T.W.R. 74

Pourquoi écrire de la poésie
Plutôt que de la prose ?
Alors même que la poésie est passée de mode ?
Sur des sujets peu poétiques ?
Après une poésie amoureuse
Il y a plus d’un demi-siècle
J’ai retrouvé l’art poétique
Peu à peu dans mon blog
Depuis trois ans
La poésie est redevenue une vocation
Et une passion
Je souhaite retrouver pour moi
Le statut qu’elle avait en France
Il y a cinq siècles
Elle éclaire et elle aère
Elle célèbre et accompagne
J’en suis réduit à suivre
Mon chemin personnel
C’est aussi une joie

T.W.R. 73

An agreeable person is a person
Who agrees with me
Une personne agréable est une personne
Qui agrée avec moi
A ce compte là je ne connais pas beaucoup
De personnes agréables
Ma réponse est que j’ai un monde
Qui est le mien
Qui m’appartient en propre
Et que tout le monde a le sien
Qui n’est pas le mien
« J’ai cessé de me désirer ailleurs »
Disait André Breton sur ses vieux jours
Essayons de rapprocher les mondes
Mais qu’ils restent séparés !

A.B.I. VII

Dans mes précédents articles sur mes premières publications de 1965 et 1969 j’ai insisté sur le caractère scientifique de mon entreprise fondée sur la théorie marxiste des modes de production. Son renouvellement me paraissait rendre possible une classification nouvelle des sociétés humaines.
Mes propositions mettaient la dichotomie de notre histoire entre sociétés de type « asiatiques » fondées sur le primat de l’Etat et sociétés de type « occidental » fondées sur le primat de la propriété privée.
Il y avait surdétermination. Le côté scientifique s’accompagnait d’un volet politique. Les années 60 du siècle dernier étaient celles de l’Union Soviétique et de son empire, les démocraties « populaires », de la Chine maoïste, de la Yougoslavie titiste, du Cuba castriste, des guerres du Vietnam, de la décolonisation…
Mes articles insistaient en profondeur sur la nécessité de ne pas confondre étatisation et socialisme. Je craignais avec force que l’Union Soviétique ne soit davantage un capitalisme d’Etat qu’un pré-socialisme.
Je juge en 2016 que mes positions scientifiques sont toujours aussi valables. Mais la conjoncture politique a radicalement changé.
Plus d’Union Soviétique, de « démocraties populaires », de Chine maoïste, de Yougoslavie titiste. Le Cuba castriste s’éteint doucement, le Vietnam n’est plus en guerre… La décolonisation a laissé la place au néo-colonialisme que nous craignions déjà à l’époque … Il n’y a plus grand monde pour penser que le socialisme est d’actualité…
Nous sommes toujours dans la phase de l’impérialisme, du capitalisme monopoliste d’Etat, à un niveau supérieur des forces productives, grâce à la révolution numérique que je prévoyais à peine dans les années 60… Les oligopoles capitalistes sont plus agressifs que jamais… La Chine aspire à devenir la première puissance capitaliste de la planète.
Les propositions d’auto-gestion que je partagerais avec mon ami Yvon Bourdet dans les années 70 sont au point mort. Je ne renonce à aucune de mes idées mais je reconnais qu’elles paraissent aujourd’hui renvoyées aux calendes grecques !
Rappelons que l’Univers, la Nature, l’Histoire ont toujours raison même s’ils ont tort de notre point de vue…

T.W.R. 72

Le changement signifie la mort
Alors qu’il est la vie même
Ne crois rien a priori
Même a posteriori méfie-toi
La vie dévore la vie
Elle est cruelle
Elle n’est pas que cruelle
Elle est aussi bienfaits et bienfaisance
Ne réduis rien à ce que tu penses
Et surtout pas à tes préjugés
Tes simplismes

T.W.R. 71

L’illusion est nécessaire
Je lui donne alors le nom de Maïa
Elle provient de notre conscience
Qui est fait et savoir qu’on fait
Ce fait conscient est notoirement insuffisant
C’est tout ce que nous avons
Il comporte de façon inextricable
La vérité et l’erreur
Nous devons vérifier et vérifier encore
Pour faire reculer la part d’erroné

Dans notre conscient subsiste
Une transcendance immanente
Nous devons la vérifier
Pour la rendre vraie
Ou du moins véridique
Car elle ne tiendra jamais tout
Et rien pour acquis

L’illusion nécessaire
Repose sur le fait
Seule la raison fait reculer
Sa part fallacieuse

T.W.R. 70

J’aime les images
Surtout quand elles sont mouvantes
Quand elles sont fixes
Je les préfère en peinture
Quand elles se mouvent
Je les saisis comme une série d’instants
D’instantanés qui fuient
Je suis un zappeur né
Ma vie est une série de moments
Ceux que je préfère
Sont lents et longs
Je ne néglige pas
Le vif et bref

T.W.R. 69

Ne pas jeter l’enfant avec l’eau du bain
Cet adage salutaire est souvent oublié
Par ceux qui devraient le mieux s’en rappeler
Ceux qu’on nomme les intellectuels

Les crimes commis par les « marxistes »
Font qu’on ne peut plus étudier sereinement Marx
Je dis bien « sereinement » quelle que soit par ailleurs
La violence de l’engagement

Ne perdons pas trop notre sang-froid

T.W.R. 68

Selon notre maitre à tous
Socrate
Le seule chose que je sais
Est que je ne sais rien
Selon Spinoza
Pour savoir quelque chose
Il faudrait tout savoir
Nuançons d’urgence
Si je ne sais rien
Je sais donc quelque chose
Si je suis très spécialisé
Tout se passe comme si
Je savais quelque chose
Malheureusement j’ai choisi
Une non-spécialité
Je suis un spécialiste
Des idées générales

T.W.R. 67

Le chat est essence
Le chat est essentiel
L’homme est inessentiel

Le chat est nature
L’homme est un animal
Et quelque chose d’autre

L’homme se cherche souvent
Pour ne pas se trouver

Il se trouvera peut-être un jour
Peut-être jamais

Le bizarre l’étrange
C’est que l’homme qui croit se trouver
Souvent se perd

Mieux vaut chercher que trouver

T.W.R. 66

Je ne suis ni un sage
Ni un saint ni un héros
Après tout je ne suis que de passage

J’aime le banal
Je n’apprécie pas le trivial
Je hais le vulgaire
je suis maladroit
Il n’y a pas de mal à se faire du bien

Les femmes ne sont pas si extraordinaires
C’est les hommes qui sont ordinaires
Comme moi

Dans mon petit bateau
Battu par les flots
je vogue sur l’eau
D’une mer
Sans rivage