Qui façonne le monde
Est façonné par lui
Le monde détient la vérité
Le vase spirituel
Ne peut être façonné
Sinon il se casse
Tantôt ils vont de l’avant
Tantôt ils vont de l’arrière
Le sage évite l’excès
Qui façonne le monde
Est façonné par lui
Le monde détient la vérité
Le vase spirituel
Ne peut être façonné
Sinon il se casse
Tantôt ils vont de l’avant
Tantôt ils vont de l’arrière
Le sage évite l’excès
Si tu connais la gloire
Tu acceptes la disgrâce
Tu es le ravin
Le ravin devient vallée
Ta vertu surabonde
Tu atteins l’illimité
L’illimité est comme le bois et la forêt
Tu en tires le feu et une foule d’objets
Si tu ne blesses rien
Tu es femme connais l’homme
Tu es homme connais la femme
Sois homme et femme
Suis le ravin
Garde la vertu
Tu retrouves l’enfance
Suis le ravin
Suis la norme du monde
Au bout est l’illimité
Pour la vertu marcher
Ne nécessite pas de jambes
Fermer ne demande pas de porte
Le sage aide les hommes
Sans en omettre aucun
En se servant de toutes les choses
Le sage aime bien l’homme de bien
L’homme de bien ignore le sage
Il aspire à la sagesse
La vertu combine action et non-action
Au plus haut de la vertu
L’emporte le non-agir
L’homme imite l’homme
Qui imite le ciel
La vertu n’imite qu’elle-même
La vertu comprend les contraires
Les placides et les agités
Elle n’est jamais que le sommet
Avant l’univers régnait quelque chose d’indéterminé
Sans nom muet vide
Certains y voient la mère
D’autres le nomment « Tao »
Je l’appelle vertu
Vertu des vertus
Les grandeurs sont relatives
Le ciel est grand
La vertu est grande
Qui va à la vertu la vertu l’accueille
Qui va à sa perte sa perte l’accueille
Tout est bien qui est bien
Qui se dresse sur la pointe des pieds
Ne tient pas longtemps debout
Qui s’exhibe ne rayonne pas
Qui connait la loi de nature
Ne se nourrit pas de terre
Préfère le cuit
Douter permet de penser
Penser permet d’agir
Quand l’action est nécessaire
Une journée ne dure pas
Une saison ne dure pas
Une action humaine ne dure pas
Nous partons de l’être
Pour rejoindre l’Être
Peut-être
Ce qui s’incline se redresse
Ce qui est creux se remplit
Ce qui est usé se renouvelle
Qui vit garde l’espoir
Qui pense peu est sûr
Qui pense trop tombe dans le doute
Le doute est le meilleur et le pire
Il permet de penser Il empêche d’agir
Le mieux est ne pas agir
La grande vertu est exclusive
Fuyante insaisissable
Elle est quelque chose
Elle n’a pas d’image
Certains craignent sa morsure
Rien ne dure sauf un nom
Depuis l’antiquité rien n’a changé
Il suffit d’examiner la semence de tout être
Grâce à tout ce que je viens de dire