis le doigt dans sa chatte
Ensuite plus rien
Je n’étais pas amoureux
L’état amoureux est extraordinaire
Il vous submerge vous rend fou ou presque
Souvent il n’a lieu qu’une fois dans une vie humaine
C’est ce qui m’est arrivé
Beaucoup de femmes me l’ont reproché
Je suis éperdument sentimental

La Chine éternelle

Dans ce blog j’ai rendu plusieurs fois hommage au YI KING, au « livre des transformations », l’un des piliers de la culture ancestrale.
Je me suis aujourd’hui dessiné un hexagramme, pour la première fois depuis plusieurs années :
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Soit Kouei Mei ou l’épousée
Ou encore le tonnerre, l’éveilleur au dessus de: le lac, le joyeux
Ma translation personnelle du commentaire chinois : la maîtresse doit respect à l’épouse
En français moderne, ce commentaire peut devenir : l’amant doit respect au mari

J’ai ensuite transaté le Tao tö-king, le livre sacré du taoïsme, attribué à Lao Tseu
J’ai translaté récemment Les « Entretiens » de Confucius, maître livre du confucianisme

Je vais m’attaquer bientôt à l’oeuvre de Mencius, disciple tolérant de Confucius.

P.S. : Une translation est une traduction-interprétation.

Er 63

Deux paysans normands s’ennuyaient ferme
Auprès de leurs charmantes épouses
Ils se proposèrent de les échanger devant notaire
Consultées les dames se déclarèrent ravies
Mais restèrent polies
Elles en profitèrent pour changer de valet
Au bout d’un peu de temps l’un des deux
Regretta sa femme délicate
Elle lui donna rendez-vous en chantant
Leurs retrouvailles furent si ardentes
Qu’ils se promirent de recommencer
De temps en temps

Er 62

Une encore jeune abbesse eut mauvaise mine
Puis la face blême
Elle resta gente et bonne
Un médecin d’esprit moderne
Diagnostiqua un mal d’homme
Il fut chassé sur le champ
Cependant la maladie s’aggrava l’abbesse s’alita
La communauté fut agitée de sentiments divers
Les nonnettes s’affligèrent du sort de leur abbesse
Puis craignirent la même infortune
Un bon curé donna le sacrement ultime
Consulté sur le fond il s’enfuit
Se déclarant incompétent
Une soeur qui avait vécu
Se décida au pire
Elle fit entrer de nuit un jouvenceau
Qu’elle avait déjà essayé avec plaisir
Il tenta l’opération sur la malade
Elle redevient rose oeillet aurore
O doux remède doux à donner
Et doux à prendre
A la demande générale la soeur expérimentée
Organisa les festivités des relevailles
Grâce à une compagnie de drôles
Des noirs des blancs et des tannés
Un couvent entier fut ainsi sauvé

Erotoques 61

L’un des phénomènes les plus importants de l’histoire de la France a été, dès les années cinquante du XX° siècle, la disparition presque complète du tabou de la virginité des filles.
La raison première du tabou de l’inceste était la volonté de réserver à l’époux le monopole de la procréation.
Nous vivons aujourd’hui dans un monde où la procréation peut être sous contrôle.
Le sexe reste un continent sous-marin dans sa majeure partie, une autre zealandia, voire un continent englouti, mais qui nous hante.
Seules demeurent les règles absolues d’interdiction de la pédophilie et du viol.
Il est question d’abaisser la majorité pénale à seize ans. La majorité sexuelle est dans les faits à quinze ans. La règle juridique ne peut pas tout. Le problème des moeurs est immense.
Les êtres humains se haïssent les uns les autres. Ils s’aiment bien aussi. Le continent sexuel est sujet à de nombreuses dérives. La tolérance est un principe associé à la compréhension.
Rappelons que la LIBERTÉ est le principe humain par excellence, mais qu’elle ne doit pas devenir LICENCE. Il n’est pas vrai qu’on puisse faire ce qu’on veut. On fait ce qu’on doit faire dans le respect des uns et des autres, des différents niveaux de l’expérience et de la sensibilité, de la loi qui nous est donnée et que nous nous donnons à nous-mêmes.
Le continent sexuel reste en grande partie inconnu. La forêt des fantasmes se développe chaque jour grâce au travail patient du subconscient. Mais le subconscient n’est pas conscience.
Il est bon de s’avouer ses fantasmes avant de les avouer.
Au nom du sexe n’oublions pas les continents émergés du travail et de la famille. L’amour reste le fondement, le principe suprême, le principe des principes.