Er 60

Une servante dans un coin de jardin
Faisait un bouquet pour madame
Le patron arrive la félicite
Lui coule une main au sein
La servante se défendit sans rien gâter
Elle jeta les fleurs au compagnon
Celui-ci la fit tomber
Et la baisa dessus les fleurs
Qui manquaient cruellement d’épines
Ce beau ménage fut aperçu
Par une voisine languarde et méchante
L’homme s’en aperçut
Il courut à la maison
Persuada sa douce épouse
D’aller au jardin faire un bouquet
Pour le plaisir de faire des bouquets
Le même jeu recommença
Fleurs de voler Tétons d’entrer en danse
A la douce le jeu sembla beau
L’après-midi la voisine se pointa
Son front était sévère
« Si j’étais vous je chasserais à coups de pied
Cette fille perdue
Ce matin je l’ai vue au jardin avec votre époux
Ils se sont jeté des fleurs à la tête »
« C’était moi »
« ils se sont mis à cueillir les fleurs
Que baisers on appelle »
« C’était moi »
« Ils sont passés au jeu des tétons
A pleines mains on les a laissés prendre »
« C’était moi »
« Bon vous avez la tête dure
Je sais bien ce que j’ai vu
Gardez donc cette fille »
« J’en suis très bien servie »
« Vous en tenez ma commère m’amie »

P.S. : La Fontaine toujours, cette fois inspiré par la reine de Navarre

Er 59

Le petit Guillaume resta seul au salon
Avec un livre d’images
Ancienne femme de chambre dans la maison
Sa maman était montée à l’étage
Pour une conférence avec le député
La cuisinière et la femme de charge
Vinrent le regarder en souriant
Surtout la seconde presque sardonique
Le garçonnet fut appelé à l’étage
Sa maman avait quelque chose de dérangé dans ses vêtements
Le député de droite, indifférent, lui promit un avenir d’ouvrier
Bien plus tard la mère lui apprit
Que le député était son vrai père
Et qu’il aimait se faire battre par sa femme de chambre
La formule : « maman c’est sur; papa peut-être »
Le garçon décida que son vrai père
Etait celui qui l’avait élevé
Et que le sexe est décidément surprenant
Est-ce une liberté ou une malédiction ?

Er 58

Guillaume était jeune marié
Son chef de service obtint le droit
D’embrasser la nouvelle épousée
Y compris sur la bouche
Elle en rougit la pauvre
Peu de temps après le chef prit femme à son tour
A Guillaume il accorda la même faveur
Le dadais se plaignit qu’il ne lui ait pas demandé
De baiser sa jeune épouse
Les deux jeunes femmes se déclarèrent d’accord

Er 57

Un écolier de fraiche complexion
Fut introduit à une certaine vie mondaine
Par une vieille initiée
Il crut bon d’en avertir son oncle professeur de droit
Celui-ci pour protéger son jouvenceau de neveu
Prit sa place auprès de la vieille qui le reconnut
D’autant plus que la gente dame du rendez-vous galant
Etait la propre épouse du professeur
L’entremetteuse banda les yeux de l’impétrant
Le parfuma l’habilla en jocrisse
Le balada le tenant par la main
Le lâcha enfin dans un amphithéâtre
Bourré de ses étudiants
Ce conte me parait témoigner
D’une cruauté médiévale

Er 56

Marie-Laure une jolie brunette de trente ans
Se montra à sa fenêtre en tenue légère
Sans y faire attention pour regarder au loin
Le vol des oies sauvages
On sonna à sa porte « Qui est-ce? »
« Vous ne me connaissez pas. Je suis monsieur Blot »
A travers l’oeilleton elle voyait un homme
Bien coiffé bien habillé
Elle ouvrit L’homme entra un peu sans gêne : « C’est combien ? »
« Combien quoi ? »  » Ne me prenez pas pour un idiot
Une passe c’est combien ? » « Mais je ne suis pas une prostituée ! »
« Décidément vous me prenez pour un idiot
Je connais les femmes comme vous .. »
Du doigt il fit glisser la nuisette
Machinalement Marie-Laure s’exprima
Ebahie par ce qui sortait de sa jolie bouche : « Deux cents euros »
« Vous voyez Quand vous voulez ! »
Quand le prétendu monsieur Blot fut parti
Marie-Laure se retrouva sans plaisir et sans honte
Elle se dit : « Deux cent euros, c’est ce que je dépense
En un mois pour mon shopping »

Erotoques 55

L’amour est la base, le fondement de tout
La haine est nécessaire pour le particulier, la singularité
L’amour est union, la haine est division
L’amour est, la haine existe
L’humain est fait de particularités et de singularités
On ne reproduit l’amour universel que par un effort de l’esprit
L’amour humain est un mélange inextricable d’amour et de haine
Il n’y a pas d’amours pures sauf en idée
Le désir circule il est très divers
Proche parfois de l’amour par sa recherche de l’unité
Il est parfois proche de la haine par sa violence
Et par son échec à atteindre l’unité

La synthèse selon Macron

Emmanuel Macron se singularise par un logiciel particulier, un esprit synthétique a priori. Il cherche souvent à trouver et dire la synthèse entre des éléments inconciliables et qui le restent. A-t-il tort ? Pas vraiment; Le rôle d’un président de la République n’est-il pas de chercher la synthèse entre des éléments inconciliables au niveau de la logique pure ? Heureusement la logique historique est plus complexe, dialectique en quelque sorte.

Er 54

L’élevage des petits humains consiste à les chasser du nid une fois qu’ils ont atteint leur majorité.
Les mères sont fondamentales dans le processus. Certaines sont abusives.
Une maman américaine était exaspérée par son grand fils qui se masturbait devant des vidéos porno sans aboutir alors que son travail scolaire était en souffrance. Elle décida de le soulager. Ils allèrent jusqu’au coït. La mère se rajusta et dit : « Maintenant étudie »
Un autre mère américaine craignait que son fils ne restât nigaud. Elle entreprit en désespoir de cause de le déniaiser. Elle sortit ses seins :: « Tiens amuse toi avec ces beaux objets qui t’ont si bien nourri autrefois. Embrasse-les, caresse-les, tête-les, c’est un bon souvenir pour toi comme pour moi ». De proche en proche ils arrivèrent à l’essentiel. Ils s’embrassèrent sur la bouche jusqu’au french kiss La mère suça avec délice la grosse verge de son fils, puis la glissa dans sa chatte. « Tu vois, c’est tout ça et plus encore qu’il faut faire aux filles. Elles ne demandent que ça »
Ces histoires sont plaisantes mais peu vraisemblables. Le fils ne désire pas sa mère s’il peut être sensible à des images maternelles, une amie de sa maman par exemple.

Er 53

Un peintre de mes amis ne pouvait exercer son art
Que grâce à de gracieux modèles
Aux petits seins pointus
Dont le plus souvent il faisait ses maîtresses
Mais là n’est pas le plus intéressant
Le gaillard avait une femme qui tenait fort à lui
Elle lui pardonnait ses peccadilles
Y assistant même parfois en secret
Mais là n’est pas ce qui m’intéresse
Deux voisins se laissèrent attirer
Par l’entretien libre et gai de la dame
Sage en tout mais aimant à rire
Elle conta incontinent à son époux
Les fleurettes des deux bourgeois
Gens à sornettes qui soupiraient
Car ils avaient entendu dire
Qu’en amour on soupire
Les hommes traitent souvent mal les femmes
Ils les veulent leur jouet et leur proie
La dame invita les voisins à un souper galant
Le mari étant parti pour leur maison des champs
Mais voici qu’elle s’exclame : « Ciel ! mon mari ! »
Les deux galants se réfugient en certain cabinet
De fait cabinet de lecture
Le mari entre et à voix haute et forte s’exclame :
« Mais pour qui ce festin ? »
« Pour nos voisines que leurs maris ont abandonnées ce soir »
Les deux moitiés entrent en chantant
On les embrasse on les loue on se joue
Cela ne plut aux maris nullement
Qui ne voyaient pourtant pas le décolleté de leurs femmes
La maîtresse de maison descendit à la cave
Le vin parait-il manquait
En compagnie de l’une des deux voisines
Par peur des fantômes qu’on appelle aussi esprits
Notre ami le peintre entreprit la seconde
Le mari voulut sortir de la cachette pour se venger illico
Son ami sut le retenir pour étouffer l’affaire
La voisine arrangea sa coiffure
Seul persistait un léger incarnat
Les quatre se remirent à festoyer de concert
Mais le vin manqua à nouveau
Cette fois c’est l’autre voisine qui fut invitée
A descendre à la cave pour protéger l’hôtesse des esprits
Celle qui restait fit mine de vouloir aider
Le peintre la tira en arrière
Elle céda pour ne pas abîmer ses vêtements
Le mari s’émut et par l’autre fut retenu :
« Pas de scandale surtout ! Nous sommes cocus nous sommes cocus ! »
Le souper se termina joyeusement
Le peintre qui avait beaucoup donné alla se coucher
La dame des lieux libéra les cocus
Et ne leur accorda rien

P.S. : La Fontaine encore

Er 52

Un père à l’ancienne éleva seul son fils dans un désert
Il lu apprit tout ce qu’il savait de la nature
Sauf la procréation
Pas de filles ou de femmes avec eux
Le père étant extrêmement misogyne
Le père vieillit le fils grandit
il n’osa confier au paternel le trouble qu’il éprouvait parfois la nuit
Un beau jour les deux se promenaient au bord d’une rivière
Quand ils aperçurent soudain un petit groupe de jeunes filles
Le fils s’exclama : « Papa que vois-je là !
Qui sont ces animaux magnifiques ? »
« Mon fils vous voyez un troupeau d’oies
Elles sont très dangereuses
Elles mordent volontiers au mauvais endroit »
« Il m’en faut absolument au moins une
Papa Je saurais bien l’apprivoiser »

P.S. : Ici comme ailleurs Jean de la Fontaine transmet une ancienne tradition