T.W.R. 96

J’ai tous les défauts du monde
A part quelques uns
Dont je ne sais plus comment ils s’appellent
Résumons : je suis méchant et égoïste
Mais je tempère
Je ne suis pas cruel
Ni égocentrique
Je cultive mes défauts
A dose homéopathique
Pour développer mes qualités
Je suis jaloux de mon calme
Je le voudrais légendaire
Je reconnais que parfois
Je sors de mes gonds
Chose étrange
Je dirais même extraordinaire :
J’ai complètement oublié
Ma tare principale
La seule essentielle
La paresse

Le grand A

Le grand A ( de son vrai nom A….. ) est un esprit distingué proche de l’archevêché de Paris. Il voit l’univers sous la forme de prismes qui se composent et se décomposent, mélanges d’acier et de verdure. Il n’est pas peintre, pas le moins du monde. S’il veut s’exprimer en termes philosophiques, il parle de facticité. Il emprunte ce terme à Heidegger. La facticité vient certes de factice, mais elle signifie aussi que les êtres humains sont obligés de se faire, voire de se fabriquer. Ils ne sont pas donnés, ils n’ont rien d’évident. Chez eux le vrai et le faux sont inextricables. L’erreur est nécessaire. la vérité est au mieux superficielle. Au delà de ce champ de décombres, animée par des formes indiscernables, Dieu règne perpétuellement lointain, très humain dans l’échec relatif de sa création. Ajoutons que le grand A est homosexuel, amateur de beaux jeunes hommes.

T.W.R. 95

Seule dans ta loge
Remplie des fleurs
Offertes par tes admirateurs
Qui se pressent dans le couloir
Tu pleures à chaudes larmes
Sans savoir pourquoi
Tu regrettes le nonchaloir
De ta jeunesse experte

T.W.R 94

La vie est une foire d’empoigne
Il y faut de la poigne
Du charme
de la méchanceté
C’est notre lot commun
J’oubliais la bonté
Y compris la beauté des choses
Entre nous la bonté
Vaut plus que tout

A.B.I. XXI

Après les brefs résumés du livre, j’entreprenais la discussion du concept de mode de production et des concepts associés, forces productives, rapports de production, classes sociales,…
Le mode de production est une notion infrastructurelle, je négligeais provisoirement les superstructures, essentiellement l’idéologie et d’abord l’ordre juridique, qui réagissent sur l’infrastructure, parfois avec force tel l’Etat dans les « asiatismes », tels les liens de parenté dans le « communautaire » ou le M.3.P. ( mode de production des petits producteurs )…
Je proposais de ne pas oublier « le mode de reproduction des êtres humains » qui est à sa façon infra-structurel…
je contais l’impossibilité en histoire de constituer un tableau sur le modèle de celui, proposé per Mendéleiev, des éléments chimiques, nos rubriques les mieux établies étant trop grossières…
Un mode de production atrophié peut être un « secteur »…
J’appelais chrématistique le culte de la marchandise.
Je parlais trop rapidement des « formes de sociabilité » qui traversent éventuellement plusieurs modes de production, échanges généreux ou privatifs, division « naturelle » ou « factuelle » ( fluide ) du travail, sociétés « organiques » ou « mécaniques »…, formes de pouvoir…
Je ne parlais guère des paysages créés par l’homme, des territoires, de la géographie historique…
Après tout une extroduction ouvre des chemins, pose des problèmes sans les résoudre.

T.W.R. 93

La courtoisie médiévale
Propose qu’on soit aimé d’une femme
Pas la mère non une femme
Choisie souvent par hasard
La courtoisie est le contraire absolu du viol
Elle est moeurs de cour
Que la cour idéalise
Au nom de la séduction
Qui souvent est cynique
Au nom de la courtoisie
Qui est raffinée
Qui est politesse
Qui est gentillesse
La courtoisie est un idéal
Que les femmes atteignent souvent
Pas d’amour sans idéal
Le hasard est un destin
Et parfois un festin

A.B.I. XX

Le premier titre de l’introduction était : « La fin de l’histoire ? ». Le premier titre de l’extroduction est : « La fin de la pré-histoire ? ». La pré-histoire au sens de Marx signifie la fin des sociétés à opposition de classes.
L’un des buts de mon livre était de proposer une nouvelle typologie des sociétés humaines sur la base des modes de production.
Je passais sur bien des points, que la métaphysique occidentale est fondée sur la métaphysique réelle de la marchandise, que le vieux thème du « despotisme oriental » survit à travers le M.P.A. ( mode de production asiatique ), que l’aliénation primordiale est liée à l’opposition entre nature et culture, passant par la culture elle-même, le thème de l’aliénation renvoyant à la réalisation de soi-même qui vous enferme, vous rend étranger à vous mêmes…
Comme dans un bonne conclusion, je commençais par résumer le bouquin…
Je craignais que le plaisir ne fût dégradé en consommation et en stupéfiant, que la division sociale du travail ne s’alignât sur la division technique, le pouvoir sur les machines…
je rendais hommage à la cybernétique, ancêtre du numérique…, mais aussi triomphe du matérialisme mécanique…

T.W.R. 92

On est d’abord un animal
On devient un savant
On finit poète

On est animal
Savant poète
Le savant reste animal
Le poète est-il savant ?

P.S. : Le précédent T.W.R. a été publié le 19 / 10 / 2016

A.B.I. XIX – Extroduction

A.B.I. XVIII date du I9 / 10 / 2016.
Je dois avouer que j’éprouve une légère angoisse à l’idée d’aborder la conclusion de mon premier livre, « Pour l’Histoire », de peur qu’elle soit encore plus compliquée que l’introduction.
En fait cette conclusion je l’appelais « extroduction » parce qu’à la conclusion, qui clôt et qui ferme, j’opposais l’extroduction qui ouvre et prolonge. Le terme « extroduction » a été inventé par le génial et fantasque Fourier.
En exergue je plaçais :  » L’homme est un dieu douteur ». L’être humain est selon moi un petit dieu, certainement pas Dieu, « le petit dieu de l’univers » selon Goethe dans son Faust… j’ajoutais en note qu’une autre façon d’exprimer la même idée est : « L’homme est un animal douteur ».
Cet exergue de fin renvoyait à celui du début: Dubito ergo ( non ) sum, « je doute, dons je suis, je doute, donc je ne suis pas ».
Ce début presque tonitruant renvoie à une idée fréquente chez moi que souvent nous n’avons pas accès à la meilleure solution, mais à la moins mauvaise.
Je traduis Leibniz : « Notre monde est le meilleur des mondes possibles » par : « Notre monde est le moins mauvais des mondes possibles ».
Je suis tenté d’ajouter : l’homme est un dieu douteux

Gadichon

L’ami hollandais nomme Gadichon l’agitateur que j’appelle Mélanchon-tout. Le copain s’est rendu à une petite réunion que Gadichon avait organisée au nom d’un groupe qu’il a créé et qui s’est auto-proclamé « les insoumis ».
Gadichon se trouvait moderne sans son sempiternel complet-cravate, qu’il a conservé de ses activités de sénateur socialiste, pour le compte d’un parti qu’il honnit maintenant.
Il avait de plus le col de chemise grand ouvert à la façon de ce grand con de Bruno Lemaire, candidat à la primaire de la droite. il se tenait debout au milieu de l’estrade comme dans un cirque.
L’éloquence de Gadichon fait l’unanimité peut-être parce qu’elle est très Troisième République.
A la fin du mini-meeting, le petit peuple a entonné la Marseillaise avec Gadichon , puis l’Internationale : le Gadichon a quitté la salle en oubliant de chanter.
Je regretterais presque le temps où le parti communiste de Jacques Duclos combinait paisiblement les « deux chansons françaises ».
Je m’inquiète pour le parti communiste. Quand va-t-il retrouver sa dignité ?
Le bateleur Gadichon a pleuré à la mort du Chavez qui a conduit le Vénézuela à la ruine. Il a adoré l’arrivée au pouvoir du Grec Tsipras. S’apprête-t-il aux mêmes palinodies ?
Godichon est bien entouré par Gobsec, qui déteste Cohn-Bendit, et une fille qui se fait appeler « la violée de France ».
Quant à notre ami Besancenot il a trouvé le moyen de soutenir les casseurs pendant les manif’ du printemps !!!