Mn 106

Vous cultivez de l’orge ou du blé N’importe
Vous pratiquez chaque opération au même moment
Les différences locales dans la récolte viennent
Du temps qu’il a fait ou de la terre

Les plus grands sages ont la même nature que nous

Le palais de la bouche est au début le même chez tous
Qui ne reconnait pas la beauté n’a pas d’yeux
L’esprit serait-il seul à échapper à cette universalité ?
L’esprit de l’homme accepte les principes de la raison
Comme son palais trouve agréable la chair des animaux
Qui se nourrissent d’herbe et de grain

Sur la Montagne aux Boeufs les arbres étaient beaux
Ils ont été coupés à la hache ou la cognée
Parce qu’ils étaient sur la limite d’une principauté
Dans les souches mutilées la sève circulait
Sous la pluie avec la rosée
Des bourgeons et des rejets ont poussé
Les boeufs et les moutons les ont mangés
La montagne est nue
Ce n’est pas un défaut de sa nature

Après une bonne nuit de repos,
Au calme, l’esprit témoigne des affections et aversions
Qui sont, à peu près, celles qu’un homme peut avoir
Les actions et les pensées de la journée
Etouffent souvent les bons sentiments
L’action réparatrice de la nuit ne suffit plus
L’homme dépourvu de raison ne diffère guère des animaux
Les sentiments vont et viennent
Si tu veux briller aux échecs applique-toi aux échecs

J’aime le poisson et les pattes d’ours
Si je ne peux avoir les deux à la fois
Je choisis la patte d’ours
J’aime la vie et la justice
Si je ne peux avoir les deux
Je choisis la justice

Mn 105

Un sage disait que la nature n’est pas autre chose que la vie
Meng tzeu répondit : La nature doit-elle être appelée vie
Comme un objet blanc doit être dit « blanc » ? Oui ?
La blancheur d’une plume blanche est-elle la même
Que celle de la neige ? Oui ?
La blancheur de la neige que celle de toute autre chose blanche ?
A ce compte-là la nature du chien est la même
Que celle du boeuf qui est la même que celle de l’homme

Le désir me fait goûter un rôti
L’objet du désir est hors de moi ?
Nous buvons chaud en hiver et froid en été
L’objet du choix est hors de moi ?
La nature de l’homme n’est ni bonne ni mauvaise ?
Meng Tzeu dit : « Les tendances de notre nature
Peuvent toutes servir à faire le bien
Tout homme peut discerner le vrai du faux
Et le bien du mal Cette vertu est la prudence
La bienveillance, la justice, l’urbanité, la prudence
Ne viennent pas du dehors comme le métal fondu
Qu’on verse dans un moule
La nature les a mises en nous
Mais les hommes n’usent pas également
De leurs facultés naturelles
Tout homme reçoit en héritage la loi morale
Ainsi que les principes de son être
Ensuite tout dépend des circonstances »

Tout homme éprouve de la compassion pour les malheureux,
De l’aversion pour le mal, du respect pour les hommes,
Sait discerner le vrai du faux et le bien du mal
La commisération, c’est la bienveillance
L’horreur du mal, la justice
Le respect, l’urbanité
Le discernement, la prudence
La nature a mis en nous ces sentiments,
Bienveillance, justice, urbanité ( politesse ),
Prudence ( pour le vrai et le bien )

Le quat’quarts politique

Mettons à part les petits candidats ( dont les premiers sont Dupont-Aignan, l’inoxydable gaulliste de droite, et Hamon, qui anonne et ahane ).
On peut dire que la France politique en 2017, d’après les instituts de sondages, se divise en quatre parties à peu près égales en ce 10 avril 2017 :
La France pessimiste, fermée sur elle-même par peur du monde extérieur, Le Pen
La France conservatrice, campant sur d’anciennes certitudes, Fillon
La France moderniste, ouverte sur le progrès technique et le monde extérieur, Macron
La France « romantique », idéaliste, critique, flirtant parfois avec l’utopie, Mélenchon
Un des pronostics possibles pour le premier tour du 23 avril :
Macron, 27%
Le Pen, 24%
Fillon, 19%
Mélenchon, 18%
Petits candidats, 12%
Marron l’emporterait au second tour avec près de 70% des voix
Marron aura des difficultés avec une majorité fluctuante, mais le renouvellement partiel des élites politiques, des repères politiques, ça vaut la peine. Les fluctuations d’une majorité centriste, dont les frontières sont variables, sont inévitables.

P.S. : je n’ai jamais été particulièrement doué pour prédire l’avenir.

Mn 104

La nature peut être comparée à l’osier
Et la justice humaine à un panier d’osier
La nature humaine reçoit la bienfaisance et la justice
Comme l’osier auquel elle donne la forme qui convient
Fabriquer un panier, ce n’est pas faire des souliers
Si vous maltraitez l’osier vous maltraitez la nature et la justice

La nature est de l’eau qui ne distingue pas l’ouest de l’est
Mais qui distingue le haut du bas
La nature humaine coule vers le bas et le bien
La force peut faire refluer l’eau
L’homme peut faire le mal
Alors sa nature souffre violence

Commentaire éventuel hors-Mencius :
La bonté naturelle est le bas du haut ou le bas d’en-haut ?
La sagesse humaine est le haut du bas ou le haut d’en-bas ?

Mn 103

La prudence peut être comparée à la dextérité
Et la sagesse à la force

Si vous recherchez l’amitié de quelqu’un
Ne vous prévalez pas de votre âge,
De vos honneurs, de la haute condition de vos parents
Car l’amitié est amitié de la vertu
Ne cherchez surtout pas à vous mettre au dessus de votre ami

Le respect pour un sage va jusqu »à entrer quand il dit d’entrer
A manger quand il dit de manger
Serait-ce une nourriture grossière comme le bouillon aux herbes
Il ne consiste pas à lui faire part des dignités
Auxquelles le visiteur a été élevé,
Encore moins à lui confier une charge

Le respect pour un homme d’une condition plus élevée
S’appelle honneur rendu à la grandeur
Pour un homme d’une condition moins élevée
S’appelle honneur rendu à la sagesse
Les deux sont conformes à la justice

Confucius faisait des essais
Si sa doctrine commençait à être mise en pratique il restait
Sinon il partait sauf s’il était bien traité

Quand on est pauvre on doit accepter une petite charge
Comme portier de la ville ou veilleur de nuit
Confucius disait que dans une basse condition
On ne parle pas des choses élevées

—-

Désirer la compagnie d’un homme distingué
Et ne pas prendre la voie des convenances
C’est désirer qu’il entre et lui fermer la porte

Pour se lier d’amitié avec les anciens sages
Il faut lire leurs livres et connaitre leur histoire

Si les ministres sont de la même famille que le prince
En ligne masculine et portent le même nom que lui
Ils l’avertissent de ses fautes et, s’il persiste,
Le remplacent par un de leurs parents
Si le ministre n’est pas de la famille du prince,
Il se retire

Mencius 102

Qu’il me soit permis de conseiller la lecture de l’article : « La philosophie chinoise des origines au XVII° siècle », rédigé par Nicole Vandier-Nicolas, dans « Histoire de la philosophie », tome 1, Encyclopédie de la Pléiade. Il comporte un excellent résumé de la pensée de Mencius.
De son vivant Mencius connut un certain succès. mais c’est la stabilisation impériale sous la dynastie des Han, à partir du II° siècle av.JC., qui lui donna peu à peu le statut de principal successeur de Confucius.
Mencius mettait en valeur le partage de la terre en carrés égaux dont une neuvième part au profit des officiers royaux. Nous omettons volontairement cette partie de l’oeuvre de Meng tzeu dit Mencius.
Cerise sur la gateau, un autre nom de Meng tzeu dit Mencius est Mong K’o

Mn 101

Un sage ne permettait ni à ses yeux de voir
Ni à ses oreilles d’entendre
Quelque chose de mal

Il avait peur commettant un impair
De ressembler à un dignitaire
En robe de cour et chapeau de cérémonie
Assis sur un tas de charbon
Ou dans un amas de fange

L’un se signale par son horreur des moindres souillures
Un deuxième par sa facilité à accepter les charges
Un troisième par son caractère accommodant en toute circonstance
Confucius par le soin à se régler selon les circonstances

Les instruments de métal au début d’une symphonie
Donner le signal au début est prudence
Les Instruments de pierre à la fin
Donner le signal à la fin est sagesse
A l’instar de Confucius

Dans un temps lointain les ministres d’Etat
Immédiatement en dessous de l’empereur
Disposaient d’un territoire propre plus grand de beaucoup
Que celui des grands préfets
Eux-mêmes au dessus des officiers de province*

° Cette hiérarchie, dont nous n’avons gardé qu’un squelette, est faite de fonctionnaires d’Etat, et non de féodaux qui sont, eux, des propriétaires
—–
.

Mn 100 Mencius

Je suis de plus en plus elliptique dans ma lecture du « Mengzi  » car Mencius est de plus en plus concret et historique :

Celui qui cite des vers ne doit pas s’attacher à un mot
Au détriment de la phrase
Ni à une phrase au détriment du sens général

Le père règle la conduite du fils
Il peut arriver que le contraire se produise

L’empereur ne peut donner l’empire à personne
C’est le Ciel qui le donne
Le Ciel ne parle pas ne s’exprime pas
L’empereur manifeste la volonté du Ciel
En réglant parfaitement sa conduite et son administration
De même un prince peut proposer
Seul l’empereur dispose

« Le Ciel voit comme mon peuple voit
Le Ciel entend comme mon peuple entend »
( Citation )

Ce qui se fait sans la main de l’homme
Est l’oeuvre du Ciel

Certains empereurs ont donné l’empire aux plus dignes
D’autres à leur fils
Ce fut toujours la volonté du Ciel

Le Ciel en créant l’espèce humaine
A tenu à ce que ceux qui arrivent les premiers à la connaissance
L’enseignent à ceux qui arrivent

On ne réforme pas les autres en se déformant
On ne réforme pas l’empire en se déshonorant

Les sages font ce qu’ils veulent
Certains vivent à la cour
D’autres s’en éloignent
Tous se préservent de toute tache

Un villageois qui se respecte
Ne se vend pas pour aider le prince
A bien gouverner
Que dire du sage ?

Mn 99

Un sage est dans la sollicitude
Il n’est même pas une matinée dans l’angoisse ou l’anxiété

Certains ne supportent pas l’indigence
Le sage si

Le sage travaille à la perfection de soi-même
Quand ll demeure dans sa sphère privée
Il aide le peuple quand il exerce une charge

—-

Se plonger dans l’oisiveté et ainsi négliger ses parents
S’adonner aux jeux et à la boisson…
Aimer la richesse, sa femme, ses enfants….
Pratiquer l’enfer des sens, les yeux, les oreilles et ainsi déshonorer ses parents
Jouer au bravache, se disputer, se battre et ainsi mettre ses parents en danger
Ces cinq comportements sont contraires à la piété filiale

La femme et la concubine travaillent ensemble au bien commun

Lorsqu’un homme meurt son âme raisonnable monte
Lorsqu’un homme meurt son âme sensitive descend

Selon Confucius le ciel n’a pas deux soleils
Le peuple n’a pas deux souverains

Sous le ciel il n’est pas d’endroit qui n’appartienne à l’empereur
Sur la terre il n’est pas d’homme qui ne soit le sujet de l’empereur

Mn 98

Le disciple de la sagesse la conserve
Comme si elle lui était naturelle

La calomnie qui nuit aux hommes vertueux
Est le pire des mensonges

L’eau qui vient d’une source
Peut être intarissable
L’eau de pluie fait bientôt défaut

Le sage rougit d’avoir plus de réputation que de mérite

L’homme ne diffère en presque rien de l’animal

– – – –

Les effets naturels sont spontanés
Les hommes d’une prudence étroite
Ne sont pas spontanés

Un homme bienveillant aime les autres
Un homme poli respecte les autres

Si quelqu’un me traite d’une façon dure et impolie
Je m’examine moi-même et me demande
Quelle faute j’ai bien pu commettre
S’il persiste je continue
A la fin je le traite d’insensé
Je me dis : « Dois-je me tourmenter
Pour un être dépourvu de raison ? »