Nô 20bis

Ils sont rapides je suis lent
Ils sont précis et perspicaces
Je suis obtus je suis confus

Je diffère des autres gens
Parce que je persiste à têter ma mère
Dans ma tête habite un enfant

Comme un bouchon je flotte
Comme un courant d’air je souffle
je suis un ignorant

Nô 20

Le sage se tait quand il parle
Il parle quand il se tait
Il étudie ce qui ne se dit pas

Quand ils s’exaltent et s’échauffent
Quand ils festoient dansent massacrent
J’erre comme un sans-logis

Ils ont tous leur richesse
Moi seul suis démuni
Ils ont tous leur clairvoyance

Nô 19

Le sage agit sans rien faire
Le sage est la voix de la raison
Et de la ilberté quand il se tait

Le sage pleure avec vous
Le sage rit avec vous
Il ne dit pas « nous »

Le sage dit :  » Si tes préceptes te suffisent tais-toi
Sinon discerne le simple étreins la nature
Réduis ton égoïsme satisfais tes désirs »

Nô 18

Le sage ne fait rien pour trouver l’Être
C’est l’Être qui le trouve
Tout vient de soi-même

Le sage retiré vit et donc agit
Comme tout le monde
Mais le moins possible

La solitude du sage est un aimant
Le sage n’est jamais seul Il sait
Que le désordre crée le désir de justice

Nô 17

Le sage ne veut pas être maître
Il l’est sans rien faire
il se garde même de parler

Les pires des maîtres proclamés
Dirigent pour leur profit
Sans tenir compte des conséquences

Les meilleurs dirigent par l’intelligence
La générosité et la justice
Le peuple regrette l’absence de pouvoir

Nô 16

Atteins le vide qui est quiétude
Loin de l’agitation qui fourmille
Tu attends le retour

Il n’est pas mauvais de revenir à l’origine
De retourner à la racine
De connaître ce qui est constant

La constance est tolérante
Généreuse désintéressée
Elle fait un avec l’Être

Nô 15

Les sages de l’antiquité étaient si fins
Qu’ils en étaient contrariants
Chacun tenait sa place

Ils étaient prudents hésitants
Réservés mobiles
Audacieux cohérents

Par le repos ils trouvaient la lumière
Ils ne désiraient pas se remplir
A partir de rien ils se renouvelaient

Nô 14

On nomme ce qu’on ne voit pas l’invisible
Ce qu’on n’entend pas l’inaudible
Ce qu’on ne touche pas l’impalpable

Ces trois essences indéchiffrables
N’en forment q’une
Qui pour nous est mystère

Ce mystère n’appartient pas à l’Être
Mais à l’étant sans exister
Il est nécessaire

Nô 13

La grâce et la disgrâce surprennent
Faut-il chérir le malheur
Comme inéluctable ?

Tout advient grâce au corps
Il faut chérir son corps pour vivre
Pour aimer la vie

Chérir son corps rend digne
Il ne faut pas le chérir contre le monde
Il faut le chérir comme le monde

Nô 12

Les couleurs aveuglent
Les sons assourdissent
Les trésors poussent au mal

Le sage s’occupe des plaisirs nécessaires
Du ventre et de tous les sens
Il rejette les illusions

Même l’amour peut pousser au mal
Rien ne vaut le bel amour
Le sage trie et apprend à trier